L’Aéroport métropolitain de Montréal construit en trois ans 

L’Aéroport métropolitain de Montréal a réussi à voir le jour en trois ans. Malgré un délai plus long et des dépenses plus grandes, le vol inaugural est prévu pour le 15 juin. Visite des lieux.

Le grand décollage est prévu pour le 15 juin, mais le MET a commencé aujourd’hui à chauffer les moteurs de son nouvel aéroport, situé dans le quartier de Saint-Hubert, à Longueuil.

Après avoir fait visiter l’infrastructure aéroportuaire aux élus de la région, les médias ont été invités aujourd’hui à découvrir l’intérieur de l’aéroport régional.

En trois ans 

Au début de l’année 2024, l’aéroport de Saint-Hubert changeait de nom pour devenir l’Aéroport métropolitain de Montréal (MET).

Un an auparavant, au début de 2023, l’aéroport annonçait l’arrivée de Porter Airlines et, avec elle, la construction d’une aérogare qui devait ouvrir à l’été 2025. L’endroit pourrait accueillir jusqu’à 4 millions de passagers. « Ces investissements de plus de 200 millions de dollars marquent le point de départ d’une grande transformation vers l’aviation commerciale desservant les grandes destinations nationales », indiquait-on au journal à l’époque.

C’est finalement, après des investissements totalisant 500 millions de dollars, qu’en juin 2026 le nouvel aéroport proposera son premier vol vers Québec avec Porter Airlines. « Le service débutera le 15 juin et 12 itinéraires seront offerts partout au Canada », indique Michael Deluce, chef de la direction de Porter Airlines. Dès l’ouverture au public du MET, les destinations de Porter seront Québec, St. John’s, l’aéroport Pearson de Toronto et Vancouver. Les réservations peuvent d’ailleurs déjà se faire sur le site du transporteur ou dans les agences de voyage. À partir du 16 juin, Edmonton s’ajoutera aux destinations; le 17 juin, ce sera au tour de Calgary et Halifax; le 18 juin, Charlottetown et Winnipeg; le 19 juin, Moncton; et le 22 juin, Hamilton.

Porter, qui est aussi présente à l’aéroport international Trudeau depuis la création de l’entreprise en 2006, sera le principal transporteur du MET aux côtés de Pascan, une compagnie qui opère depuis sa fondation en 1999 à partir de Saint-Hubert pour des vols régionaux. Les deux transporteurs seront partenaires afin d’améliorer la connectivité dans toutes les régions du Québec et dans les Maritimes.

Spacieux 

Le stationnement, d’une capacité de 2600 places, est situé à quelques dizaines de mètres des entrées de l’aérogare. Une zone de débarcadère de 500 mètres, dotée de trois voies de circulation, permet également d’y accéder.

En entrant dans l’aérogare, ce sont 28 comptoirs d’enregistrement qui se présentent aux voyageurs, dans un grand hall au plafond en forme d’aile d’avion se déployant à l’atterrissage. « C’est un moment historique. Il est extrêmement rare de voir un nouvel aéroport naître, même dans le monde. D’ailleurs, cette initiative totalement privée est unique dans l’histoire du pays. De plus, cela a été réalisé dans des délais record de trois ans », indique Yanic Roy, président et chef de la direction du MET – Aéroport métropolitain de Montréal.

Ensuite, direction la zone de fouille et ses portiques de sécurité sous l’autorité du gouvernement fédéral. Actuellement, trois files sont en place. « Il y a de la place pour aménager une quatrième ligne. Deux autres pourraient s’ajouter. Nous serions capables de monter jusqu’à six lignes de sécurité », précise Charles Roberge, président et chef de la direction de Partenaires d’infrastructure YHU.

500 emplois 

Selon M. Roberge, ce sont 500 emplois qui seront générés dès l’ouverture de l’aérogare. « Nous avons commencé le processus d’embauche il y a une semaine. Dans le milieu, on estime qu’un million de passagers correspond, pour la région, à la création de 2500 nouveaux emplois et à 400 millions de dollars en retombées économiques », précise-t-il.

Pour sa première année d’exploitation, le MET prévoit accueillir 1 million de passagers. La capacité du terminal est toutefois de 4 millions de voyageurs. « L’aéroport a la taille d’un petit aéroport international comme ceux de Québec, Ottawa, Winnipeg ou encore Halifax. Mais ici, l’infrastructure n’a pas été conçue pour des vols internationaux. Cela relève de la compétence de l’aéroport Trudeau, qui en a le monopole », nous précise M. Roy.

Plusieurs panneaux d’interprétation racontent l’histoire de l’aéroport, qui a été le premier du Canada. Entre la zone de sécurité et le hall central, un clin d’œil en images rappelle l’arrimage du R-100 à l’aéroport de Saint-Hubert, premier dirigeable à traverser l’Atlantique en 1930. Dans le hall central, tout le confort d’un aéroport flambant neuf est déjà en place pour accueillir les passagers. Jusqu’à 900 personnes pourraient y être assises.

C’est dans ce hall, avant l’embarquement, qu’il sera possible de manger grâce à des enseignes exclusivement québécoises. L’embarquement se fera quelques dizaines de mètres plus loin.

Cette proximité amène le MET à recommander aux passagers de prévoir une arrivée de 30 à 40 minutes avant leur vol.

Une navette sera disponible au départ du métro de Longueuil et de l’aéroport pour relier le terminal.

Encore de la place 

Le 15 juin, deux transporteurs pourront dire qu’ils ont été les premiers à proposer des vols depuis le MET. Il est toutefois fort possible que de nouveaux transporteurs viennent s’y greffer.

« Nous avons des négociations en cours avec certaines compagnies. Il devrait y avoir des annonces dans les prochaines semaines. Porter va occuper de 30 à 40 % de notre capacité totale. Ensuite, on pourrait envisager facilement une douzaine d’autres transporteurs, mais le nombre de transporteurs en activité au Canada demeure limité », conclut M. Roy.