La laiterie, un historique

Avant l’usine Natrel, telle que nous la connaissons depuis les 60 dernières années, il y a eu la Laiterie J. A. Caillé et fils. C’était en 1930 et c’est Albéric Caillé qui a mis sur pied cette entreprise.
Son fils Gérald a alors 12 ans et avant de se rendre à l’école, il livre 12 pintes de lait dans Saint-Bruno, et ce, sept jours par semaine. Son frère Bernard, dans la vingtaine, en distribue 16.
À Saint-Bruno, la famille Caillé est d’emblée associée à la Laiterie Mont-Saint-Bruno. En plus des parents, elle compte onze enfants et ce sont les cinq garçons qui, après la mort de leur père, fondent la laiterie.
Au cours de ces mêmes années, la Laiterie s’occupe également à la coupe de la glace, afin de remplir les glacières avant l’arrivée du réfrigérateur.

Dures épreuves

Mais en septembre 1953, un violent incendie détruit la grange-étable, la laiterie et la glacière. Le troupeau, lui, est sauvé de justesse. Le sinistre met un terme à l’entreprise laitière ainsi qu’à la coupe et à la livraison de la glace. Quelques mois plus tard, cette année-là, le père de famille Albéric Caillé meurt subitement, à 64 ans. Un tournant important dans l’histoire familiale.

En 1954, ils construisent le premier niveau de la laiterie et inaugurent la nouvelle entreprise, la Laiterie Mont-Saint-Bruno.

La Laiterie Mont-Saint-Bruno

Le troupeau est vendu, ainsi que la terre, mais une superficie importante du terrain est conservée par les Caillé : les cinq frères, dont Gérald et Bernard, qui livraient dans les années 30 des pintes de lait, ont un projet. En effet, en 1954, ils construisent le premier niveau de la laiterie et inaugurent la nouvelle entreprise, la Laiterie Mont-Saint-Bruno; l’aîné, René, en devient le président. Il s’agissait alors d’un programme mixte avec les cultivateurs fournisseurs avant la venue des camions-citernes. À cette époque, la production est de 1000 pintes par jour. Ce n’est qu’un certain nombre d’années plus tard que le lait arrive par l’intermédiaire de la Fédération des producteurs de lait, en camions-citernes. Le lait est acheminé dans les silos, mis en bouteilles, de verre et ensuite de carton, puis chargé sur les camions pour l’expédition vers les clients. En 1976, la Laiterie amorce aussi la fabrication de la crème glacée, de même que celle du beurre.

L’arrivée d’Agropur Natrel

Déjà installée à Saint-Hyacinthe, Agropur Natrel achète la Laiterie Mont Saint-Bruno en 1979. Le rendement est alors de 40 000 litres de lait par jour! À la suite de cette vente, l’un des fils, André, demeure dans l’entreprise comme responsable de la production, jusqu’en l’an 2000; Gérald y demeure aussi, à titre de directeur, jusqu’en 1992, année de sa retraite.
La bâtisse de Natrel est située au centre-ville de Saint-Bruno-de-Montarville depuis plus de 60 ans. Aujourd’hui, elle est entourée d’habitations et de commerces.
En juillet 2015, lorsqu’Agropur coopérative avait annoncé la fermeture de son usine Natrel, le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray, avait déclaré : « Tout comme la Ferronnerie Mandeville, il s’agit d’une institution, ça fait partie de l’histoire de Saint-Bruno-de-Montarville. Au départ, il s’agissait d’une laiterie qui appartenait à un citoyen de Saint-Bruno. Mais l’entreprise s’est développée et elle a été achetée. Elle est devenue, au cours des années, enclavée, tout en perdant son aspect bucolique. On aurait espéré que l’usine demeure ici, c’est dommage, mais il aurait fallu qu’elle débourse des sommes pour être en mesure de respecter de nouveaux critères de production et d’environnement. »
Le 27 mai 2016, l’usine Natrel à Saint-Bruno-de-Montarville fermait ses portes, en toute discrétion.
Le 13 décembre dernier, c’est le démantèlement de l’usine Natrel qui s’amorçait, une page de l’histoire de la ville qui se tournait alors.