La thèse du suicide retenue

Piéton happé mortellement par un train à Saint-Basile

Un piéton a été frappé mortellement par un train de passagers de VIA Rail jeudi soir, à Saint-Basile-le-Grand. L’impact fatal a eu lieu à la traversée de la route 116 et de la montée Robert.
L’appel a été logé au 911 vers 19 h 5, jeudi soir, lors duquel il a été rapporté qu’un impact entre un piéton et un train avait eu lieu.
Une vingtaine d’agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent ont été déployés sur place et un périmètre a été érigé afin de protéger la scène. « L’enquête tend à démontrer qu’il s’agit d’un geste volontaire, annonce en entrevue avec le journal Les Versants le sergent Jean-Luc Tremblay, de la Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent. Le lien entre les pièces d’identité trouvées sur place et la personne reste à faire, mais il s’agit d’un jeune homme de 25 ans, de la Rive-Sud (Montréal). »

« L’enquête tend à démontrer qu’il s’agit d’un geste volontaire. » -Sergent Jean-Luc Tremblay

Grâce à l’analyse des vidéos

Les policiers de la Régie en sont venus à cette hypothèse d’après l’analyse de vidéos captées, qui montrent le drame. « L’enquête est encore en cours, je ne peux donc pas confirmer à 100 %, mais c’est en ce moment la principale hypothèse retenue », mentionne le sergent Jean-Luc Tremblay, qui explique qu’à l’arrivée sur les lieux, toutes les suppositions sont ouvertes, jusqu’à ce que l’entonnoir se resserre sur l’hypothèse du geste volontaire.
L’accès à la montée Robert a été rouvert à 23 h 20.
Au cours de cette soirée, des témoins de l’accident ont été rencontrés par les enquêteurs. Ceux-ci ont d’ailleurs affirmé à d’autres médias que les systèmes de sécurité étaient en fonction au passage du train, entre autres la barrière. Or, l’agent Tremblay ne peut confirmer si des références ou du soutien psychologiques ont été proposés à ces gens : « Je n’ai aucune information là-dessus. »

Un « événement assez malheureux »

Joint par le journal au lendemain du drame, le maire de Saint-Basile-le-Grand, Yves Lessard, évoque un « événement assez malheureux ». Selon lui, rien ne laisse comprendre qu’il y a eu une défectuosité aux systèmes de sécurité en place. « Nos services ont confirmé que tout était conforme et que la signalisation était bien fonctionnelle », note M. Lessard qui, lui aussi, a reçu la nouvelle de la Régie. « J’ai eu la confirmation qu’il s’agissait d’une jeune personne née en 1993. »
Il faut rappeler que le 3 août dernier, un jeune homme de 18 ans a été percuté par un train et est décédé à la suite de ses blessures. La collision a eu lieu sur le chemin de fer qui longe la route 116, entre les gares de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Hubert de la ligne Mont-Saint-Hilaire du Réseau de transport métropolitain (RTM). La thèse retenue pour l’enquête sur cet accident était le suicide. Le 23 novembre 2017, un jeune de 15 ans, Simon Dufour, s’enlevait la vie, victime d’intimidation. Il se trouvait sur les rails du chemin de fer lorsqu’il a été frappé par un train de banlieue.
Yves Lessard évoque une « détresse humaine assez incontrôlable pour en arriver jusque-là » et rappelle qu’il existe des organismes de prévention du suicide. « Ces jeunes doivent vivre une souffrance terrible, quelque chose de pesant, pour en arriver à de tels gestes. Moi, ça me peine beaucoup. Je pense aux proches… la douleur avec laquelle ils devront continuer, c’est difficile à supporter. »
Lorsque surviennent de tels drames, M. Lessard se remémore une scène, survenue il y a plus de 30 ans, à Saint-Basile-le-Grand. Il a été témoin de quelque chose de semblable, lorsqu’un couple de deux jeunes femmes avait marché sur la voie ferrée avec des sacs à dos. Elles s’étaient étendues sur les rails au passage du train. « À l’époque, cette réalité était moins comprise, moins acceptée qu’aujourd’hui. J’ai été très marqué par cela. »
Pour le sergent Tremblay, il n’y a pas plus de cas semblables qu’auparavant, et il n’y en a pas moins qu’avant non plus : « Depuis que je suis dans le métier, ç’a toujours existé. »

Besoin d’aide?

Si vous avez besoin d’aide ou si vous avez des idées noires, vous pouvez composer le numéro sans frais suivant afin de parler à quelqu’un : 1 866-APPELLE au Québec (français). Dans la région, il y a aussi l’organisme L’Accès, dont le Centre d’intervention de crise est situé à Longueuil (ligne d’intervention : 450 679-8689) ainsi que Contact Richelieu-Yamaska, dont le Centre d’intervention de crise est à Saint-Hyacinthe (ligne d’intervention : 450 774-6952).
QUESTION AUX LECTEURS :
Avez-vous déjà fait appel à des organismes de prévention du suicide?