Le Centre d’action bénévole dresse un bilan en expansion
Pauvreté à Saint-Bruno
Pour le Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs (CAB) à Saint-Bruno, 2014 aura été une année d’expansion. Hélène Guévremont, la directrice générale, a inauguré ses locaux agrandis, mais elle a aussi constaté la croissance d’une pauvreté dans la ville d’un nouveau genre.
«Nous avons eu plus de demandes d’aide en 2014 et la pauvreté semble changer de visage. Là où notre clientèle qui avait un emploi se limitait à des travailleurs saisonniers, aujourd’hui, cela s’est étendu à des travailleurs à temps plein, des étudiants », explique Hélène Guévremont.
En un an, la popote roulante, un service de repas chauds livrés à domicile par les bénévoles du CAB à un coût modique, est passée à une liste d’attente de 2 ou 3 personnes à plus de 20. « Le portrait type des personnes les plus vulnérables venant nous voir est constitué de femmes, d’une cinquantaine d’années, monoparentales et sans travail. Il y a aussi les travailleurs précaires, ceux qui ont des petits revenus », précise Andrée Bousquet, intervenante à l’entraide au CAB. Cette hausse de la pauvreté s’enregistre aussi avec une hausse de la générosité. « Il y a de plus en plus de dons, une aide alimentaire de plus en plus présente, nous sommes de plus en plus connus», se réjouit la directrice.
Créé en 1987, le CAB n’a pas cessé de trouver de nouvelles idées pour aider les plus défavorisés à Saint-Bruno-de-Montarville. Popote roulante, service d’accompagnement transport médical, comptoir alimentaire, friperie, café causerie, autant de services qui ont vu le jour au fil des années. « Les nouveaux défis que souhaite se lancer le CAB est de mettre en place une table de solidarité, l’équivalent de la friperie pour les meubles, ou encore la mise en place d’une cuisine collective », laisse entrevoir Mme Guévremont, montrant ainsi que le combat du CAB de lutter contre la pauvreté ne s’arrêtera pas.
Financement
Pour concrétiser des projets, le CAB a besoin de financement qu’Hélène Guèvremont va chercher partout : « Les moyens de financement du CAB proviennent de la Guignolée des médias, d’aide gouvernementale, de la paroisse, de dons, mais aussi, à presque 50 %, de la friperie. » La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville aide à sa manière, par du prêt d’équipement. « Il est toujours difficile de demander de l’aide financière à la Ville, car les montants disponibles sont souvent trop petits par rapport au long processus que la demande nécessite. Cependant, nous avons une très belle collaboration avec la municipalité. »
Ce qui préoccupe la directrice générale, c’est l’avenir des subventions au CAB qu’accorde le gouvernement. « C’est une très grosse partie de notre financement. Avec l’austérité, la fin du Centre local de développement, l’avenir incertain du Centre régional des élus, je ne sais pas s’il faudra compter sur des subventions supplémentaires », conclut-elle.
Le 8 janvier, le gouvernement annonçait, dans le cadre du financement prévu par le Plan d’action interministériel en itinérance 2015-2020, que la Montérégie aura un montant récurrent supplémentaire de 165 000 $ pour venir en aide aux organismes qui luttent contre l’itinérance en facilitant l’accès à de l’hébergement temporaire.
