Le point de vue des voisins

Départ de Natrel, arrivée de Cogir

Pour les commerçants de la rue Roberval et du chemin de la Rabastalière, que représentent le départ de l’usine Natrel et l’arrivée prochaine de la Société de gestion Cogir, qui souhaite bâtir un projet d’envergure?
La plupart des commerçants interrogés sur le sujet s’entendent pour dire que le départ de l’usine Natrel, d’Agropur coopérative, est une bonne chose, notamment en raison de la circulation des camions et du bruit qu’ils occasionnaient. Même Richard Caillé, petit-fils d’Albéric Caillé, qui avait mis sur pied la Laiterie J. A. Caillé et fils, et fils de Gérald Caillé, l’un des fondateurs de la Laiterie Mont Saint-Bruno. « Je ne connais pas tous les détails du projet que Cogir veut bâtir et développer. Mais pour nous, les commerçants et les propriétaires fonciers, cette nouvelle ne peut être qu’une plus-value », mentionne au journal Richard Caillé, qui voit d’un bon œil le départ de l’usine, des camions, des tracteurs. Selon lui, tout le monde va y gagner, autant les propriétaires fonciers que les citoyens. « Le bruit commençait très tôt le matin. Mais avec Cogir qui vient s’installer, qui va construire une belle bâtisse, bien paysagée, c’est une plus-value pour le centre-ville de Saint-Bruno-de-Montarville. »
Pour ce copropriétaire d’un bâtiment situé sur le chemin de la Rabastalière, nous serions tentés de croire qu’il pense autrement, puisque Natrel et le site de l’usine représentent tout son passé. « Oui, mais c’était à une certaine époque. Aujourd’hui, je crois qu’il faut être capable de tourner la page. Je sais qu’il s’agit d’une partie de mon héritage, de mon histoire, de ma famille, mais la vie doit aller de l’avant. Cette industrie n’avait plus sa raison d’être. En tout cas, pas ici dans le quartier. Ç’a aurait été bien qu’Agropur déménage son usine Natrel dans notre parc industriel, mais finalement, ce n’était pas dans les projets », ajoute Richard Caillé.

« Je ne connais pas tous les détails du projet que Cogir veut bâtir et développer. Mais pour nous, les commerçants et les propriétaires fonciers, cette nouvelle ne peut être qu’une plus-value. » – Richard Caillé

Manoir Saint-Bruno

Le directeur général du Manoir Saint-Bruno, Bertrand Lalancette, trouve qu’il est ardu de se prononcer. « C’est un projet tellement flou, c’est difficile pour moi de répondre sans avoir tous les détails. Par contre, je connais Mathieu Duguay (NDLR : président de Cogir), c’est un homme très sérieux qui fait toujours de beaux projets. C’est sûr qu’il s’agit d’un plus pour Saint-Bruno-de-Montarville », souligne M. Lalancette, qui ajoute que la compétition n’a jamais tué personne.

Le point de vue d’autres commerçants

Pour Yvon Gadbois, de Sogemyr Informatique, l’arrivée d’une maison de retraite et, éventuellement, l’ajout de commerces, c’est une excellente nouvelle! « Nous sommes toujours à l’affût de l’arrivée de nouveaux commerçants, de nouvelles entreprises. Ça représente plus de revenus de taxes pour la Ville. En tant que représentant du milieu des affaires de Saint-Bruno-de-Montarville, c’est ce que nous recherchons », note M. Gadbois.
Par contre, ce dernier avoue avoir une contrainte, soit la hauteur de l’édifice de Cogir. « J’espère ne pas voir la construction d’une bâtisse de six ou sept étages qui viendrait massacrer l’âme de Saint-Bruno-de-Montarville. Un bâtiment en étages viendrait dépayser cet esprit et je pense que ce serait malheureux. Je suis porté à croire qu’il faut conserver l’âme de petit village de la municipalité. »
De son côté, l’artiste-propriétaire de Galerie d’Art… Danielle Champoux se dit en faveur du projet de Cogir. « Sans savoir exactement quel sera le projet dans son ensemble, je n’ai pas tous les détails, je n’ai rien contre. Je pense que sur le plan de l’environnement, ce sera beaucoup mieux. Concernant le départ de l’usine Natrel, ça fait mon affaire, surtout à cause des camions qui venaient polluer le quartier en passant sur Roberval et le chemin de la Rabastalière. Les gros camions n’avaient pas leur place dans le village, ils auraient dû être situés dans le parc industriel. »
Pour un autre commerçant de la rue Roberval, le départ des camions, en ce qui concerne l’écologie et la pollution par le bruit, est une bonne chose. « Pour la circulation que ces camions créaient, c’est une bonne chose de savoir qu’ils quittent le quartier. »
Par contre, ce dernier se questionne sur la pertinence du projet de Cogir, qui souhaite installer sur le site une maison de retraite. « Il y en a déjà une à Saint-Bruno. Est-ce qu’une deuxième était nécessaire? Je ne sais pas… mais en même temps, je peux comprendre que si les aînés ont besoin d’un endroit, s’ils ne le trouvent pas ici, ils risquent de quitter la ville et d’aller ailleurs. Ce qui n’est pas mieux non plus. »
Au passage du journal dans les bureaux de Notaires Leroux et Delorme, M. Leroux n’était pas en mesure de répondre à nos questions, puisqu’il était en vacances.