Lac du Village : une citoyenne tire la sonnette d’alarme
Cela fait des années que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) invite la population de la Montérégie à protéger davantage les plans d’eau de sa région en misant sur de meilleures pratiques pour contrer la prolifération des algues bleu vert. À Saint-Bruno, les initiatives de la Ville tardent pour s’attaquer à cette problématique. Une citoyenne de Saint-Bruno réclame maintenant des actions.
Depuis au moins 2006, Saint-Bruno-de-Montarville voit cette algue envahir progressivement ses plans d’eau comme les lacs du Ruisseau et du Village. .
Une partie du réseau d’égout pluvial de la Ville s’y déverse directement. Dans ces cours d’eau circulent trop souvent pesticides, engrais, savons et autres produits qui ne se marient pas forcément avec la faune et la flore de nos lacs et rivières et favorisent l’apparition des algues vertes envahissante.
C’est ainsi que le paysage bucolique de l’endroit s’est transformé au fil du temps, en marécage où, dès les premières chaleurs, des odeurs nauséabondes remontent aux narines des résidants habitant à proximité ou des promeneurs.
Conscient de la problématique, la municipalité, au fil des années, a tenté de poser des gestes pour redonner à ses citoyens accès à leurs lacs, comme il y a plusieurs années.
C’est ainsi que depuis 2013, la Ville a diminué l’entretien autour des lacs du Village et du Ruisseau et revitalisé le sentier de gravier au lac du Village (côté du Vieux Presbytère), dans l’objectif d’améliorer la bonde riveraine et ses fonctions filtrantes.
Une étude a été réalisée en 2017 par une firme privée de tout le bassin versant du ruisseau du Moulin pour tenter de dégager des pistes de causes et de solutions. De plus, la Ville est à mettre sur pied un comité de travail interne.
En 2018, le Comité consultatif en environnement devait étudier ce dossier dans le but de cibler les actions à prioriser.
Aujourd’hui, le résultat se fait toujours attendre et les citoyens commencent à s’impatienter.
« La réponse spontanée et enthousiaste à cette initiative témoigne d’une réelle préoccupation de la population à l’égard de la santé de nos lacs. » – Ève Poirier
Une pétition est lancée
Ève Poirier, une résidante de Saint-Bruno, se désespère de voir toujours le lac du Village se dégrader année après année.
La citoyenne a décidé de lancer une pétition (http://chng.it/wFF7dSjw) pour que la Ville agisse afin de sauver un endroit qu’aiment fréquenter les citoyens. Très rapidement, les gens ont répondu présents et ont appuyé l’initiative. En trois jours, nous pouvions compter 418 signataires. La liste des signataires devrait s’allonger lorsqu’elle sera déposée à la séance du conseil municipal de juillet.
Un compte sur les réseaux sociaux (https://www.facbook.com/groups/2564322300451195/?ref=share) a été créé par Mme Poirier, et là aussi le succès a été immédiat.
« La réponse spontanée et enthousiaste à cette initiative témoigne d’une réelle préoccupation de la population à l’égard de la santé de nos lacs. Non seulement les citoyens sont nombreux à y adhérer, mais ils participent activement aux échanges rendus possibles par ce forum. On y constate une réelle volonté de protéger ces joyaux de notre patrimoine non seulement environnemental, mais culturel aussi, explique Mme Poirier. Malheureusement, son côté bucolique est supplanté lentement, mais sûrement par le pathétique du laisser-aller… »
Réactions
Plusieurs élus ont indiqué qu’ils approuvaient l’initiative.
« J’aimerai tout d’abord féliciter Mme Poirier pour la création de ce groupe, nous avons tous à cœur la santé de notre lac du Village et il est impensable de ne rien faire en constatant son état actuel. J’ai écrit ce soir à tous les autres conseillers municipaux afin que la Ville publie un communiqué détaillé de l’état de la situation du lac du Village, incluant un échéancier précis pour ce qui reste à venir, le tout avec un maximum de détails possible. J’ai aussi suggéré de rendre publics toutes études ou document sur le sujet. Une séance d’information citoyenne à la grandeur de la municipalité pourrait aussi être utile », a souligné Ludovic Grisé-Farand, conseiller municipal indépendant du district 4.
Vincent Fortier, conseiller municipal du district 3 au sein du Parti montarvillois, semble aussi favorable à l’initiative et souhaite voir la municipalité agir. « La Ville a entre les mains un rapport du Groupe Hémisphères, le ‘’ Plan de gestion des lacs du Village et du Ruisseau ’’. J’ai aussi accès comme élu à ce rapport. J’ai demandé ce matin (le 2 juin) à la Ville de le rendre public. J’aimerais avoir l’autorisation de le diffuser. C’est une information qui devrait être publique. »
Mme Poirier, qui a envie que ça bouge, envisage de mettre en place très rapidement une corvée citoyenne « comme dans la Ville de Bromont », afin de déjà ramasser les déchets aux abords du lac du Village. « Cela pourrait être une occasion d’échanger avec tous sur la question. Il faut que la Ville remette ce dossier sur le dessus de la pile. Nous pourrions organiser une rencontre virtuelle sur le sujet et demander aux élus de venir échanger sur le sujet ».
Contacté par le journal, le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, se dit « très content de cette initiative citoyenne. » Il rappelle que la Ville s’était engagée à prendre soin du lac du Village. « Nous avions fait une rencontre avec les résidants riverains à l’automne 2018, pour en parler et trouver des solutions. Mais tout cela a bloqué quelque part.
Depuis novembre 2017, il y a une crise au sein du conseil municipal. On ne peut pas dire que cela n’a pas eu d’effet.
Cela a empêché de faire avancer les choses. C’est avec des initiatives citoyennes comme celle-là qu’on pourra faire avancer les choses. Je suis bien content de cette pétition alors qu’il y a des élections dans un an et demi. » Le maire ajoute que comme pour les routes, il faut prendre soin des lacs à Saint-Bruno. « Il y a déjà tout un plan de match qui a été soumis aux élus. Mardi, nous aurons un plénier. Ce point sera amené sur la table lors de notre rencontre. En tout les cas, il faudra divulguer tout ce qui pourra l’être. Ce que je préconise dans l’immédiat, c’est une intervention manuelle afin de ramasser les algues avant qu’elles ne pourrissent amènent des odeurs. Il faut maintenir le lac en santé », conclut-il.


