Nouvelle règlementation sur la vente des produits de vapotage

L’amertume des vendeurs de saveurs à vapoter

Le marché du vapotage s’inquiète des nouvelles mesures du gouvernement du Québec, qui visent à taxer davantage ses produits et qui vient d’éliminer la vente des nombreuses saveurs proposées. Au centre-ville de Saint-Bruno, un commerce de vapotage, comme tous les commerces de ce genre, lance un appel à ses clients de signer une pétition contre cette mesure.

Les magasins de vapotage au Québec s’inquiètent de la nouvelle règlementation gouvernementale publiée par la Gazette Officielle du Québec aujourd’hui. Il est désormais interdit « de vendre, d’offrir en vente ou de distribuer un produit du tabac comportant une saveur ou un arôme autre que ceux du tabac, à la cigarette électronique ou à tout autre dispositif de cette nature, y compris à leurs composantes et à leurs accessoires », peut-on lire dans la publication officielle. 

Le législateur comprend bien que cette décision aura un impact financier sur les entreprises qui tirent des revenus de la vente de ces produits « notamment en ce qui a trait à la diminution de leur chiffre d’affaires et à la perte d’emplois, et ce, particulièrement pour les boutiques spécialisées en produits de vapotage. Toutefois, un impact moindre est envisagé pour les entreprises qui offrent une variété d’autres produits,

comme les dépanneurs et les stations-services », peut-on lire toujours dans la Gazette Officielle du Québec.

À Saint-Bruno-de-Montarville, cela fait un peu plus d’un an que le commerce de vapotage Popavape est en place, en plein cœur du centre-ville. La boutique, en face d’un restaurant rapide, proche d’une école secondaire et au carrefour des deux routes principales de la ville, connaît un bon taux de fréquentation.

Cette visibilité est amoindrie par l’interdiction fédérale de faire la promotion de ses produits de vapotage « en recourant à de la publicité faite de manière à ce que les jeunes puissent voir ou entendre la publicité ». Ainsi, les vitrines de la boutique sont opaques et non visibles de la rue, rendant l’endroit assez mystérieux. Il est seulement possible de lire le nom du magasin, un endroit déjà bien connu. Nous avons rencontré une employée du magasin avant que la loi ne soit promulguée.

Un gros point de service

« Nous sommes un gros point de service », explique au journal la personne présente rencontrée un jour de semaine. Sur le comptoir, bien en évidence, l’ « aperçu de la taxe d’accise fédérale » est imprimé sur un tract qu’il est possible de récupérer. « Les habitudes des gens après cette taxe ont un peu changé. Au lieu de venir plusieurs fois par semaine, le client ne vient plus qu’une fois par semaine. Mais si Québec double la taxe et élimine les saveurs, c’est la fermeture pour nous », explique-t-elle. En effet, le gouvernement de Québec doublera les taxes sur les produits du vapotage cet automne, aujourd’hui il élimine les saveurs des différentes cartouches.

À l’entrée de l’établissement, sur une feuille, il est possible de lire « Vous avez besoin de vos saveurs autant que nous avons besoin de vous pour les garder ». Un code QR est associé au message afin de signer une pétition en ligne pour encourager le législateur à ne pas interdire les saveurs dans le vapotage.

« Si Québec double la taxe et élimine les saveurs, c’est la fermeture pour nous « » – Employée de Popavape à Saint-Bruno.

Sur le site, géré par la Coalition des droits des vapoteurs du Québec (CDVQ), on encourage les usagers de ce produit à contacter leurs élus « pour vous opposer à la taxation provinciale et à l’interdiction des saveurs dans les produits de vapotage ».

De 25 à 40 ans

Pour la marchande, sa clientèle est âgée de « 25 à 40 ans. Il y a d’anciens fumeurs, mais pas seulement. Nous avons environ trois personnes par semaine qui viennent nous poser des questions sur le vapotage et qui n’ont jamais fumé ».

Selon Statistique Canada, plus de 13 % de la population des 12 à 24 ans vapotaient en 2021. Toujours selon l’agence du gouvernement fédéral canadien, 86 % des non-fumeurs de 12 à 24 ans adoptent le vapotage.

En entrant dans la boutique, l’odeur parfumée nous laisse facilement envisager l’importance que revêt les différentes saveurs dans le vapotage. Depuis sa création, le magasin indique que ses ventes sont en croissance. « Nous sommes un gros point de service, avec beaucoup de saveurs. Si les saveurs étaient bannies, on ne pourrait avoir que trois propositions : menthe, tabac et pas de saveur. Si le projet de règlement est adopté, nous aurons 45 jours pour écouler tous les produits qui ne seront plus autorisés. » Finalement, ce n’est que la saveur de tabac qui sera autorisée et la règlementation entrera en vigueur dans 90 jours.

Les produits de vapotage seront taxés dès cet automne. La taxe sera identique à celle du gouvernement fédéral : 1 $ par 2 ml pour les contenants de moins de 10 ml; pour les contenants plus gros, 5 $ pour les 10 premiers millilitres et 1 $ pour chaque quantité supplémentaire de 10 ml. Les vapoteurs verront donc le montant des taxes doubler cet automne. Québec prévoit récolter 40 millions de dollars par année.

 

Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2005, 2009-2010, 2013-2014, 2017-2018, 2021. Les données ESCC proviennent d’un échantillon annuel d’approximativement 65,000 répondants.