L’accompagnateur vedette du CAB
Semaine de l’action bénévole
Richard Clermont est bénévole au Centre d’action bénévole (CAB) Les p’tits bonheurs depuis 10 ans en tant qu’accompagnateur pour le transport médical, un rôle qu’il adore.
Richard Clermont a commencé le bénévolat en 2008, lorsqu’il a pris la retraite de sa carrière de représentant en ventes. « Je cherchais quelque chose à faire pour me désennuyer. Comme j’ai toujours travaillé dans le public, je me suis dit que ça pourrait être intéressant d’accompagner du monde chez le médecin », raconte l’homme lorsque rencontré par Les Versants.
L’accompagnement médical, ce n’est pas comme un service de taxi. Le chauffeur fait plus que déplacer la personne du point A au point B, il l’accompagne tout le long. « Le plus souvent, ce sont des personnes âgées qui peuvent être anxieuses ou apeurées; donc, en beaucoup d’occasions, on devient leur confident, développe-t-il. Pour diverses raisons, que ce soit parce que la personne n’a pas de famille ou parce qu’elle ne veut pas inquiéter celle-ci, c’est nous qui devenons le soutien physique, mental et émotionnel. »
Le bénévole est maintenant un indispensable au CAB, certaines personnes ne réclament que lui. Il blague : « Apparemment, je suis en grande demande par les petites madames du village. Mais pour vrai, c’est parce qu’il se crée des liens de confiance, car on parle beaucoup et on apprend à se connaître. »
Il s’est d’ailleurs fait décerner un certificat du mérite de l’Ordre du mérite le 10 avril dernier.
Des moments plus faciles que d’autres
Le plus souvent, le bénévole accompagne des citoyens à des rendez-vous de routine chez le dentiste ou le médecin. « On passe des moments agréables, il y a des cas amusants où on rit beaucoup et d’autres où on jacasse comme des pies, car souvent, on est le seul contact entre la réalité et la routine à la maison », explique-t-il.
Richard Clermont avoue qu’il y a aussi des moments plus difficiles : « J’ai emmené plusieurs personnes qui ont reçu une sentence de mort ou qui sont très malades. Ça vient beaucoup me chercher dans ces moments-là. »
Ce qui le touche le plus, c’est la solitude : « Notre clientèle, c’est surtout des gens seuls et c’est de valeur de voir ça. Souvent, la famille n’a pas le temps ou elle vit ailleurs. Si on n’avait pas ce service-là à Saint-Bruno, il y aurait énormément de gens qui seraient mal pris. »
Dix ans de loyaux services
Après autant d’années, Richard Clermont aime toujours ce qu’il fait, surtout parce que ça lui offre une continuité avec son ancienne carrière : « Je suis content d’avoir travaillé dans le public toute ma vie, et je trouve que de passer du temps avec du bon monde, ça conclut bien ma carrière. »
Il décrit le bénévolat comme étant une leçon d’humilité en constatant que la vie n’est pas toujours rose. « C’est très enrichissant, valorisant et on découvre l’être humain autrement. »
Par contre, il a l’habitude d’être sous le couvert de l’anonymat. « Je ne fais pas ça pour me péter les bretelles, mais parce que je veux redonner à la société ce qu’elle m’a donné, souligne M. Clermont. J’aime autant mieux vanter le CAB, parce que ce sont eux qui sont à l’écoute des besoins de la communauté, ils ont le cœur sur la main et le sourire aux lèvres. »
Autres implications
Son bénévolat au CAB a mené à d’autres implications, notamment à la Mission Saint-Michael, où il amasse des vêtements et les distribue aux sans-abri de Montréal, et à Notre-Dame de la rue, où il prépare des sacs de nourriture et les donne à ceux qui en ont besoin.
Richard Clermont n’a pas l’intention d’arrêter de sitôt. Il conclut ainsi : « Je vais continuer aussi longtemps que je vais être capable physiquement, mentalement et émotionnellement. Je ne suis pas près de lâcher. »
