L’enjeu des manufactures
La pénurie de main-d’œuvre semble être partout. On entend souvent parler de cette pénurie dans le domaine de la santé ou de l’éducation, mais jamais dans le secteur manufacturier.
La Semaine du manufacturier en était à sa deuxième édition, du 24 au 27 janvier derniers. Celle-ci a été organisée par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) sous le thème « Fabrique ton avenir ». Plus de 380 jeunes du secondaire ont pu visiter les installations de diverses manufactures, dont celle du Groupe Novatech de Sainte-Julie. « L’objectif de la Semaine du manufacturier est de mieux faire connaître ce secteur et de faire découvrir ses multiples possibilités, tant aux jeunes qu’aux élus de la région », a expliqué Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ. Elle ajoute : « Nous avons également organisé quatre tables de discussions entre des élus et des manufacturiers afin d’échanger sur les défis liés à la main-d’œuvre et de proposer des solutions. Le secteur manufacturier est clé pour l’économie du Québec et de ses régions, les opportunités ne manquent pas ». Le secteur manufacturier représente 12,6 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec.
Il faut savoir qu’en Montérégie, dans le secteur manufacturier, il y a 5930 postes vacants. Au Québec, au total, on dénombre 30 000 postes vacants. « Il y a un impact économique très clair. On a besoin du soutien du gouvernement. On va faire des recommandations auprès de celui-ci pour qu’il soit plus présent pour aider les entreprises manufacturières », affirme Véronique Proulx.
Immigration
L’immigration est au cœur des recommandations qui seront faites au gouvernement par MEQ. « Le bassin de travailleurs au Québec n’est pas assez grand. Beaucoup d’entreprises se tournent vers les travailleurs étrangers temporaires. Ils viennent ici avec des visas temporaires de deux ou trois ans, mais le processus d’immigration est très difficile. Une recommandation que l’on fera est de faciliter et d’accélérer les délais pour l’immigration afin de permettre à ces gens-là d’avoir une voie d’accès rapide vers une immigration permanente. Ils vivent ici, ils sont intégrés, ils font de la francisation, ils ont un employeur, alors pourquoi ne pas les privilégier pour l’immigration permanente afin de grossir le bassin de travailleurs », explique Véronique Proulx.
Elle ajoute « Il y a aussi la question du logement pour les travailleurs étrangers. On a besoin d’un partenariat avec le gouvernement pour qu’il nous donne les infrastructures et les ressources nécessaires pour que les manufacturiers puissent faire leur travail ». « Je pense que c’est beaucoup moins risqué pour un gouvernement d’accepter l’immigration pour que nos usines restent ici et que l’on exporte, versus déménager l’usine ailleurs », renchérit Harold Savard, président-directeur général du Groupe Novatech.
Il faut savoir que pour devenir résident permanent au Québec, il y a beaucoup d’examens à passer. De surcroît, les examens de français semblent très difficiles. « On a eu des employés qui ont dû retourner dans leur pays d’origine puisqu’ils n’avaient pas assez bien réussi le test de français », affirme Harold Savard. « Le niveau de l’examen est très élevé. Il y a des gens qui n’atteindront jamais le niveau 7. Une partie de la population née au Québec n’atteint pas ce niveau », renchérit Véronique Proulx.
« Il faut penser à plus qu’une génération. La personne qui arrive d’un pays étranger, elle apprend le français. Elle est en immersion à son lieu de travail. De plus, si cette personne fonde une famille ici, ses enfants seront nés ici et ils parleront français comme n’importe quel Québécois », explique M. Savard. Il faut savoir que le gouvernement Legault est réticent quant à une augmentation de l’immigration au Québec en raison de la protection de la langue française.


