L’agglomération veut un système d’alerte des municipalités
Projet Oléoduc Énergie Est
Un système de surveillance, d’anticipation, de prévision et d’alerte des municipalités doit être mis en œuvre « dans les délais requis » en cas de déversement de pétrole. Il s’agit en fait d’une des 11 recommandations découlant du mémoire déposé par l’agglomération de Longueuil lors de la consultation publique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur le projet d’Oléoduc Énergie Est de TransCanada, qui était de passage du côté de Boucherville, hier, le 15 septembre.
Bien que le tracé du pipeline ne soit pas définitif, il est impensable à ce jour que le projet de TransCanada traverse le territoire de l’agglomération de Longueuil. Malgré ce fait, la division de la sécurité civile du Service de sécurité incendie de l’agglomération a rédigé un mémoire pour faire valoir ses préoccupations.
Selon les sources du journal, toutes les directions générales des municipalités auraient eu une version du projet de document pour apporter leurs commentaires, le 18 août dernier. La version du document, dont Les Versants a obtenu copie, énumère 10 recommandations pour améliorer la préparation des municipalités et, du coup, réduire la vulnérabilité des populations en cas de déversement de pétrole.
Améliorer la compréhension des dangers
En plus de recommander à TransCanada d’élaborer un système d’alerte, l’agglomération de Longueuil suggère au promoteur du projet de mettre en place et de diffuser un plan de communication bidirectionnel du risque destiné au grand public et aux municipalités dans le but « d’améliorer la compréhension des dangers, des risques et du processus de gestion de sinistre en tenant compte de la vulnérabilité municipale ».
D’autre part, l’agglomération demande également que soit élaboré un plan d’urgence sur la procédure de fermeture des vannes d’arrêt de l’oléoduc et sur la récupération du pétrole déversé advenant une catastrophe. De plus, un plan d’acquisition et de distribution d’eau embouteillée destiné au public, aux frais de TransCanada, doit aussi être mis en œuvre.
Enfin, parmi les recommandations les plus importantes, l’agglomération recommande à TransCanada Oléoduc Énergie Est de mettre en place des mesures compensatoires en cas de destruction d’un milieu naturel, et de mettre en œuvre « au moins une fois par année » une table avec les partenaires qui proviennent des municipalités simulant un déversement de pétrole.
Un projet de 12 milliards $
Le projet Oléoduc Énergie de TransCanada, évalué aujourd’hui à quelque 12 milliards de dollars, vise la réalisation d’un nouvel équipement qui transporterait près de 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Alberta et de la Saskatchewan vers des raffineries situées au Québec et au Nouveau-Brunswick.
Or, malgré les gros enjeux liés au projet, TransCanada a annoncé son intention de bouder les consultations publiques de la CMM selon Le Devoir, le 7 septembre dernier. Toujours selon le quotidien, le tracé défini par le promoteur viendrait à l’encontre du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).
Le projet de pipeline traverserait des zones boisées protégées, des zones humides et des cours d’eau.


