Le passé, le présent et l'avenir de Guy Hébert
Entretien avec le premier fonctionnaire de Saint-Bruno
Depuis le 31 août, Saint-Bruno-de-Montarville peut compter sur les services d’un directeur général (DG) par intérim après plusieurs semaines où le poste était à pourvoir. Guy Hébert, ancien DG démissionnaire de Montréal, a accepté de répondre au journal Les Versants pour expliquer son passé, son présent et son futur.
Quelles vont être les priorités?
On va s’entendre qu’il y a beaucoup de priorités ici. C’est juste de savoir lesquelles seront livrées en premier et puis le faire en fonction d’un calendrier qui est réaliste. Je me sers du programme politique du maire pour ce faire.
La première chose que vous avez faite quand vous êtes entré en fonction?
Après le vote du conseil extraordinaire, j’ai estimé important de rencontrer les directeurs de services à la Ville. Cette semaine, j’ai rencontré le maire pendant cinq heures et d’autres rencontres suivront. J’ai vu aussi chacun de mes directeurs individuellement. À la fin de la semaine, je commencerai à aller voir les employés et à faire le tour de Saint-Bruno, car je ne connais pas encore tout à fait la ville.
Quand pensez-vous avoir une vision générale de Saint-Bruno?
Dans un mois, je devrais en avoir une bonne.
Est-ce que Saint-Bruno sera pour vous un défi difficile?
C’est toujours un bon défi de faire progresser des personnes et de réaliser des choses sur des périodes relativement courtes. En 1986, à Montréal, j’ai réglé un conflit avec les agents de stationnement et on a augmenté leur productivité de 40 % en trois mois. À partir de ce moment, on m’a confié plusieurs mandats avant d’être directeur général de Montréal. Les élus m’ont fait confiance. Quand il y avait un problème, ils pensaient à moi. À ce jour, j’ai tout livré comme il faut.
Comment connaissez-vous Martin Murray, maire de Saint-Bruno?
J’étais directeur de service et lui était adjoint au directeur principal dans les années 89-92. Nous avions le même supérieur. Je ne l’avais jamais revu depuis. J’ai simplement appris qu’il était devenu maire de Saint-Bruno. Quand Mme Hamelin est tombée malade, la Ville s’est empressée de trouver un directeur général à l’interne, mais personne n’était volontaire ou n’était capable d’occuper le poste, alors ils ont contacté l’Association des directeurs généraux. C’est difficile de trouver quelqu’un de disponible rapidement et capable de prendre un mandat juste de six mois. Moi, j’étais à la retraite. Je pouvais ne pas travailler, mais j’aime ça, les défis.
Est-ce que c’était une retraite forcée à Montréal?
À Montréal, les gens peuvent prendre leur retraite sans pénalité après 30 ans de service. J’en avais 33. Cela faisait déjà cinq ans que j’étais admissible. Je pense que je serais resté un peu plus longtemps si cela avait été moins conflictuel. Au moins jusqu’aux élections. Ensuite, si le nouveau maire l’avait voulu, j’aurais continué quelques années de plus. On m’a demandé de partir, car il y avait un conflit avec le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Ce que je constate, c’est qu’aujourd’hui, le mandat du chef de police n’a pas été renouvelé à Montréal. Il ne s’est même pas présenté à l’assermentation du nouveau chef. Il faut le faire! Il faut être choqué pas qu’à peu près. Les quatre anciens chefs de police avant Marc Parent étaient présents, mais pas lui.
Vous voulez dire qu’on a montré la sortie à Marc Parent?
Je ne peux pas dire ça. Je veux juste dire qu’il n’était pas là. Ce qui s’est passé, ce ne sont pas de mes affaires. Tout le monde sait qu’il était en chicane avec l’actuel directeur général…, mais je ne veux pas embarquer là-dedans. Je veux juste dire qu’il est aujourd’hui parti et moi, j’ai quitté mon poste à cause de ça. J’ai proposé ma démission, car l’environnement dans lequel je travaillais n’était plus agréable.
Certains fonctionnaires de la Ville s’inquiètent de lire de nombreux articles vous impliquant dans toutes sortes de choses : qu’est-ce que vous leur dites?
Il y a eu en effet beaucoup d’encre qui a coulé le 17 mars 2013. Avant ça, rien. Mmes Michèle Ouimet et Kathleen Lévesqueont écrit sur moi pendant que j’étais en vacances. Puis, quand j’ai démissionné, tout le monde a considéré qu’il n’y avait rien de grave dans mes démarches. Le directeur général ne peut pas demander la tête du chef de police (pour les faits qui lui étaient reprochés). Afin d’avoir la tête du chef de police, il faut monter un dossier, il n’y avait pas de dossier; il faut aller devant la Commission de sécurité publique; si c’est accepté, il faut aller au Comité exécutif de la Ville; puis au conseil municipal; puis au ministère de la Sécurité publique, et enfin, il faut qu’il y ait un décret au Conseil des ministres. Pensez-vous que je pouvais faire tout ça à moi tout seul?
Avez-vous déjà été condamné ?
Jamais. La seule fois que j’ai été nommé en cour, c’est à la commission Charbonneau pour avoir fait le rapport de 2004 disant que le coût des infrastructures à Montréal était trop élevé, et pour avoir redressé la SHDM (Société d’habitation et de développement de Montréal ). Mon nom est apparu à la commission comme celui qui arrivait après les événements et qui redresse les choses.
Votre avenir à Saint-Bruno se terminera-t-il dans six mois?
Je le vois comme une base permanente, puis quand Mme Hamelin sera en santé pour revenir, je lui laisserai la place. Si elle ne souhaite pas revenir, je verrai et le conseil municipal décidera. Quand Mme Hamelin désirera revenir, elle obtiendra toute ma collaboration. Je n’ai pas de crainte pour mon avenir et je suis dans une super belle ville.


