Le projet le plus populaire ne passe pas au conseil
Budget participatif à Saint-Basile-le-Grand
Le conseil municipal de Saint-Basile a récemment décidé de ne pas donner suite au projet d’aménagement d’une salle communautaire à l’étage supérieur de la sacristie, projet de 180 000 $ présenté par la fabrique et appuyé par la Société d’histoire de Saint-Basile-le-Grand, et qui avait reçu le plus grand nombre de points lors du dernier processus de budget pariticipatif.
« C’est un projet qui, après vérifications du point de vue légal, était délicat », explique le directeur général de Saint-Basile, Jean-Marie Beaupré, qui rappelle que l’idée du processus de budget participatif est que la municipalité investisse pour le bien de l’ensemble de la population. « Par exemple, la place des Généations, le projet de place publique également proposé par la fabrique et la Société d’histoire lors du premier budget participatif et qui a été réalisé, c’est ouvert à tous. Tout le monde peut s’en servir. Mais un local que la fabrique pourrait utiliser, je présume, pour eux ou pour de la location, c’est différent et il y a un aspect légal à respecter », précise Jean-Marie Beaupré, qui ajoute que si la Ville était propriétaire ou en assurait la gestion, la question ne se poserait pas. Les autres projets qui ont été priorisés au cours des dernières années dans les trois processus de budget participatif sont accessibles à tous, puisque c’est « au service de la population ».
« Nous sommes sous le choc… c’est une décision à laquelle personne ne s’attendait. » – Josée LaForest
Une question de gestion
C’est donc la gestion de la salle communautaire à l’étage supérieur de la sacristie qui fait en sorte qu’aujourd’hui, Saint-Basile décide de ne pas aller de l’avant dans ce projet.
Le projet d’aménagement d’une salle communautaire avait pourtant été adopté en décembre dernier au programme des dépenses en immobilisations 2017-2019 en tant qu’intention, puisqu’il n’y a aucune obligation de réalisation au PTI. Pourquoi revenir en arrière, alors que tous les critères, toutes les étapes avaient été franchis? « Comme indiqué dans nos règles et qui a été dit à tous les artisans [du budget participatif], compte tenu des délais relativement courts pour analyser les projets, nous avons une réserve pour leur réalisation. Ce peut être le coût ou, comme le projet sur la 116 (la configuration de passages sécurisés sur la route 116), le refus du propriétaire (dans ce cas, le MTQ), nous ne pouvons garantir leur réalisation. Parfois, les négociations sont longues et retardent le projet. C’est aussi pour cela que nous avons pris une pause afin de revoir les règles du budget participatif », de poursuivre Jean-Marie Beaupré.
Déception à la fabrique
Du côté des membres de la fabrique, on se montre très déçus de cette décision. « Nous sommes sous le choc… c’est une décision à laquelle personne ne s’attendait », déclare la présidente de la fabrique, Josée LaForest. C’est donc l’incompréhension totale, d’autant que la fabrique avait reçu l’approbation du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, alors que le projet lui-même avait été déposé il y a près d’un an, avait reçu le plus de votes de la population (567 points) et avait été adopté en décembre dernier. La seule étape qu’il fallait franchir, c’est le protocole d’entente avec la Ville, nous indique la présidente. « On ne comprend pas cet aspect du bien commun. Il s’agit d’une salle communautaire en haut d’une église. C’est la notion même du bien commun. » La salle projetée par les membres de la fabrique aurait pu accueillir 59 personnes, pour une exposition, un lancement de livre, une réunion familiale. « Ce n’est pas un local limité à un seul groupe, mais bien ouvert à tout le monde », lance Josée LaForest.
Pour le moment, les gens de la fabrique se disent en réflexion, pour savoir ce qu’il adviendra de cette salle, s’ils décident eux-mêmes de poursuivre avec leur idée ou de l’abandonner. La salle, qui existe déjà, avait besoin d’être restaurée, « renipée », comme dit Mme LaForest, mise au goût du jour. Actuellement, elle est condamnée. Pour un accès distinct au local en question, un escalier aurait été ajouté. Les coûts de ces travaux étaient de 180 000 $, un montant pratiquement équivalent à l’objectif annuel de la campagne de financement de la fabrique, qui est de 185 000 $. « Nous ne pouvons pas utiliser l’argent de la campagne de financement pour les travaux de cette salle. Nous arrivons à peine à réaliser les réparations quotidiennes de l’église et du presbytère. Avec la venue du budget participatif, nous pensions rentrer dans les critères et nous avons participé. »
Dans un communiqué, la Ville énonce qu’en « conformité avec les dispositions de la Loi sur les compétences municipales, une municipalité peut accorder toute aide qu’elle juge appropriée si elle sert à l’ensemble de la population. Considérant que cette salle ne représente pas un équipement qui servira le bien commun ni d’une utilité municipale, le conseil a décidé d’annuler sa réalisation et ces motifs ont été clairement présentés lors d’une rencontre entre les parties ».
La Ville souhaite donc se pencher sur la concrétisation du 2 projet retenu à l’issue du vote de la population (486 points), à savoir la construction d’un pavillon sanitaire aux abords de la rivière Richelieu, au parc Prudent-Robert. Un projet de 80 000 $, soit une différence de 100 000 $ avec la salle communautaire; une somme qui restera dans le fonds de roulement de la VIlle.


