La transition de Kanuk selon Richard Laniel
Voilà deux ans que Louis Grenier, le propriétaire fondateur de Kanuk, a pris sa retraite et vendu son entreprise à la Corporation financière Champlain. Richard Laniel, autrefois de Best Buy Canada, préside maintenant le fleuron québécois. D’un Montarvillois à l’autre, qu’est-ce qui a changé depuis chez Kanuk?
Kanuk est une petite entreprise québécoise, créée il y a plus de 40 ans, qui se spécialise dans la confection de vêtements de plein air, surtout des manteaux d’hiver. Elle a été fondée par Louis Grenier, un artisan résidant à Saint-Bruno-de-Montarville. Son successeur, Richard Laniel, a grandi à Saint-Bruno-de-Montarville depuis les années 70 et, comme certains membres de sa famille, il y demeure toujours. Il connaît la famille Bastone, la famille Grisé et bien d’autres citoyens. « J’ai toujours aimé Saint-Bruno. Nous sommes confortables ici », dira-t-il pendant l’entrevue qu’il a donnée au journal.
Depuis son entrée chez Kanuk, Richard Laniel, un homme d’opération et de terrain, s’implique dans tout et à tous les niveaux (la boutique, rue Rachel à Montréal, est sur trois étages), parce que selon lui, il le faut. C’est un naturel. S’il a pris les rênes de la compagnie, c’est pour en assurer la pérennité. De ce côté, Richard Laniel a une philosophie différente de celle de son prédécesseur, Louis Grenier. « C’est très difficile de rester petit. Je dirais que c’est dangereux. Il fut un temps où c’était possible, mais aujourd’hui, la donne est différente; pensons seulement aux redoux, aux changements climatiques. C’est la raison pour laquelle il faut penser à s’éparpiller, à se globaliser », mentionne Richard.
« Les produits Kanuk étaient vendus seulement au Québec. Nous sommes en train d’y remédier. » – Richard Laniel
Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, Kanuk ne se limitait à l’époque qu’au marché québécois. Les manteaux de cette marque n’étaient pas disponibles à l’extérieur de la province. Avant son arrivée, M. Laniel soutient que les gens avaient cette impression que Kanuk, la marque, était plus grosse qu’elle ne l’était réellement. « Kanuk offre des produits haut de gamme, Kanuk est une marque iconique, Kanuk est un fleuron. Le nom Kanuk fort! Ça fait partie de la réussite de Louis. Mais les produits Kanuk étaient vendus seulement au Québec. Nous sommes en train d’y remédier », déclare l’homme d’affaires.
Exportation
En effet, les produits Kanuk se retrouvent maintenant en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique. Bien que ce soit plus complexe, Richard Laniel vise également l’Europe. Le Montarvillois se dit un homme de défi; relever un est excitant pour lui. Les prochains mois, les années à venir, chez Kanuk, représentent un beau défi. « Nous nous préparons à exporter et à augmenter notre capacité de production. Le grand défi de Kanuk, il est là : notre capacité de production. Louis aimait conserver l’entreprise à l’échelle locale. Aujourd’hui, il y a des investissements à faire et je vais avoir besoin davantage d’employés », de souligner le père de famille.
Moderniser l’image
Richard Laniel souhaite travailler sur les produits et moderniser l’image du petit harfang des neiges, et ce, tout en maintenant la qualité de confection et le caractère unique des produits. « Nous modernisons la silhouette de nos manteaux, au niveau des épaules, des matières, tout en tenant compte de l’ADN de Kanuk. Il ne faut pas oublier que notre spécialité, en tant que manufacture canadienne dans un pays nordique, est de confectionner nos manteaux ici à Montréal. »
D’ailleurs, il admet qu’il est toujours impressionné lorsqu’il arrive à l’étage de la manufacture. « C’est l’un des secrets les mieux gardés du Plateau : 100 machines à coudre sur le plancher! C’est de plus en plus rare de nos jours. » Les ateliers de création sont situés au-dessus de la boutique. Trente mille manteaux y sont confectionnés annuellement par des artisans québécois.
Parmi les autres nouveautés, mentionnons la collaboration avec le designer Philippe Dubuc (pour une touche plus sensuelle aux manteaux), l’installation d’une boutique Kanuk éphémère au Quartier Dix30 d’octobre à février (un gros succès qui pourrait se répéter), l’ajout d’un nouvel isolant thermique ( pour les expéditions au pôle Sud, et des partenariats, notamment avec l’explorateur Sébastien Lapierre (il a atteint le pôle Sud en janvier dernier avec un Kanuk sur le dos) et la Grandbasiloise Fanny Girardin, qui pratique la planche à neige. « Je suis très fier de ces collaborations », ajoute Richard Laniel.
Enfin, celui-ci annonce que Kanuk va produire, pour l’hiver prochain, une collection pour enfants de deux ans et plus, ainsi que pour adolescents.
QUESTION AUX LECTEURS :
Êtes-vous d’accord avec cette nouvelle philosophie proposée par Richard Laniel pour le futur de Kanuk?


