« Il faut regarder par le bon bout de la lorgnette » – Denis Arpin
Palmarès des municipalités HEC-La Presse
L’ancien conseiller municipal responsable des finances de Saint-Bruno, Denis Arpin, estime que les données utilisées par le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal pour le palmarès des municipalités faussent la performance de la Ville. Selon lui, une synthèse des dépenses et des revenus aurait donné de bien meilleurs résultats, positionnant Saint-Bruno au 2e rang sur 24, pour son taux de taxation globale.
Rappelons que, selon les 14 indicateurs de calculs utilisés dans le palmarès (publié le 11 mai dernier dans La Presse et repris dans Les Versants le 18 mai), Saint-Bruno compte des dépenses au-dessus de la moyenne dans 10 d’entre eux : coût moyen des services, les dépenses, les dépenses d’administration, la voirie, la police, les égouts, les déchets, la rémunération moyenne générale, celle des cadres/professionnels/contremaîtres, et celle des cols bleus.
Dans l’analyse du Centre, Saint-Bruno est comparée à 25 autres municipalités comptant de 25 000 à 50 000 habitants : Rimouski, Châteauguay, Saint-Eustache, Victoriaville, Mascouche, Mirabel, Rouyn-Noranda, Valleyfield, Sorel-Tracy, Vaudreuil-Dorion, Val-d’Or, Saint-Georges, Alma, Sainte-Julie, Boisbriand, Sainte-Thérèse, Thetford Mines, Sept-Îles, Chambly, Saint-Constant et Magog. Faisant partie d’une agglomération, comme Sainte-Bruno : Dollard-des-Ormeaux, Boucherville, Côte-Saint-Luc et Pointe-Claire. M. Arpin souligne d’entrée de jeu qu’« on ne peut pas comparer des coûts des Villes qui ne font pas partie d’une agglomération, avec Saint-Bruno », puisque des services comme la police, le service des incendies et le transport en commun sont gérés différemment selon qu’une ville est agglomérée ou non. Opinion partagée par le maire actuel, Martin Murray.
M. Arpin critique le fait que seules les dépenses ont été considérées dans le palmarès et justifie, un à un, les 14 indicateurs financiers; ce qui l’amène à la conclusion qu’une synthèse des revenus et des dépenses est le meilleur moyen de bien examiner les performances d’une ville. Il explique : « Ce que l’étude ne fait pas ressortir dans les tableaux est que Saint-Bruno se classe 2e sur les 26 Villes pour ce qui est du taux global de taxation par 100 000 $ d’évaluation, avec une valeur de 855,40 $ contre 1 127,11 $ pour la moyenne du groupe. C’est un écart favorable de 24,1 % pour les contribuables de Saint-Bruno. […] Ce qui compte pour les contribuables, c’est l’avis d’imposition qu’ils reçoivent et les taxes qu’ils doivent assumer. »
Parmi les éléments qu’il considère importants dans une analyse de la sorte, M. Arpin rapporte les suivants : l’utilisation de la base des taxes au lieu des dépenses, les services rendus, les dépenses autofinancées (ex : dans les loisirs, à Saint-Bruno), la multiplication des exigences réclamées par le gouvernement, entre autres. « Il y a beaucoup de dépenses qui sont incontournables dans ce qui précède. En rétrospective, il est facile de dire que les dépenses (de la Ville) ont beaucoup augmenté, mais lorsqu’on les considère dans les faits, plusieurs d’entre elles répondent à des exigences obligatoires. »
Ce qui sidère encore plus l’ancien conseiller municipal, c’est la « fausse réputation » donnée à Saint-Bruno avec de telles données : « Dommage que l’étude des HEC ne se consacre qu’aux dépenses. Au lieu de faire passer l’administration municipale de Saint-Bruno pour des cancres, en considérant la relation revenus/dépenses, nous aurions un résultat de surperformance. »


