L’APSB s’inquiète de la situation

Agrile du frêne

L’Association des propriétaires de Saint-Bruno (APSB) somme la Ville d’agir rapidement dans le dossier de l’agrile du frêne.
Alors que le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, annonçait en septembre dernier que la Ville n’avait pas l’intention de traiter les frênes atteints par l’agrile, voilà que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) adopte une Stratégie métropolitaine de lutte contre l’agrile du frêne 2014-2024, obligeant ses 82 municipalités membres à se définir un plan d’action local, d’ici décembre prochain.

Ce que l’APSB reproche à la Ville, c’est son « manque de cohérence ». « Pourquoi adopte-t-on un règlement d’élagage des arbres aussi sévère et nous battons-nous aussi fort pour conserver le Boisé des Hirondelles, alors qu’on décide de laisser mourir d’eux-mêmes plus de 1000 frênes?, se questionnent Nadia Podtetenev et Jean-Robert Fournier, de l’Association. C’est incohérent à nos yeux! »

Même refrain du côté du parti de l’Alliance municipale, où l’on « déplore le peu d’intérêt et l’indifférence du maire à protéger les frênes menacés par l’agrile ». « Monsieur Murray ne semble pas conscient de l’importance et de l’étendue des problèmes causés par l’agrile », rapporte la conseillère Thérèse Hudon.

Une des villes voisines, Boucherville, a décidé d’investir près de 200 000 $ par année pour ralentir et tenter de réduire la propagation de l’infestation des frênes, en plus de tenir des séances d’information visant à donner l’heure juste aux citoyens. À Saint-Lambert, une séance d’information portant sur cet insecte s’est tenue le 27 juin dernier. Les intervenants ont expliqué la situation ainsi que les moyens de détecter la présence de l’insecte et de limiter sa propagation. À Gatineau, la situation est telle que la Ville a décidé d’investir 1, 2 million de dollars par année d’ici 2017 pour son plan de gestion de cet insecte.

« Alors que tout le monde autour de nous passe à l’action de diverses façons, rien ne bouge à Saint-Bruno, si ce n’est que la volonté exprimée du maire d’abattre les frênes », renchérit Mme Hudon.

Mme Podtetenev et M. Fournier insistent également sur le fait que la Ville devrait tenir un registre des frênes irrécupérables et prêcher par l’exemple en informant le plus possible la population. « La Ville doit offrir aux Montarvillois le choix de se départir ou non de leurs frênes, en leur présentant toutes les alternatives, par une séance d’information, disent-ils. La situation est inquiétante, autant pour l’ensemble de notre belle ville que pour les citoyens. »

La CMM et agrile du frêne

Adoptée en septembre dernier, la Stratégie métropolitaine de lutte contre l’agrile du frêne vise à assurer une coordination métropolitaine, en complémentarité aux actions des municipalités, afin de rendre plus efficace sur le territoire du Grand Montréal la riposte qui s’organise contre cet insecte ravageur actuellement en forte progression.

Le nouveau règlement devra notamment octroyer au personnel de la municipalité le pouvoir d’inspecter les frênes sur les propriétés privées. L’encadrement réglementaire de la gestion des frênes privés pourra se faire selon deux approches, soit par un règlement sur les nuisances, soit par un règlement sur le zonage. Dans tous les cas, le nouveau règlement devra s’harmoniser avec la réglementation municipale déjà en place.

Le plan d’action de la Ville

La Ville de Saint-Bruno prévoit sous peu l’adoption d’un règlement qui encadrera les pratiques telles que l’élagage, l’abattage et la gestion des résidus de frêne sur le domaine privé.

Selon les indications de la CMM, le plan d’action de la Ville devra prévoir les points suivants : l’inventaire des frênes pour les arbres isolés, en milieux naturels, publics et privés; le dépistage de l’insecte; une campagne de sensibilisation et d’information; une stratégie de lutte pour le traitement et l’abattage des frênes du domaine public; l’adoption d’un règlement pour le domaine privé; la gestion des résidus de frênes (pour éviter la dispersion de l’insecte et valoriser le bois); et le remplacement des arbres abattus.

La conseillère responsable des dossiers en environnement, Isabelle Bérubé, souligne que la Ville travaille sur le dossier de l’agrile du frêne depuis le printemps. « La Ville a coupé une quinzaine de frênes cette année, mais a aussi procédé à la plantation de 140 autres arbres. […] Pour nous, dépenser de l’argent public pour traiter des arbres infectés, condamnés à mourir dans les trois prochaines années, n’est pas une bonne façon de procéder. Nous préférons utiliser cet argent pour planter d’autres arbres, ce qui accentue les chances de maintenir vivante la canopée. »

Les grandes lignes de la stratégie seront expliquées de la rencontre citoyenne prévue le mercredi 19 novembre. Lors de cette soirée, le plan d’action local sera présenté de même qu’une carte illustrant l’emplacement des frênes en emprise publique.