Le Paillasson : le logement social toujours pas une priorité
Un développement du logement abordable et communautaire à Saint-Bruno peu à peu délaissé par la Municipalité.
Le Paillasson, une nouvelle organisation sans but lucratif (OSBL), a la mission de créer jusqu’à 28 logements sociaux allant du 3 1/2 au 5 1/2 à Saint-Bruno-de-Montarville.
Dans un courrier, l’organisation s’inquiète d’un projet qui n’avance pas. « L’un des partenaires clés est la Ville. Du moins, c’est ce que nous croyions. En effet, le conseil municipal a adopté une résolution unanime en avril 2019 visant à réserver le terrain sur la rue Hôtel-de-Ville qui appartient à la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville aux fins du projet Le Paillasson. Quel soulagement et quel cadeau que ce site idéal, en plein cœur du Village! Par ce geste fort, le conseil a permis au projet de logements communautaires Le Paillasson de faire des bonds de géant dans sa concrétisation. Or, soudainement, plus rien ne tient! »
En avril 2019, lors de la séance du conseil municipal, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’ensemble des élus a cédé gratuitement un terrain vacant, appartenant à la Ville, de près de 840 m, situé sur la rue de l’Hôtel-de-Ville.
Près d’un an plus tard, en juillet 2020, le directeur général de la Ville, Sylvain Brouillette, indiquait au journal que ce terrain ne serait plus cédé au Paillasson. « La Ville réitère son désir d’aider l’organisme Le Paillasson et cherche une solution viable qui permettrait aux familles montarvilloises à faible revenu de bénéficier de logements abordables dans un environnement accueillant. Une option autre que le terrain situé sur la rue de l’hôtel de ville s’offre à nous. Nous étudions actuellement différentes possibilités qui conviennent davantage à la diversité de logements que Le Paillasson souhaite développer, le tout dans un cadre de vie épanouissant et facilitant les liens sociaux. »
À l’époque l’organisation ne voyait pas d’un mauvais œil que le futur terrain soit « plus grand, pour plus de logements ».
Un dossier qui n’avance pas
Le problème, c’est que trois mois plus tard, rien n’avance et le dossier inquiète Le Paillasson.
« La Société d’habitation du Québec nous a réservé 28 unités de logement le 28 février 2020. Il est écrit noir sur blanc que cette entente est valable pendant 6 mois. Nous avons déjà dépassé ce délai. Lorsqu’un projet avance, il est courant de voir ce délai s’étaler, mais aujourd’hui, ce projet stagne », explique Stéphane Corbin.
« La Société d’habitation du Québec nous a réservé 28 unités de logement le 28 février 2020. Il est écrit noir sur blanc que cette entente est valable pendant 6 mois. » – Stéphane Jobin
L’organisme souhaiterait pouvoir discuter du projet avec la Municipalité, pour le faire avancer en fonction des besoins du Paillasson, mais les discussions se font sans la participation de l’association. « Il faut relancer le dialogue avec l’administration montarvilloise. On veut être impliqués dans les discussions » , d’ajouter M. Corbin.
« Le projet de l’OBNL Le Paillasson pour des logements sociaux et abordables au centre-ville est et demeure une priorité de la Municipalité. Pour des raisons indépendantes de notre volonté, les démarches sont plus longues que prévu pour en arriver à une solution définitive dans ce dossier », a répondu aux Versants, Martin Murray, maire de Saint-Bruno.
Un propriétaire privé
Le parc immobilier à Saint-Bruno-de-Montarville ne répond pas aux besoins de logements sociaux. En 2019, le taux d’inoccupation se situait à 0,6 %, ce qui veut dire qu’il y a très peu de logements disponibles, et le coût du loyer moyen a augmenté de 23 % depuis les deux dernières années.
« Je tiens à préciser que le terrain consenti à l’organisme par le conseil municipal sur la rue Hôtel-de-Ville reste, et de loin, mon premier choix. Il est possible de construire sur ce site les 28 unités de logements qui y sont prévues. Tout ce qui manque pour y parvenir est l’ajout d’une portion de terrain appartenant à un tiers », de conclure le maire.
Dans son courrier, Le Paillasson s’inquiète de son avenir. « Nous nous désolons et nous indignons de la tournure des événements. Que valent les résolutions des élus si l’administration en fait fi, et que valent ces mêmes résolutions si les élus changent d’idée? Est-ce que Le Paillasson verra enfin le jour? Sera-t-il localisé dans un endroit dépourvu de toute pertinence et d’attrait? Ira-t-il s’implanter dans un milieu résidentiel déjà développé, au mécontentement de ses voisins? »
C’est pour cela qu’il demande aujourd’hui une lettre officielle à la Ville confirmant le don de terrain (ce qui est une exigence de la SHQ).
« Je tiens à préciser que le terrain consenti à l’organisme par le conseil municipal sur la rue Hôtel-de-Ville reste, et de loin, mon premier choix. Il est possible de construire sur ce site les 28 unités de logements qui y sont prévues. Tout ce qui manque pour y parvenir est l’ajout d’une portion de terrain appartenant à un tiers », de conclure le maire.
Dans le meilleur des mondes, le projet devrait voir le jour en 2023. Mais avant cela, il faudra trouver un terrain.
Des besoins criants
En juin, la Coalition des organismes de l’agglomération de Longueuil pour le droit au logement (CDCAL) a présenté les résultats d’une vaste enquête sur les conditions de vie et d’habitation de 1000 ménages locataires de l’agglomération de Longueuil. Le constat semblait flagrant, « il y a urgence d’agir ». Selon l’enquête, les villes de l’agglomération de Longueuil doivent faire un effort pour favoriser les logements sociaux.
