La Coopérative manque de sensibilité, selon un élu
Le conseiller Joël Boucher reproche à la Coopérative funéraire responsable de la construction éventuelle du crématorium d’agir comme une multinationale qui « manque d’ouverture et d’écoute ».
« Ce n’est pas une entreprise multinationale avec son rouleau compresseur, qui fait fit des doléances des citoyens. Pourtant, j’ai le sentiment qu’elle agit de la même façon », a indiqué en entrevue aux Versants le conseiller responsable du district où serait construit le complexe funéraire.
« Je m’attends d’une coopérative à ce qu’elle ait cette sensibilité pour qu’ensemble on puisse trouver une solution, un plan B, une alternative, un compromis », a-t-il insisté, tout en reconnaissant que « sur le plan légal, la Coopérative [funéraire du Grand Montréal] a tous les droits ».

Il reproche notamment à la Coopérative de ne pas être ouverte à la possibilité de s’établir ailleurs sur le territoire de Saint-Bruno que sur la rue Parent.
La Coopérative étonnée
Contactée par les Versants, la Coopérative funéraire s’est dite étonnée par les propos de M. Boucher. Selon Mathieu Houle, directeur des opérations pour la Coopérative, « les faits traduisent plutôt de notre part une attitude de transparence, de respect et de flexibilité ».
« Nous avons bien du mal à comprendre les allégations de M. Boucher, alors que celui-ci est au courant de nos intentions depuis au moins un an, qu’il a voté en faveur de notre demande de dérogation pour le stationnement et que nous avons fait preuve d’ouverture et de flexibilité en apportant plusieurs changements à notre projet afin de mieux répondre aux attentes de la municipalité », a ajouté M. Houle.
Il allègue également que la Ville « n’a jamais offert de terrains alternatifs » pour accueillir le projet.
Vers un refus
Au moment de mettre sous presse, les élus devaient décider le lundi 27 janvier, dans le cadre d’une séance extraordinaire du conseil, s’ils donnaient leur aval au projet hautement controversé. Selon nos informations, une majorité d’élus, sinon tous, s’apprêtaient à s’opposer formellement à la construction du crématorium.
« Comme conseil, sur le plan moral, parce qu’on représente nos citoyens et qu’ils nous disent ‘’non, en n’en veut pas’’, notre rôle, c’est de les représenter. Ce n’est pas de leur rentrer dans la gorge un projet dont ils ne veulent pas », a dit le conseiller Joël Boucher, sans pour autant vouloir s’avancer sur l’issue du vote.
Il a d’ailleurs salué la mobilisation citoyenne dans le dossier, qu’il a qualifiée de « tour de force remarquable », même si, lors de la séance d’information du 20 janvier, les réactions « n’ont pas toutes été très habiles ». Il considère que les citoyens ont raison d’être déçus par ce qui a été proposé lors de la séance d’information.
Experts pas convaincants
« [Les présentations des experts] n’étaient pas convaincantes, loin de là. Les mandats n’étaient pas assez étendus », a-t-il reconnu.
Des mandats qui avaient été pourtant imaginés par les élus eux-mêmes. Comment donc expliquer qu’ils n’aient pas été à la hauteur des attentes des citoyens?
« Nous, on a fait de notre mieux en donnant des mandats qui, pensait-on, étaient pour éclairer les citoyens. […] On pensait qu’avec les mandats donnés en circulation, sur le plan environnemental et sur l’évaluation [de la valeur des propriétés], nous aurions suffisamment de réponses pour être éclairées », a donné comme explication l’échevin.


