Intervention du SPAL pour disperser des jeunes à Saint-Bruno

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil est intervenu sur le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville dans la soirée de vendredi à samedi afin de disperser quelque 500 jeunes regroupés au parc Marie-Victorin. Or, l’opération aurait pris des proportions inattendues.

Selon le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), une vingtaine de policiers ont été appelés sur les lieux du parc Marie-Victorin vendredi. Des citoyens auraient porté plainte pour du bruit. Le parc Marie-Victorin est situé sur la rue Marie-Victorin, près de l’autoroute 30, du quartier industriel et du parc canin.

Amorcée après 21 h 30 au parc Marie-Victorin, l’intervention du SPAL s’est ensuite prolongée dans les rues de Saint-Bruno, jusqu’au parc éphémère sur la rue Montarville. « Plusieurs jeunes étaient en état d’ébriété et sous l’influence de stupéfiants. Vers 23 h 15, ils avaient transféré vers le centre-ville », déclare au journal Les Versants la capitaine aux communications du SPAL, Claudine Després.

Sur les 500 au départ, quelque 300 adolescents se sont retrouvés au parc éphémère face à l’opération du SPAL.

L’intervention a pris fin dans la nuit. « Les policiers ont quitté les lieux à 1 h 40 », note Claudine Després.

Fermeture prématurée du parc éphémère

Ce midi, la Municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville a annoncé dans un communiqué qu’elle a dû démanteler son parc éphémère plus tôt que prévu, soit depuis le mardi 7 septembre, « en raison de fréquents débordements et de grabuge survenus au cours de l’été ». L’endroit devait fermer en novembre.

« Victime de vandalisme à plusieurs reprises, la Municipalité n’a eu malheureusement d’autre choix que celui de fermer le parc, situé entre la BMO et Re/Max, afin de préserver la sécurité et la quiétude des personnes qui s’y réunissaient ou qui habitaient au centre-ville. Initialement conçu pour permettre aux jeunes adultes montarvillois de se regrouper et d’échanger entre amis, dans une aire de détente, tout en respectant les mesures sanitaires, le parc éphémère ne remplissait plus son objectif », explique la Ville dans son communiqué. Celle-ci ne fait pas mention de l’opération policière qui s’est soldée au parc éphémère quelques jours plus tôt.

Lorsqu’on demande si le SPAL a suggéré ou exigé la fermeture du parc éphémère, Claudine Després répond que des discussions ont été tenues entre les dirigeants du SPAL et la Ville de Saint-Bruno, mais qu’elle ignore si la fermeture de l’endroit en faisait partie.

Au moment de publier cet article, Saint-Bruno-de-Montarville n’avait pas encore répondu à la question.

Cependant, « la Ville de Saint-Bruno est actuellement en réflexion à savoir si le parc éphémère, existant depuis 2018, sera maintenu dans les années à venir. Le cas échéant, sa localisation sera réévaluée », apprend-on dans le communiqué.

Regroupement de parents d’enfants mineurs victimes d’abus policiers

D’après le Regroupement de parents d’enfants mineurs victimes d’abus policiers, qui a contacté le journal Les Versants, « les jeunes de Saint-Bruno s’étaient donnés rendez-vous par les réseaux sociaux au parc Marie-Victorin pour souligner leur début d’année scolaire. Mais les policiers de Longueuil se sont invités à la soirée, ont décidé qu’ils fermaient le parc et se sont appliqués à disperser les jeunes de 14 à 17 ans de manière cavalière ».

Le Regroupement de parents d’enfants mineurs victimes d’abus policiers dénonce aussi une série de « bavures policières » survenues autour du parc éphémère, dont « arrestations illégales, fouilles illégales de portefeuilles et de sacs, poivre de Cayenne utilisé sans justification, coups de bâton, jambettes, bicyclettes lancées sur les jeunes, insultes des policiers… ».

De son côté, le SPAL indique que ses policiers n’ont pas eu à utiliser de tels moyens pour disperser la foule. Par contre, Mme Després confirme que cinq jeunes mineurs ont été interppelés et remis à leurs parents. Au cours de la soirée, le SPAL a décerné un total de 14 constats d’infraction, pour diverses raisons, dont bruit excessif et consommation d’alcool.

Quant aux « bavures policières » dénoncées, le SPAL souligne qu’il y a actuellement des vérifications en attente concernant cette intervention. Quand on lui demande si on peut parler d’abus policiers, Claudine Després mentionne au journal que « des démarches sont en cours afin de déterminer ce qui s’est réellement passé ». Elle poursuit : « Nous saurons après si oui ou non il y a eu actes répréhensibles commis par nos policiers. Peut-être que les policiers les ont sortis pour être prêts en cas de nécessité. Ce que je peux dire, c’est que si on a à utiliser le poivre de Cayenne, le bâton téléscopique ou encore le taser au niveau de la force, il y a un rapport qui vient avec ça. »

Plus de détails à venir.