Le Commissaire au lobbyisme s’intéresse à Saint-Bruno

« Le commissaire au lobbyisme du Québec, Me François Casgrain, aura à l’œil Saint-Bruno-de-Montarville », rapportait la semaine dernière le journaliste du quotidien La Presse, Éric-Pierre Gibeault. Dans l’article, il est mentionné que Me Casgrain a décidé de se pencher sur le dossier après avoir pris connaissance d’une vidéo, tournée lors du conseil municipal de février 2012, où le maire Claude Benjamin précisait qu’il avait rencontré à deux reprises le promoteur du projet de La Futaie et sénateur, Paul J. Massicotte.

À pareille date l’an dernier, le journal Les Versants publiait la réaction de M. Massicotte au sujet de lobbyisme. Il avait alors répondu : « Je n’ai rien fait à l’encontre de la loi. Selon la loi, je pouvais manifester mes droits en tant que propriétaire d’un terrain zoné résidentiel. » Au dire de M. Massicotte, la première rencontre avec le maire avait pour seul but d’aviser celui-ci qu’il allait devenir propriétaire du terrain, aujourd’hui surnommé Boisé des Hirondelles, et qu’il avait de l’intérêt à le développer selon son zonage. « Je n’avais rien à lui vendre, aucun projet spécifique, puisqu’il nous a fallu trois ans de travail avant de présenter quelque chose de concret à la Ville », d’ajouter alors le sénateur.

Rappelons que l’article 2 de la Loi sur l’éthique et la transparence en matière de lobbyisme cite ceci : « Constituent des activités de lobbyisme au sens de la présente loi toutes les communications orales ou écrites avec un titulaire d’une charge publique en vue d’influencer ou pouvant raisonnablement être considérées, par la personne qui les initie, comme étant susceptibles d’influencer la prise de décisions relativement… […] Le fait, pour un lobbyiste, de convenir pour un tiers d’une entrevue avec le titulaire d’une charge publique est assimilé à une activité de lobbyisme. »

Selon Claude Benjamin, le sénateur ne s’était livré à aucune activité de lobbyisme lors des deux rencontres qui ont eu lieu entre la Ville et lui. « Il n’est pas intervenu pour obtenir aucune faveur que ce soit. Nous n’avions aucune indication indiquant qu’il y avait une pression de sa part pour obtenir quoi que ce soit. Il n’avait rien à obtenir de nous », avait-il mentionné l’an dernier.

M. Benjamin ne souhaite pas commenter la nouvelle. Il a toutefois précisé au journal: « Tel que je l’ai déjà mentionné, je n’ai  jamais été l’objet de lobby et il me fera plaisir de rencontrer le commissaire au lobbyisme. »