La Cour supérieure se prononcera d’ici le 1er septembre

Forêt des Hirondelles

La coordonnatrice du regroupement des citoyens pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles, Marilou Alarie, dit concentrer tous les efforts pour amener le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs à faire respecter la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Le mardi 14 août dernier, le regroupement et Nature Québec ont saisi la Cour supérieure pour qu’elle leur accorde une injonction afin de faire cesser les travaux du projet immobilier de la Futaie du sénateur Paul J. Massicotte. Une première étape dans ce dossier a été d’abord l’acceptation de la juge Nicole M. Gibeau de prendre en délibéré cette cause. Et selon Marilou Alarie, la juge a promis de rendre une décision d’ici le 1er septembre.

En entrevue, la coordonnatrice du regroupement a tenu à rappeler qu’en 2005, des citoyens ont fait une proposition d’achat au Country club Mont-Bruno, propriétaire du terrain. « La réponse est venue des avocats : ni intention de vendre ni de développer ». Marilou Alarie ajoute que des organismes comme Canards Illimités Canada et d’autres voués à la conservation auraient pu appuyer l’initiative citoyenne en versant des montants d’argent pour l’acquisition des six hectares que constitue la superficie de la forêt des Hirondelles. « À Sainte-Julie, Nature action est allée chercher des partenaires et la Ville a déboursé 180 000 $. » En effet, l’organisme et la Ville ont acquis en avril dernier «12 hectares de milieux naturels riches en biodiversité situés dans le bois du mont Saint-Bruno à Sainte-Julie ».

De nombreux écrits s’accordent à dire qu’il existe des espèces vulnérables dans la forêt des Hirondelles, notamment la plante appelée « ginseng à cinq folioles ». Sur place, Marilou Alarie, pointant de grosses roches et un grand arbre déraciné « à cause du vent », souligne que les citoyens craignent « le dynamitage » alors que « l’enracinement est en surface ». Elle remet en question les études faites jusqu’à présent par le promoteur. « Le ministre dit qu’il a demandé de nouvelles études. C’est très bien, mais à qui il les a demandées? Il les a encore demandées au promoteur », peste la coordonnatrice. Au chapitre des revenus de taxation, le projet de construction ne rapporte à la Ville qu’un montant annuel de « 80 000 $ ». Une somme « assez marginale » dans un budget de 56 millions de dollars, ajoute-elle.

Ce chiffre ne correspond pas au calcul de la Ville. Dans un document mis en ligne par la Ville et intitulé Projet de la Futaie : Coûts et revenus pour la municipalité de Saint-Bruno, on peut y lire que « la construction de 30 maisons d’une valeur de 1 000 000 $ aurait généré des revenus de taxes de 237 390 $ si le projet était en place en 2011 ». La Ville prévoit retirer 2,1 millions sur 10 ans, et 8,8 millions sur 20 ans en se basant sur un scénario de croissance des revenus municipaux de 3 % par année et de croissance des dépenses municipales de 5 % par année.

 Le dilemme entre le développement et la conservation des milieux naturels risque de se poser encore dans d’autres secteurs de la Ville. Le voisinage résidentiel de la forêt des Hirondelles ne s’est-il pas développé en détruisant un milieu naturel ? Piquée au vif par cette question, Marilou Alarie réplique qu’on aurait pu dire la même chose des autres villes incluant Montréal. « Est-ce qu’on va continuer à détruire ce qui reste? Est-ce la façon de réfléchir encore? À un moment donné, c’est assez. » Et de proposer aux gens « d’acheter des maisons existantes et de les rénover », et à la Ville de leur offrir un congé de taxes pour une année.