Étude sur l’avantage du transport en commun sur la voiture dans le grand Montréal

Une nouvelle étude d’impact économique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), produite en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), révèle l’ampleur des dépenses associées au transport par automobile dans le Grand Montréal, versus l’investissement dans le transport collectif qui permet d’améliorer la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. 

Investir dans le transport collectif permet d’améliorer la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. 

C’est ce que révèle une étude d’impact économique réalisée conjointement par la CMM avec la CCMM. 

Pendant des décennies, les choix d’aménagement et de mobilité ont largement privilégié l’automobile, souligne l’étude intitulée Le transport collectif, un projet économique de société. Ce mode de transport est pourtant coûteux pour les ménages et offre un rendement limité pour la collectivité, générant davantage de coûts que de bénéfices. Pour bâtir une économie plus compétitive, attractive, solidaire et résiliente, les modèles de développement et de financement doivent évoluer en faveur du transport collectif, conclut l’étude.

Coûteux transport par automobile

En 2024, un peu plus de 2 millions de véhicules de promenade étaient en circulation dans la région métropolitaine de Montréal. Cette motorisation entraîne chaque année 24 milliards de dollars de dépenses pour les ménages du Grand Montréal. Les véhicules privés occupent d’ailleurs une part importante du budget des foyers motorisés, le transport étant habituellement le deuxième poste de dépenses le plus important, derrière le logement, mais devant l’épicerie.

L’importante motorisation du Grand Montréal a aussi un impact sur la congestion automobile, qui a conduit à des pertes économiques de 6 milliards de dollars en 2023, ce qui représente 2,1% du PIB de la région et près de 2 600 $ par véhicule en circulation. La vaste majorité de ces coûts (87 %) sont attribuables au temps perdu et aux retards, les automobilistes perdant près de 60 heures par année dans la congestion. En plus d’affecter la qualité de vie des personnes, la congestion mine la compétitivité des entreprises en raison des délais de livraison, des coûts logistiques additionnels et des retards qu’elle provoque.

L’analyse de la CMM démontre que le transport par automobile constitue un facteur d’appauvrissement. Cependant, la motorisation au Québec a connu une progression presque ininterrompue au cours des dernières décennies. À l’échelle du Québec, le ratio moyen de véhicule de promenade par personne âgée de plus de 20 ans est passé de 0,49 en 1978 à un sommet historique de 0,73 en 2021. Plus de trois-millions de véhicules se sont ainsi ajoutés sur les routes de la province. Le taux de motorisation est en moyenne 12 % plus faible sur le territoire de la CMM grâce à la présence de services de transport collectif.

Essentiel transport collectif

Investir dans le transport collectif est donc rentable, mais aussi nécessaire. L’absence de services de transport collectif aurait un impact dévastateur sur la congestion alors qu’environ 690 000 véhicules s’ajouteraient quotidiennement sur les routes du Grand Montréal, selon une évaluation de Golder Associés.

Le transport collectif favorise la croissance économique et la production locale, soutient la création d’emplois et réduit la congestion, souligne l’étude de la CMM. Il a aussi un impact direct sur les dépenses des ménages et leur résilience financière. Au cours des 15 dernières années, les ménages du Québec ont dépensé en moyenne 9 200 $ par année pour des véhicules privés. Puisque la disponibilité du transport collectif permet de réduire l’utilisation d’automobiles et les dépenses qui y sont associées, une transformation progressive du modèle d’aménagement et des pratiques de mobilité permettrait une réallocation des sommes consacrées à la voiture. Cela améliorerait le confort et le pouvoir d’achat de nombreux ménages et profiterait à l’économie québécoise.

Le transport collectif demeure par ailleurs un levier efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), alors qu’il en génère 3,5 fois moins que le transport automobile privé. En 2026, le coût social des émissions du transport s’élève à plus de 2,4 G$. Ces coûts sont liés notamment aux inondations urbaines, aux feux de forêt, aux canicules, aux vents violents et aux décès prématurés.

L’étude de la CMM conclut que chaque dollar investi dans le transport collectif contribue à l’atteinte de plusieurs cibles collectives en matière de développement économique, de santé, d’environnement, d’inclusivité et de mixité sociale. Il s’agit de l’un des secteurs économiques qui génèrent le plus de bénéfices et dans lesquels il est le plus rentable d’investir.

Dans le cadre des élections provinciales, la CMM demande aux partis politiques de s’engager à adopter un cadre financier pérenne et prévisible pour le transport collectif, un programme structuré de maintien des actifs et un rééquilibrage des investissements en mobilité dès 2028.