Le mal silencieux des mauvais traitements psychologiques
Bilan annuel des DPJ-DP
Dans le cadre de leur 13e Bilan annuel, les directeurs de la protection de la jeunesse, aussi directeurs provinciaux (DPJ-DP), souhaitent sensibiliser la population aux mauvais traitements psychologiques.
Introduits en 2006, lors de la révision de la Loi sur la protection de la jeunesse, comme motifs pouvant compromettre la sécurité et le développement des enfants, les mauvais traitements psychologiques sont un mal silencieux dont on parle encore trop peu. C’est pourquoi les DPJ-DP prennent la parole pour expliquer et témoigner des impacts dévastateurs que les mauvais traitements psychologiques peuvent causer chez les enfants.
« Les mauvais traitements psychologies sont très répandus […] et font d’importants ravages chez les victimes. » – Maryse Davreux
Données régionales
Dans la dernière année 2015-2016, le DPJ-DP au CISSS de la Montérégie-Est a traité 12 990 signalements. C’est une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. De ces signalements, 4 950 ont été retenus. Les signalements pour mauvais traitements psychologiques représentent 18 % des signalements totaux retenus, soit 892 signalements. « Les mauvais traitements psychologiques sont très répandus, davantage que l’on peut croire, et font d’importants ravages chez les victimes, comme de l’abus physique, sexuel et de la négligence grave », explique en point de presse la directrice de la protection de la jeunesse du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, Maryse Davreux.
Les mauvais traitements psychologiques ont des répercussions sur les plans affectif, social, cognitif et physique des enfants. Certains présenteront de l’anxiété, des symptômes dépressifs importants, des troubles d’attention, des difficultés scolaires, des troubles sérieux de comportement.
Les mauvais traitements psychologiques peuvent prendre différentes formes comme celle visant directement les enfants qui subissent alors de l’indifférence, du dénigrement, du rejet affectif, des menaces ou de l’exploitation. D’autres enfants sont touchés plus indirectement, par exemple, lors d’un conflit sévère de séparation des parents ou lorsqu’ils sont témoins de violence conjugale. Les mauvais traitements psychologiques se manifestent dans les familles, sans égard aux classes sociales, à la scolarisation, ou aux types de familles. L’enfant victime de mauvais traitements perçoit qu’il est mauvais, ne vaut rien, n’est pas aimé, n’est pas désiré, qu’il peut être en danger, en plus de se croire la cause de tous les problèmes de sa famille.
En 2015-2016, ce sont 87 800 situations d’enfants qui ont été signalées aux DPJ-DP du Québec. C’’est en moyenne 240 signalements par jour, soit une augmentation de 1,1 %.
Du total de 34 911 signalements retenus, 5 492 signalements portaient sur des situations de mauvais traitements psychologiques. Il s’agit d’une hausse constante depuis 2008, soit de 3 %.
Mme Davreux note qu’une hausse des signalements n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle en soi. « C’est signe que la population est sensibilisée. Le bien-être et la sécurité des enfants ne sont pas seulement la mission de la DPJ. C’est l’affaire de tous. »


