La Butte dans l’inquiétude pour son aide financière

La Ville de Saint-Basile-le-Grand a signé, en octobre dernier, un protocole d’entente avec la Maison des jeunes La Butte pour l’octroi d’une aide financière de 46 500 $ en 2022.

Or, depuis 2014, cette somme était reconduite pour une période de trois ans plutôt qu’en vue d’une seule année. Ce qui tracasse le directeur général de La Butte, Martin Renaud. « On a reçu une lettre du maire qui nous informe que le montant est reconduit, mais seulement pour un an et non pas pour trois. Mais aucune explication, aucun argumentaire n’est venu avec cette annonce. Nous sommes dans l’inconnu sur ces raisons. Ça nous inquiète et on ne comprend pas la situation », commente Martin Renaud, que le journal Les Versants a contacté.

« Ça nous inquiète et on ne comprend pas la situation. » – Martin Renaud

Du côté du conseil d’administration de La Butte, on craint l’éventualité d’un possible recul de la Municipalité à la fin de 2022. Également une source de préoccupation. « Malgré de nombreuses démarches de sensibilisation auprès de la Ville concernant la nécessité de revoir à la hausse sa participation ou, à tout le moins, d’indexer le montant en regard de l’augmentation des prix à la consommation, celle-ci est demeurée indifférente à nos demandes et arguments. L’obtention d’un protocole d’entente sur trois ans permettait ainsi à La Butte d’acquérir une certaine stabilité sur le plan de sa gestion budgétaire, mais surtout d’assurer le maintien d’un financement en cas de changement d’élus lors d’élection municipale », répond le conseil d’administration par courriel.

Un candidat au conseil d’administration

Parmi les six citoyens qui composent le conseil d’administration de la Maison des jeunes La Butte, notons la présence du vice-président André Métivier. Celui-ci est actuellement en campagne électorale afin de devenir conseiller municipal au sein du Parti grandbasilois de Maurice Cantin. Les autres membres du CA sont Sylvie Audet, Jessica Côté, Jacques Théroux, Marielle Henley et Jessy Nadeau.

Pour expliquer le protocole d’entente d’une seule année avec La Butte, le maire sortant de Saint-Basile-le-Grand, Yves Lessard, soutient que c’est en raison des élections que la Municipalité ne s’est pas engagée pour trois années. « Je suis toujours un peu frileux d’engager le prochain conseil sur des ententes prises d’avance. Je n’adhère pas à la même philosophie que le Parti grandbasilois », dit-il.

M. Lessard revient sur la fin de l’année 2017, au moment de l’adoption du budget 2018. « Je ne veux pas mettre d’huile sur le feu, mais c’est ce qui est survenu lors de notre arrivée en 2017. Le Parti grandbasilois avait pris un engagement qui n’avait pas de sens, la garde 24/7 du Service de sécurité incendie. » Une clause des pompiers de 584 000 $ que le conseil sortant n’a pas eu le choix de respecter.

En entrevue, Yves Lessard assure que s’il est réélu le 7 novembre prochain, la Municipalité continuera à aider financièrement l’organisme communautaire. « Si je suis de retour, je n’ai pas la volonté de baisser la subvention de La Butte. L’idée n’est pas de la sous-financer, mais de la soutenir. Si je ne suis pas élu, mon souhait est que le prochain conseil la maintienne aussi », poursuit-il.

Rappelons qu’en 2014, à l’époque où Bernard Gagnon était au pouvoir et en raison d’un contexte économique particulier, le soutien financier octroyé à La Butte avait été haché de 50 %, passant de 67 500 $ à 33 500 $. Celui-ci a ensuite été revu à la hausse, notamment en raison du transfert de la subvention pour les services de travailleurs de rue, qui n’avait pas été renouvelée.

« Nous avons été souvent informés par la Ville d’une possible diminution graduelle de sa contribution financière en fonction d’un éventuel rehaussement de notre subvention provinciale », insiste le conseil d’administration.

Cette épée de Damoclès au-dessus de la tête incite l’entité jeunesse à recourir à des campagnes de financement auprès de la population afin d’assurer le maintien de ses services. « Nous continuons à marteler le message auprès de la Municipalité que nos collectes de fonds ne devraient pas servir à payer des salaires et des frais de fonctionnement, mais bien des activités pour les jeunes. »

Rappelons qu’en matière de financement de base (salaires, charges sociales et frais de fonctionnement et administratifs) la subvention provinciale accordée à La Butte par le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) est évaluée à 89 000 $. Les autres subventions sont des projets par ententes de services, affirme Martin Renaud. « Le financement de base sera toujours le talon d’Achille des organismes communautaires. Nous ne voulons plus tenir un discours de survie, mais un discours de stabilité et d’épanouissement », mentionnent les membres du CA.

Le conseil d’administration de La Butte soutient que l’organisme a besoin d’un « financement municipal adéquat pour nous soutenir dans le développement de nos activités et la reconnaissance professionnelle de nos employés en regard du salaire offert ».

Engagement électoral

La campagne électorale bat son plein jusqu’au 7 novembre. C’est la période des promesses et des engagements. Dans son programme, le Parti grandbasilois s’engage à « soutenir davantage la Maison des jeunes dans son offre de services aux adolescents ». Quant au maire sortant indépendant, Yves Lessard, le « maintien du soutien à la Maison des jeunes » fait aussi partie de ses engagements.

Enfin, quand on lui demande si La Butte pourrait disparaître par manque de financement, le CA de l’organisme jeunesse répond : « La Butte est là pour rester. Nous sommes déterminés, persévérants et avançons toujours, peu importe la force de la tempête. Malgré le fait que la Ville ait coupé notre subvention de 50 % en 2014, nous n’avons jamais diminué nos services aux jeunes. »