Le caricaturiste des Versants revient chaque semaine

Richard Boudreault

Le caricaturiste Richard Boudreault vient refaire le portrait de l’actualité régionale dans Les Versants. Depuis la création du journal le 13 octobre 2000, bientôt 15 ans, son œil critique et ses coups de crayon ont rarement laissé indifférents les lecteurs ou les personnages qu’il croquait sur le vif. Après quelques mois d’absence, il a bien hâte de retrouver les lecteurs des Versants pour son rendez-vous hebdomadaire, qui aura la fonction d’illustrer avec humour le sujet du moment, toujours en page 8.

Comment êtes-vous devenu caricaturiste?

J’ai commencé au Journal de Saint-Bruno en 1980, j’avais alors 15 ans. En 2000, j’ai continué avec le nouveau journal Les Versants. En 35 ans, je n’ai été absent qu’à deux reprises pendant quelques mois.

Comment trouvez-vous votre inspiration?

Je suis quelqu’un qui scanne les gens. Certainement une déformation professionnelle. Je suis directeur de création en publicité. Je regarde comment ils sont habillés, comment ils mangent, où ils habitent … Je suis très moqueur. J’aime voir la vie avec des lunettes roses tout en étant mordant et incisif. Grâce à la caricature, il est possible de voir toutes les situations, qu’elles soient joyeuses ou dramatiques, sous un angle différent. Mon inspiration, ce sont les gens. J’adore les étiquettes, les stéréotypes et tout exagérer.

Quand estimez-vous qu’une caricature est réussie?

Quand les gens en parlent! Quand je reçois des bêtises ou des lettres de mise en demeure, comme m’en ont déjà envoyé quelques maires, là aussi je me dis que c’est réussi.

Quelles sont vos références chez les caricaturistes?

Chapleau! J’ai même eu l’occasion de travailler avec lui sur une publicité. Il y a aussi les caricaturistes de la revue Pilote des années 60, 70, Patrice Ricord, Jean-Claude Morchoisne ou encore Jean Mulatier. Et les caricaturistes du New Yorker, en quelques coups de crayon en noir et blanc, on comprend, ou encore Aislin, de The Gazette. Il y a aussi bien évidemment Sempé. À 89 ans, il dessine encore dans Paris Match.

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, voyez-vous votre métier différemment?

En 2015, c’est aberrant que l’on ne montre pas plus d’ouverture d’esprit. Personnellement, je ne me considère pas comme une cible ou comme un provocateur, je suis un empêcheur de tourner en rond de manière humoristique. Il ne faut pas tomber dans le mauvais goût ou la provocation gratuite. Je ne m’attaque pas aux personnes, à leur physique ou leur handicap.

Est-ce un métier, pour vous, caricaturiste?

Pas pour moi. C’est un passe-temps. Même si j’étais à temps plein, je ne le considérerais pas comme un métier.