La grogne des CPE en Montérégie

Manifestation

En provenance de partout en Montérégie ou de Montréal, elles étaient près d’une centaine de directrices et d’adjointes de CPE la semaine dernière aux abords du pont Jacques-Cartier, venues manifester leur inquiétude de voir leur réseau s’effriter.

« Victimes des politiques idéologiques du gouvernement Couillard et de l’entêtement de sa ministre de la Famille à ne pas comprendre les enjeux liés à la qualité éducative de leur réseau, les CPE ont clairement fait entendre leurs voix aux milliers d’automobilistes qui entraient à Montréal, à l’heure de pointe matinale », a indiqué le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM).

Groupées le long du parc des Faubourgs et brandissant leurs affiches « CPE en péril », les manifestantes ont tenu à rappeler que ce sont encore les enfants, les plus vulnérables et les moins protégés par ce gouvernement, qui sont les victimes directes des mesures d’austérité et des coupes désastreuses imposées aux CPE.

« D’abord, il est grand temps que les CPE cessent d’être vus seulement comme des services de garde. Ce sont des milieux de vie, des lieux éducatifs; ces corporations sans but lucratif sont administrées par les parents, qui donnent une orientation et une couleur propre à chaque réalité », a tenu à préciser Claudette Pitre-Robin, directrice générale du RCPEM, l’initiateur de cette manifestation. « Contrairement aux garderies commerciales, qu’elles soient subventionnées ou non, un CPE est une entreprise privée, mais à but non lucratif. Tout l’argent qui s’y trouve est donc investi directement pour améliorer la qualité des services aux enfants », a-t-elle poursuivi.

L’organisme propose que puisque les salaires des éducatrices et les ratios sont normés par le gouvernement, la rationalisation doit se faire ailleurs : temps de planification pédagogique, alimentation, matériel, ou soutien à l’intégration d’enfants à besoins particuliers sont, entre autres, les postes budgétaires « où le Ministère incite les gestionnaires à couper. Pourtant, avec des coupes annuelles récurrentes pouvant allant jusqu’à 100 000$ par corporation, il est évidemment impossible de le faire, sans que soit mise en péril la survie même des CPE. »

Le RCPEM a fait savoir qu’il poursuivra ses actions de mobilisation tout l’hiver, et au-delà si le gouvernement ne recule pas. Il a l’intention de se faire entendre, « au nom des enfants qui fréquentent les CPE du Québec, au nom des parents qui s’impliquent bénévolement aux conseils d’administration de leur CPE, au nom des milliers de professionnelles de la petite enfance qui sont exaspérées de devoir justifier l’importance de leur travail quotidien dans une société où l’enfance et l’éducation devraient être des priorités absolues », conclut le regroupement.