La Maison amérindienne souligne la Journée de la vérité et de la réconciliation

La première Journée de la vérité et de la réconciliation se déroule aujourd’hui, le 30 septembre. C’est une journée qui vise à établir un dialogue entre les nations et à se souvenir de l’histoire des peuples autochtones, notamment en lien avec les pensionnats.

À Mont-Saint-Hilaire, la Maison amérindienne, qui compte changer de nom lors de son anniversaire le 16 octobre prochain pour s’appeler la Maison des peuples autochtones, est une institution qui a été créée il y a plusieurs années avec l’objectif clair de réunir les peuples autochtones et allochtones dans un même espace. 

Afin de souligner la première édition de cette journée qui est fériée à travers le pays, l’établissement hilairemontais a choisi d’accueillir des jeunes étudiants de la région tout au long de la journée. Selon la directrice générale de l’établissement, Chantal Milette, « les élèves de 4, 5 et 6ème année de l’école Mountainview vont faire une offrande et venir à pieds avec escorte policière à la Maison amérindienne. On va faire un grand cercle et on va échanger, on va les accueillir et après ils vont déposer une pierre comme un témoignage, une promesse ou une pensée positive. Ils vont faire le parcours qu’on propose par la suite, où se trouve notamment un sentier balisé avec des drapeaux oranges pour faire une marche commémorative. » La directrice générale ajoute qu’un feu brûlera toute la journée pour que les visiteurs puissent s’y recueillir et que le parcours est accessible jusqu’à la fermeture du site à 17h pour tous les visiteurs qui souhaitent y passer, vêtus d’un chandail orange si cela est possible pour eux.

«Je trouve que c’est un premier pas vers quelque chose et on sent vraiment que les gens ont une ouverture sur les réalités autochtones. »

-Chantal Milette

Journée symbolique

Si le 30 septembre a été choisi comme journée pour commémorer les victimes des pensionnats autochtones, c’est notamment parce que le mois de septembre correspondait au mois où se déroulait la rentrée scolaire et où les enfants étaient retirés de leurs maisons pour aller au pensionnat. 

Le symbole représentant la journée du 30 septembre est le chandail orange. Cet emblème a été choisi en lien avec l’histoire d’une jeune fille, Phyllis Webstad, qui avait voulu porter un chandail de cette couleur pour se rendre au pensionnat et qui se l’était finalement fait retirer lorsqu’elle s’est rendue à l’établissement, de même que le reste de ses vêtements dont elle a été dépouillée. 

À la Maison amérindienne, Mme Milette mentionne que les employés portent des chandails de couleur orange quelques jours par semaine depuis le premier juillet afin de sensibiliser à l’histoire des pensionnats. « C’est un moyen d’enseigner aux gens sur ce qui s’est passé étant donné qu’ils nous questionnent sur la raison qui fait que nous portons ces chandails lorsqu’ils les voient. »

Davantage sensibilisés

Selon Chantal Millette, les différentes commissions d’enquête effectuées par le gouvernement fédéral, la mort de Joyce Echaquan et les découvertes de corps d’enfants autochtones enterrés près des pensionnats partout au pays sont quelques événements qui ont changé la manière qu’ont les allochtones de percevoir les autochtones.  « Dès l’ouverture de notre programmation éducative cette année, nous avons reçu un grand nombre de demandes d’établissements scolaires qui voulaient réserver des ateliers pour en apprendre davantage sur les peuples autochtones. » 

Pour la directrice de la Maison amérindienne, le fait qu’une journée soit dédiée à la commémoration des pensionnats autochtones à travers le Canada est une bonne chose et un premier pas dans la bonne direction, soit vers une réconciliation entre les peuples. « Les organisations canadiennes comme Postes Canada, Patrimoine Canada et d’autres ont fait des choix de fermer et c’est bien, mais ce n’est pas pour tout le monde. Je trouve que c’est un premier pas vers quelque chose et on sent vraiment que les gens ont une ouverture sur les réalités autochtones. »