La Commission scolaire des Patriotes au-dessus des pourcentages provinciaux de diplomation

Selon un rapport publié au cours des derniers jours par le ministère de l’Éducation, le taux de diplomation des écoles secondaires de la Commission scolaire des Patriotes est de 81,5 %, alors qu’il est de 77,7 % pour l’ensemble du Québec.

Malgré ce constat, Luc Lapointe, directeur adjoint à la Commission scolaire des Patriotes, reste critique. « Oui, nos chiffres sont bons, mais je ne peux m’empêcher de dire que nous en avons quand même échappé 18,5 %. » Il enchaîne en parlant des différentes actions entreprises par le personnel des écoles du territoire pour s’assurer d’éviter que certains élèves finissent par décrocher. Parmi celles-ci, la participation au programme Trait d’union, qui jumelle des élèves à risque de décrochage avec des membres du personnel dans certains établissements. « Cela a permis à ces élèves de créer des liens significatifs avec des adultes et de mettre en place des interventions ciblées. »

Le directeur adjoint poursuit en soulignant que le travail de collaboration effectué entre les professeurs de 6e année et de la 1re secondaire est une autre façon d’aider les ados à persévérer. « Les recherches démontrent que les moments de transition, tels que le passage au secondaire, peuvent avoir des impacts majeurs sur les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage, une sensibilité aux approches pédagogiques ou qui sont plus solitaires. Nous tentons de tout mettre en œuvre pour faciliter ces transitions. » Des visites à la future école ou même l’invitation aux finissants du primaire à participer à une classe de secondaire en sont des exemples.

Luc Lapointe a plusieurs autres idées en tête pour augmenter encore le taux de diplomation. Il espère entre autres pouvoir arriver à faire en sorte que des élèves de 5e secondaire qui ont raté une matière de 4e secondaire essentielle à l’obtention de leur diplôme puissent reprendre immédiatement cette matière. « En intégrant ce cours à son horaire de 5e secondaire, l’adolescent pourrait recevoir son diplôme en même temps que ses collègues de classe au lieu de devoir attendre inutilement une autre année. Ce serait plus encourageant pour nos jeunes qui sont à risque de décrocher. »

Des coupes  gouvernementales qui font peur

En septembre, le ministre de l’Éducation François Blais a annoncé que Québec ne renouvelait pas plusieurs ententes de partenariat financier avec des organismes impliqués dans la prévention du décrochage scolaire. Cette perte de plus de 25 millions de dollars inquiète quelque peu le directeur adjoint de la Commission scolaire des Patriotes. « C’est malheureux, car il y avait divers services en cours sur notre territoire qui étaient offerts par le programme Réunir Réussir. Ce programme, financé par les 25 millions du gouvernement et par la Fondation Lucie et André Chagnon, qui injectait également 25 millions, aidait grandement à cibler les jeunes à risque de décrocher. »

Parmi ces projets, Luc Lapointe parle de Ribambelle, qui permettait à une professionnelle en éducation spécialisée de se rendre dans les centres de la petite enfance pour dépister les enfants dont il faudrait s’occuper plus particulièrement lors de leur rentrée à l’école. « Nous avions aussi des travailleurs de milieu qui, lors des périodes de dîner, rencontraient les jeunes et développaient des liens avec eux. Ils aidaient nos jeunes en difficulté d’apprentissage à mieux s’orienter et à trouver un certain sens à l’école. Ce projet était mené en collaboration avec des maisons de jeunes qui n’auront sûrement pas les fonds pour poursuivre l’expérience. »

Le programme Réunir Réussir a permis, entre 2008 et 2013, de faire passer le taux de décrochage scolaire au Québec de 20,3 % à 15,3 %. Le ministre de l’Éducation a soutenu que le gouvernement continuerait de travailler dans le but d’obtenir une plus grande persévérance à l’école, mais que cela se fera d’une manière différente. Le directeur adjoint de la Commission scolaire des Patriotes souhaite pour sa part pouvoir continuer de bénéficier des services tels que ceux mis en place au cours des dernières années et qui ont fait leurs preuves.