Le Parti montarvillois dépose son «dossier noir»

Boisé des Hirondelles

Le Parti montarvillois a déposé lundi après-midi, au bureau de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), un « dossier noir » en lien avec tout ce qui concerne le Boisé des Hirondelles depuis plusieurs années. Selon Martin Murray, chef du parti, des « faits troublants » laisseraient présager qu’il pourrait y avoir collusion et/ou corruption dans ce dossier, au sein de la Ville de Saint-Bruno.

Le dossier du Boisé des Hirondelles n’est plus à expliquer aujourd’hui; il suffit de lire les journaux, tant locaux que nationaux, pour comprendre que depuis plusieurs années déjà, il est le sujet brûlant à Saint-Bruno entre les élus municipaux et les opposants au projet de La Futaie. Depuis le début, le Parti montarvillois réclame au conseil municipal d’interdire le projet du sénateur Paul J. Massicotte, au profit de la sauvegarde intégrale de la forêt et du bien-être des générations futures. Manifestations dans les rues, pétitions à l’Assemblée nationale, représentations au conseil municipal, dépôt de mémoires et d’études scientifiques, et publication de lettres ouvertes dans les médias, tous les moyens ont été utilisés pour se faire entendre.

Avec l’aide de citoyens, d’experts et d’organismes, le Parti montarvillois a donc rassemblé de nombreuses pièces du dossier et demande aujourd’hui l’aide de l’UPAC pour enquêter sur des aspects qui lui semblent troublants et entamer des procédures, le cas échéant. « Nous déposons ce dossier auprès de l’UPAC parce que nous sommes convaincus que ce qui se passe chez nous se passe aussi à des degrés divers dans plusieurs autres villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), mais aussi parce que l’UPAC a les moyens de fouiller, d’aller de l’avant. Il faut que ce dossier soit regardé de fond en comble, depuis les tout premiers débuts », a indiqué Martin Murray, chef du Parti montarvillois, en conférence de presse.

Des « faits troublants »

Parmi les faits que considère troublants le Parti montarvillois, citons : l’achat du boisé par le sénateur Massicotte au Mount Bruno Country Club, alors que ce dernier s’était engagé auprès de citoyens à le conserver tel quel, et l’attribution de contrats par la Ville de Saint-Bruno aux firmes Fahey et associés et Dimension Environnement, lesquelles ont travaillé dans les mêmes temps avec M. Massicotte, pour ne mentionner que ces exemples.

« Nous ne portons aucune accusation, ce n’est pas notre rôle. Nous avons constaté un ensemble de faits troublants, qui vont tous dans la même direction et qui favorisent, à notre humble avis, une personne (le sénateur Massicotte) au détriment de l’ensemble de la collectivité montarvilloise, mais aussi de la communauté métropolitaine. Les réponses qui nous ont été données sont insatisfaisantes et nous considérons qu’il est nécessaire de creuser ce dossier-là », de mentionner M. Murray.

Entre les mains du MDDEFP

Actuellement, le sort du projet de la Futaie se trouve quelque peu entre les mains du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP). Ce dernier doit décider s’il accorde ou non le permis de procéder à l’installation des égouts, de l’aqueduc et des rues, selon une demande déposée par la Ville de Saint-Bruno, dans le cadre de l’article 32 de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Au moment de mettre sous presse lundi soir, Claude Benjamin, maire de Saint-Bruno, n’a pu émettre quelque commentaire que ce soit, puisqu’il n’était pas au courant du dossier.

(NDLR – Le dossier comprend 189 documents, datés de 1986 à 2012, et totalise plusieurs centaines de pages. Avec l’autorisation de Martin Murray, le journal publie une partie dossier [pour des raisons techniques, nous ne pouvons en publier plus]. Voir liens suivants: http://www.versants.com/PageVolante/4312/Liste-des-documents et http://www.versants.com/PageVolante/4314/Le-dossier-noir-du-boise-des-hirondelles-est-depose-a-lUPAC)