Inhalothérapeute et propriétaire d’un magasin de vapotage à Saint-Bruno
Nouvelle loi concernant la lutte contre le tabagisme
La nouvelle loi pour renforcer la lutte contre le tabagisme touchera aussi bien les fumeurs de cigarettes traditionnelles que de cigarettes électroniques, au grand désarroi de Vapeur Clinique International, une enseigne de vapotage qui vient d’ouvrir ses portes à Saint-Bruno-de-Montarville. Une décision gouvernementale que ne comprend pas son propriétaire inhalothérapeute.
La devanture de Vapeur Clinique International a dû être refaite pour s’adapter à la nouvelle législation. Il est désormais impossible de voir de l’extérieur quels sont les produits vendus dans le magasin. Il ne reste plus que le mot « électroniques » à enlever, qui accompagnait le mot « cigarettes. » « J’ai l’air d’une maison close. Les clients ne pourront même plus faire d’essais à l’intérieur, pourtant c’est important de les accompagner. J’ai développé une expertise, en plus je suis inhalothérapeute. Je suis bien placé pour donner des conseils. Cela fait sept ans que je travaille en milieu hospitalier, aux urgences, aux soins intensifs et que je suis un promoteur de la cessation du tabac », indique Philipe Larocque, propriétaire de Vapeur Clinique International.
La loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme a été adoptée le 26 novembre. Cette dernière modifie la Loi sur le tabac qui portera dorénavant le nom de Loi concernant la lutte contre le tabagisme. Elle hypothèque aussi l’avenir de Vapeur Clinique International, enseigne ouverte depuis le 15 octobre 2015. Le propriétaire, inhalothérapeute de profession, l’avait ouverte pour aider les fumeurs à arrêter. « Tous les pneumologues suggèrent la cigarette électronique pour arrêter le tabac, explique M. Larocque. Associer la cigarette électronique à un produit du tabac, c’est passer un message contradictoire aux fumeurs qui souhaitent arrêter. Selon la récente étude de Public Health England, elle serait 95 % moins nocive que le tabac. En Grande-Bretagne, la santé publique fait même la promotion de la cigarette électronique. Il y a dans cette loi un manque de connaissance. »
Son avenir
Il ne cache pas son inquiétude quant à l’avenir de son magasin et la décision gouvernementale a du mal à passer. « On a vu une baisse de nouveaux clients depuis le 26 novembre, même si depuis notre ouverture, nous avons une clientèle très fidèle. » M. Larocque est en accord avec une grande partie des mesures prises par le gouvernement, mais il ne comprend pas l’interdiction de faire goûter les différentes saveurs à ses clients ou encore que la cigarette électronique soit associée au tabac.
Son dernier espoir repose désormais sur les efforts de l’Association canadienne Vaping auprès du ministère de la Santé. « L’association travaille fort pour que le gouvernement fasse marche arrière, ou du moins assouplisse les règles pour la cigarette électronique. Cela ne peut pas être la même loi que pour le tabac. »
Ce que prévoit la loi
La cigarette électronique et tout autre dispositif de même nature seront soumis aux mêmes règles que les produits du tabac, à l’exception de l’interdiction de saveurs. Ainsi, il en coûtera désormais de 250 $ à 750 $ à quiconque fumera ou vapotera dans un endroit interdit par la loi. La vente de ces produits est maintenant rigoureusement encadrée. Les mineurs ne pourront plus acheter de cigarettes électroniques. Il est interdit de faire étalage des accessoires des produits du tabac dans tous les commerces. Les vendeurs de cigarettes électroniques ont aussi l’interdiction d’utilisation des marques de tabac sur des cigarettes électroniques, leurs composantes ou leurs accessoires.
Dans six mois, d’autres interdictions s’ajouteront, comme celles de ne plus vapoter ou fumer dans un véhicule en présence d’un mineur de moins de 16 ans; dans les aires communes des immeubles d’habitation comportant de 2 à 5 logements; sur les terrasses de restaurants et de bars; dans les aires de jeux extérieures pour enfants; sur les terrains sportifs et de jeux; sur les terrains des camps de vacances; en tout temps, sur les terrains des centres de la petite enfance et des garderies ainsi que des établissements d’enseignement préscolaire, primaire et secondaire, incluant les centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle.
Après 12 mois de l’application de la loi, les adultes auront l’interdiction d’acheter du tabac pour un mineur, ou encore il sera interdit de fumer ou vapoter dans un rayon de 9 mètres de toute porte et de toute fenêtre qui s’ouvrent ou de prises d’air communiquant avec un lieu fermé.
Après 24 mois, ce sont les établissements de santé et de services sociaux et les établissements postsecondaires qui devront se mettre aux normes.


