La "Rive-Sud" aux commandes

Pascan Aviation vient de lancer une nouvelle ligne de Saint-Hubert à Toronto. Portrait d’une compagnie 100 % Rive-Sud, dont l’un des deux propriétaires est un Montarvillois.
Pour se rendre à Québec ou Toronto, les destinations les plus proches que dessert Pascan, il y a plusieurs moyens. Le plus rapide est de prendre les airs. À 750 $ tout inclus pour se rendre et revenir de Toronto, les tarifs ne peuvent rivaliser avec la voiture ou encore le train, mais pour ce qui est du confort, nul doute que Pascan surclasse beaucoup de monde et peut-être même les compagnies aériennes au départ de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau.
« Notre clientèle est essentiellement une clientèle d’affaires ou encore de professionnels à qui nous pouvons offrir un service de premier ordre », indique Julian Roberts, président de Pascan Aviation, qui habite à Saint-Bruno-de-Montarville depuis 10 ans.

« Tous nos employés sont de la Rive-Sud et le personnel veut rester à Pascan. C’est une grande famille. » – Julian Roberts

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas chez Pascan qui a du se restructurer en se séparant d’environ 200 employés avant que de nouveaux propriétaires prennent les commandes.
Yani Gagnon, vice-président directeur, un résidant lui aussi de la Rive-Sud, à Saint-Lambert, et Julian Roberts ont tous les deux racheté la compagnie aérienne pour lui donner un nouvel élan en janvier 2017. À peine un mois plus tard, après avoir réussi à stabiliser l’entreprise, ils annonçaient déjà la création d’une nouvelle ligne vers Toronto.
« Nous souhaitons diversifier notre offre. Nous avions une grande activité avec les entreprises minières du Grand Nord. Les destinations comme Toronto permettent de toucher un autre public », de préciser M. Gagnon.
L’entreprise réussit à rassembler 1500 passagers par mois, transporte dans les régions desservies du courrier prioritaire pour entre autres Poste Canada, amène 2500 passagers par an aux Îles de la Madeleine.
L’une des priorités aujourd’hui pour les deux propriétaires est de montrer aux professionnels de la Rive-Sud et même de Montréal que Pascan peut aider à gagner du temps.
Ce n’est pas pour rien que l’une des affirmations de la compagnie régionale est de dire que « la durée de notre vol est équivalente au temps requis pour ces gens de simplement se rendre à l’aéroport de Montréal Pierre-Elliott-Trudeau ».
Un service trois étoiles
Pour prendre un vol Pascan à Saint-Hubert, il faut oublier toutes ses expériences dans un grand aéroport.
Il suffit d’arriver 30 à 40 minutes avant son vol seulement. Le stationnement réservé aux clients est gratuit pour toute la durée du séjour. Quand on franchit la porte d’entrée, on arrive directement dans le terminal de départ, juste avant l’embarquement. Le service à la clientèle est dans la même grande salle et il n’est pas rare d’y croiser le président. Les passagers peuvent se servir gratuitement du café, disposé sur une table, en attendant leur avion, qui viendra les chercher au-devant du bâtiment, côté piste. Dans la salle d’attente, une collation est même offerte pour les vols du matin.
Derrière une porte, réservée au personnel, un hangar abrite la flotte de la compagnie qui doit suivre son programme de maintenance habituel parmi les 14 avions disponibles. Le vol pour Toronto sera un avion de neuf places.
Même le centre de réservation est sur place. « Nous avons intégré tous les services dont nous avons besoin. Ainsi, nous ne sommes dépendants de personne pour fonctionner », explique M. Roberts.
Le plus important transporteur aérien régional indépendant au Québec, situé dans l’agglomération de Longueuil, est allé chercher les compétences de son personnel sur la Rive-Sud. Les deux propriétaires montrent eux-mêmes l’exemple en venant de Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert. « Tous nos employés sont de la Rive-Sud, de Boucherville, Longueuil, Saint-Bruno, Brossard… et il y a un sentiment d’appartenance à l’entreprise. Le personnel veut rester à Pascan. C’est une grande famille », conclut M. Roberts qui, âgé maintenant de 38 ans, a commencé son apprentissage dans le monde de l’aéronautique à 16 ans.