La Butte souffle ses 20 bougies
Maison des jeunes de Saint-Basile-le-Grand
L’année 2020 marque le 20e anniversaire de la Maison des jeunes La Butte. Pour l’occasion, le Journal de Saint-Basile s’est entretenu avec le directeur de l’organisme, Martin Renaud.
« Un 20e anniversaire, pour La Butte à Saint-Basile-le-Grand, c’est quand même une réalisation importante, lance d’emblée Martin Renaud. Si l’on est là encore aujourd’hui, c’est parce que l’on a gagné la confiance des jeunes, des parents, des citoyens, de nos partenaires et des élus à travers les années. »
Les contrecoups de la pandémie
Plusieurs organismes qui souhaitaient souligner un anniversaire important en cette année de pandémie ont dû se rendre à l’évidence. Pensons à Minta Saint-Bruno/Saint-Basile, qui avait une programmation spéciale pour souligner son 50e anniversaire. Ou encore à la paroisse de Saint-Basile-le-Grand, qui devait célébrer son 150e anniversaire tout au long de l’année par une série d’activités. À contrecœur, La Butte aussi a abandonné ce qui était prévu à son agenda pour marquer l’événement. Pour l’occasion, un comité organisateur avait été mis en place en début d’année, mais le tout est demeuré sur la glace. Il était question de louer une salle, de présenter un vernissage avec les réalisations des ados, puis d’inviter d’anciens jeunes, d’anciens membres et des dignitaires. « Malheureusement, tout a été mis sur pause. On organisera quelque chose de plus grande envergure dans le cadre du 25e anniversaire », se désole Martin Renaud.
« Les jeunes ont un fort sentiment d’appartenance auprès de l’organisme. » – Martin Renaud
La petite histoire
C’est en 1995 que pour la première fois, Josianne Sauvé présente un projet de « Café jeunesse » au conseil municipal de Saint-Basile-le-Grand. Puis en 1999, La Butte est incorporée. Les locaux du chalet Denis-Germain, situé sur la montée des Trinitaires, lui sont prêtés par la Ville. La bâtisse est inaugurée le 7 juin 2000 et dédicacée en l’honneur de Denis-Germain, un conseiller municipal en fonction de 1976 à 1981 impliqué dans la vie communautaire et sociale de Saint-Basile. Quelques mois plus tard, le 6 novembre, le Café jeunesse La Butte devient l’organisme reconnu au plan directeur du Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire pour occuper les lieux et accueillir les participants. L’inauguration du Café jeunesse La Butte est tenue le 21 novembre 2000.
C’est en 2003 que Martin Renaud fait son entrée au sein de l’organisme. Le poste de directeur lui est attribué en 2010.
Changement
Le nom, Café jeunesse La Butte, est mis de côté en 2014 pour faire place à une nouvelle appellation, Maison des jeunes (MDJ) La Butte. L’organisme poursuit alors six stratégies : développer des partenariats avec des acteurs du milieu jeunesse; intégrer des acteurs importants dans la vie de la MDJ; améliorer les ressources actuelles; impliquer les jeunes dans tous les aspects de La Butte; impliquer la communauté envers les jeunes; communiquer davantage. « Il fallait s’actualiser, dira Martin Renaud en entrevue. Notre mission en tant qu’organisme, nos objectifs, nos activités… tout cadrait avec le rôle d’une maison des jeunes. Quand on a fait notre planification stratégique, on en a profité pour changer notre appellation. »
Quand on lui demande s’il a été témoin de belles histoires au cours de ses années au sein de La Butte, le résidant de Beloeil évoque ces adolescents qui ont fréquenté les lieux pour plus tard s’impliquer en tant qu’intervenants auprès des jeunes, ou encore pour s’investir au conseil d’administration. « Les jeunes ont un fort sentiment d’appartenance auprès de l’organisme. Après leur départ, avec le temps, certains ont eu des enfants. Éventuellement, ces enfants fréquenteront peut-être La Butte. Ce serait un gage de succès. »
Ça va mieux qu’avant
Aujourd’hui, La Butte se trouve dans une phase de développement. Contrairement aux années 2015-2016, où elle était plutôt en difficultés financières; Martin Renaud utilise plutôt le terme « en mode survie ». Rappelons que la Ville de Saint-Basile-le-Grand, qui soutenait l’organisme communautaire depuis ses débuts, avait pris la décision de couper de moitié la subvention qu’elle lui octroyait, celle-ci passant alors de 67 500 $ à 33 500 $. « C’est mieux qu’avant, poursuit-il. Mais le défi demeure le même : les négociations avec la Municipalité. Mais en même temps, on n’a pas le choix d’être reconnaissants pour ce qu’elle nous apporte. Elle nous fournit un local, de l’équipement, du soutien. La Ville est notre plus grand partenaire. » Depuis quelques années, la subvention municipale est de l’ordre de quelque 45 000 $. Le budget global, lui, selon les années, tourne autour de 175 000 $.
Problèmes d’espace
Or, il y a toujours ce projet d’agrandissement des lieux qui trotte dans la tête de son directeur. Un rêve qu’il caresse depuis 2006, alors que des plans avaient été présentés. Mais des élections ont mis un frein aux démarches. Il y a eu une nouvelle tentative en 2011-2012, puis plus tard, dans le cadre d’un projet pour le budget participatif de Saint-Basile, mais en vain. « Le dossier dort dans un fichier. On attend le bon moment, l’opportunité. Mais les membres du conseil d’administration changent, nos employés changent, les besoins, eux, demeurent. Le local est trop restreint pour accueillir plus de 15 jeunes à la fois (globalement, La Butte joint entre 200 et 250 jeunes qui utilisent ses services) », raconte Martin Renaud, qui dit « rêver » d’une maison des jeunes comme celle de Saint-Bruno-de-Montarville. Celle-ci a été construite sur deux étages, propose plusieurs locaux et une grande salle pouvant accueillir des dizaines de convives… en situation normale.
Néanmoins, celui qui a rédigé plusieurs chroniques jeunesse pour ce journal parle de passion lorsqu’il évoque son boulot. « Mon cœur est toujours accroché à La Butte. Quand j’aurai fait le tour, je laisserai ma place, mais d’ici là, c’est motivant de continuer. » Martin Renaud voit l’avenir d’un bon œil pour cette MDJ. « La communauté nous fait confiance. Nos services sont pertinents et efficaces. Je ne vois pas comment La Butte pourrait fermer. C’est de bon augure. »
QUESTION AUX LECTEURS :
Avez-vous des préjugés envers les maisons de jeunes?


