Le communautaire à boutte! : des chiffres qui parlent
Le mouvement Le communautaire à boutte!, qui se déroulait du 23 mars au 2 avril, est terminé. Dans leurs revendications, les organismes demandaient notamment un financement stable suffisant.
« Pour le moment, aux balbutiements de la Maison de la Famille du Mont-Bruno, les subventions du ministère de la Famille couvrent actuellement 50 % de nos besoins. Avec notre développement souhaité pour 2026, ces subventions vont couvrir seulement 42 %. Il faudra se remonter les manches! » se désole la directrice générale de la Maison de la Famille du Mont-Bruno (CAME), Aline Desfossés.
L’organisme communautaire est donc financé par le ministère de la Famille à hauteur de 182 700 $. Une somme de 46 000 $ lui sera versée pour la halte-garderie. « Notre budget était déficitaire de 38 000 $ pour 2025-2026. Nous allons chercher, par nos moyens, un autre 144 000 $. Nous continuons! Nous ne lâchons pas, surtout que les besoins d’une maison de la famille seront encore plus grands », insiste Aline Desfossés.
MDJ Saint-Bruno
Pour la Maison des jeunes de Saint-Bruno, son financement récurrent, qui provient du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC), couvre près de 35 % du budget annuel. Le PSOC est un financement du gouvernement québécois destiné aux organismes en santé et services sociaux. La différence, l’organisme doit aller la récupérer soit en dons, soit avec des projets subventionnés ou encore en activités de financement. « L’année dernière, nous avons reçu du PSOC 163 305 $. Nous avons eu des revenus divers de 171 500 $ que nous sommes allés chercher. Nous avons eu des charges de 405 800 $. Donc, nous avons un budget déficitaire de 70 995 $ », témoigne à son tour la directrice générale de la MDJ de Saint-Bruno, Caroline Gauthier.
La Butte
Le financement de base de la MDJ La Butte, à Saint-Basile-le-Grand, est d’environ 240 000 $. Ce montant inclut les salaires, les charges sociales ainsi que les frais de fonctionnement. Ses revenus en subventions au financement de base s’élèvent à 224 000 $. Pour le directeur général de La Butte, Martin Renaud, le calcul est simple. « Nous partons déjà avec un manque à combler de 16 000 $. Une somme qu’il faut trouver en financement divers, sans compter ce que nous devons aller chercher pour réaliser des activités et des projets avec les jeunes! »
Selon les modèles recommandés par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ) et la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie (TROC-Montérégie), les seuils planchers pour les MDJ devraient osciller autour de 437 000 $. « Idéalement, pour offrir une reconnaissance professionnelle plus équitable par rapport aux secteurs du public, du privé et de l’institutionnel », indique Martin Renaud.
Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs
Le Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs (CAB) offre des services essentiels aux citoyens montarvillois. Au 31 mars de l’année dernière, son budget annuel s’élevait à près de 1,2 million de dollars, un montant investi dans les services. Parmi ceux-ci, aide alimentaire, soutien aux aînés et maintien à domicile, accompagnement des familles… « Les revenus proviennent à 31 % de subventions gouvernementales et à 69 % de revenus autonomes. Comme pour plusieurs organismes communautaires, une part importante du financement n’est pas récurrente. Ce qui rend les revenus variables d’une année à l’autre. Les surplus sont conservés de manière prudente afin de garantir un filet de sécurité et d’assurer la continuité des services », explique le directeur général du CAB Les p’tits bonheurs, Pierre Paquette.
Selon M. Paquette, il y a des priorités essentielles qui demeurent en attente, faute de financement stable. C’est le cas pour l’ajout de deux nouvelles ressources, l’ajustement salarial pour rendre les emplois plus compétitifs par rapport au secteur public. « Ces besoins représentent près de 90 % de la subvention gouvernementale actuelle de 375 000 $, ce qui porterait la mission du CAB à un peu plus de 1,5 million de dollars. Nous souhaitons que ce niveau de financement se concrétise et devienne récurrent afin de répondre aux demandes croissantes de la communauté », plaide Pierre Paquette.
Ce dernier indique que l’incertitude des financements limite la capacité à développer de nouveaux projets et à répondre aux enjeux sociaux croissants, comme la hausse des besoins alimentaires, le vieillissement de la population et la pression sur les familles.
