La rue Ponton se fait attendre à Saint-Bruno
Onze mois après avoir été annoncée en assemblée du conseil, la rue Ponton n’a toujours pas été inaugurée à Saint-Bruno-de-Montarville.
« Moi, je m’en fous. Ça ne me dérange pas. Un jour, je ne serai plus là. Ce n’est pas pour moi. C’est pour mes petits-enfants. Puis pour qu’il reste quelque chose de la famille Ponton », mentionne Gilles Ponton.
En attente
La Ville n’a toujours pas inauguré la nouvelle rue parce qu’elle est en attente de nouveaux panneaux pour la signalisation sur tout le territoire. Une priorité serait accordée à la rue Ponton lorsque les affiches seront prêtes. « Ça devrait être cet été, sinon plus tard cet automne », nous répond le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Ludovic Grisé-Farand.
Gilles Ponton est âgé de 90 ans. Le Montarvillois marche. Beaucoup. Souvent. Tous les jours où il fait bon à l’extérieur. Depuis plusieurs années, il accumule les kilomètres, surtout dans les rues de Saint-Bruno-de-Montarville. Encore récemment, nous pouvons le voir cheminer, doucement. « Je marche encore. Mais j’avance moins vite qu’avant. Je ne marche plus à 6 km/h, mais à 2 km/h », dit-il lors d’une rencontre fortuite sur le trottoir de la rue Montarville.
Il confirme, lui aussi, que la Municipalité travaille sur de nouveaux panneaux de rue, d’où l’attente pour l’inauguration de la rue Ponton.
En septembre 2022, lors d’une assemblée régulière, le conseil municipal de Saint-Bruno-de-Montarville adoptait la dénomination commémorative afin que la rue Parent devienne la rue Ponton. Cette décision avait pour but de rendre hommage à la famille du même nom.
La famille Ponton s’est implantée sur le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville depuis plus d’un siècle. « Cette dénomination-là s’inscrit dans notre volonté de souligner de façon plus marquée ceux qui ont contribué à l’essor de Saint-Bruno-de-Montarville », commentait Ludovic Grisé-Farand lors de cette soirée.
Il y a plus de 100 ans
Les Ponton se sont installés pour la première fois à Saint-Bruno-de-Montarville il y a plus d’un siècle. M. Ponton souhaite que la Ville souligne ce fait en désignant sur le territoire une « rue Ponton ». C’est ce que M. Ponton confiait au journal lors d’une première rencontre, en décembre 2021. « Pour laisser une trace. » La famille avait entamé des démarches auprès de la Commission de toponymie du Québec. Elle désirait aussi adresser sa demande auprès du conseil municipal. Or, les Ponton n’ont pas eu besoin d’approcher la Municipalité. « Il semble que c’est l’article qui a fait le boulot. Nous étions à travailler le dossier, lorsque le maire nous a fait signe! Nous en sommes tous bien heureux! », nous confiait le fils, Richard Ponton.
Le premier magistrat confirme qu’il a d’abord vu et lu l’article du Journal de Saint-Bruno. « J’ai trouvé que c’était intéressant. J’ai contacté M. Ponton. J’ai rencontré sa famille. À la lumière de nos discussions, il est apparu assez clair qu’au même titre que les autres familles dont le nom d’une rue leur est attribué, la famille Ponton le mérite aussi », notait M. Grisé-Farand.
Puis, donc, la Ville décidait de nommer une rue Ponton sur le territoire. C’était il y a près d’un an, maintenant.
Rappelons que la bibliothèque Georges-Brossard et le terrain de balle Serge-Ménard, annoncés plus tôt au cours de la saison estivale 2022, ont été inaugurés rapidement après l’annonce de leur dénomination. L’inauguration de la rue Ponton, elle, se fait attendre.
Pourquoi la rue Parent
La rue Parent a été choisie pour quelques raisons. D’abord, il y a deux rues de ce nom sur le territoire montarvillois. Une rue Parent du côté résidentiel, adjacente à la montée Montarville et qui croise la rue de Mésy. Mais aussi une rue Parent dans le parc industriel. « Ça fait longtemps que les citoyens du quartier demandaient un changement de nom pour ce tronçon de rue. Il fallait aussi choisir une rue qui n’a pas trop d’adresses civiques, afin d’éviter aux gens de changer toutes leurs informations personnelles. Nous venons ainsi séparer les deux fonctions des deux rues. »
En attendant, Gilles Ponton poursuit sa route, à Saint-Bruno-de-Montarville. À une époque pas si lointaine, il parcourait les Îles-de-la-Madeleine à pied en compagnie de son fils. Une aventure qu’il n’a pas pu se permettre cette fois. « Non, pas cette année, malheureusement, répond-il avec du regret dans la voix. Je ne suis plus jeune, jeune, j’ai 90 ans, quand même… »

