L’argent, un élément angoissant pour les Montégériens

Tout comme l’ensemble des Québécois, les résidants de la Montérégie entretiennent un lien particulièrement stressant avec l’argent.

Quarante-deux pour cent d’entre eux se disent très angoissés par leur situation financière. C’est ce qui ressort de l’étude sur les habitudes financières des Québécois commandée par Raymond Chabot Grant Thornton.  Éric Lebel, associé et syndic en redressement et insolvabilité au sein de l’entreprise, indique que ces données récemment recueillies par Léger recherche, stratégie, conseil prouvent que l’argent demeure un gros tabou au Québec. « Seuls 22 % des gens réussissent à respecter le budget qu’ils ont établi et 22 % ne réussissent jamais à mettre de l’argent de côté », indique-t-il.  

Le plus gros problème dans la gestion de l’argent est celui de l’instantanéité créée par la société de consommation dans laquelle nous vivons. « Les gens n’ont plus de patience pour amasser de l’argent quand ils veulent acheter quelque chose. Ils le veulent maintenant et utilisent le crédit pour parvenir à leurs fins. » 

Selon Éric Lebel, un budget équilibré devrait prévoir 5 à 10 % des revenus en économie. « Pour y arriver, plusieurs vont demander à leur institution financière de retenir ce montant directement de leur salaire lorsqu’il est déposé dans leur compte et de placer ces économies dans un compte épargne. » 

Faire un budget est une chose, le respecter en est une autre. C’est pourquoi le spécialiste en finances rappelle l’importance de créer un budget qui soit réaliste. « Il faut aussi se laisser du « lousse » en créant un poste plaisir. L’argent qui y sera consacré dans le budget mensuel permettra de se gâter un peu. Si on ne fait pas ça, c’est évident qu’on n’arrivera pas à respecter nos bonnes intentions. » 

Il rappelle que les économies constituent une sécurité financière. Malheureusement, une grande majorité de Québécois vivent d’une paye à l’autre sans jamais pouvoir en mettre de côté. « Une personne sur deux ne pourrait pas tenir trois mois sans salaire et se trouve en danger lorsqu’un imprévu survient. » 

Petits trucs financiers Plusieurs personnes ont de la difficulté à s’asseoir et à faire un budget. Elles ne savent pas par où commencer. Éric Lebel invite ces dernières à se rendre sur le site Web de Raymond Chabot Grant Thornton, où les gens ont accès à un budget en ligne. « Il est également possible d’établir sa personnalité concernant les finances en répondant à une quinzaine de questions sur note site Internet. Ce sont deux outils gratuits qui n’attendent qu’à être utilisés », lance-t-il. 

Il poursuit en assurant que les gens qui utilisent ces outils peuvent le faire sans crainte. « Aucune sollicitation n’est faite auprès des utilisateurs. Nous mettons ces outils à la disposition des gens afin de faire notre part pour aider la société. »

Les 12 principaux constats de l’étude

-Deux personnes sur trois se considèrent comme endettées, tandis que deux sur cinq se disent angoissées par leur situation financière.

-Près d’un Québécois sur six n’est pas toujours en mesure de payer ses factures mensuelles.

-Le tiers des Québécois ont pigé dans leurs épargnes pour payer des dépenses courantes au cours des deux dernières années.

-Au cours de la même période, plus d’une personne sur vingt a payé son loyer ou son hypothèque en retard, alors qu’une proportion similaire a payé sa carte de crédit avec une autre carte de crédit.

-Seul un répondant sur cinq parvient à tenir un budget de dépenses mensuel, tout en le respectant.

-Près d’une personne sur dix dépense plus de 50 % de son revenu net mensuel pour payer son loyer ou son hypothèque.

-Près de trois Québécois sur dix avouent faire régulièrement des achats compulsifs, alors que le quart regrette fréquemment un achat parce qu’il n’en avait pas les moyens.

-Plus d’un répondant sur cinq possède au moins trois cartes de crédit.

-Plus de deux personnes sur cinq ne sont pas toujours en mesure de payer le solde total de leur (s) carte (s) de crédit, avec près d’une sur six qui n’y parvient jamais.

-Près de la moitié des Québécois ont déjà utilisé leur carte de crédit tout en sachant qu’ils ne seraient pas en mesure d’en payer le solde total le moment venu.

-Au Québec, près d’une personne sur quatre n’est pas du tout en mesure d’épargner.

-Advenant une cessation de revenus, près de la moitié des Québécois ne seraient pas en mesure de maintenir leur rythme de vie durant trois mois.