États-Unis: des snowbirds le retour du président à partir de la Floride

Des Julievilloises et des Montarvilloises vivent le retour du président des États-Unis à partir de la Floride. 

En novembre 2024, quelques jours après l’élection de Donald Trump comme 47e président des États-Unis, Francine Bergevin était dans l’incompréhension du choix des Américains.

Depuis leur retour en sol américain cet hiver, tous les mercredis matins, Mme Bergevin et son conjoint jouent au golf avec des Américains. Le couple est propriétaire d’une résidence en Floride depuis plusieurs années. « Quand Trump avait lancé que le Canada allait devenir le 51e État, ils se moquaient de nous », mentionne-t-elle sans répliquer à ses partenaires de golf.

Depuis, elle a toutefois senti de la part de ses collègues qu’ils commençaient à réaliser leur choix. « L’un d’entre eux m’a confié cette semaine qu’il ne voterait pas pour lui si les élections avaient lieu maintenant », raconte Mme Bergevin. Les Américains que le couple côtoie ne veulent pas le voir retourner au Canada. 

«L’économie de la Floride est tributaire des snowbirds.» – Raymonde Fortin

De nouvelles destinations

Raymonde et Roger Fortin regardent les différentes destinations pour l’hiver prochain, car le couple de Sainte-Julie ne retournera pas aux États-Unis. « Beaucoup de Québécois sont en réflexion », mentionne Mme Fortin, qui réside sur la côte est de la Floride. Un membre de sa parenté a d’ailleurs mis sa maison en vente après avoir passé près d’une vingtaine d’hivers en Floride.

Un emballeur, employé d’un supermarché qu’ils fréquentent, était même gêné, devant des clients québécois, des actions du président Trump à l’égard des Canadiens. « L’économie de la Floride est tributaire des snowbirds. Nous y sommes présents quatre, cinq ou six mois par année », explique Raymonde Fortin, qui note de l’inquiétude aussi chez les Américains. « C’est une société en ébullition. Nous n’avons aucune idée où ça s’en va », explique Roger Fortin. Selon ses observations des médias américains, des regroupements partout aux États-Unis s’organisent pour protester contre les décisions du 47e président, qui nuiront d’abord aux Américains.

Le couple termine son séjour en Floride à la fin du mois de mars. Il prévoit voyager en Europe dans les années à venir, un endroit où les deux sont allés des dizaines de fois, ou au Québec pour encourager l’économie locale. Entretemps, ils regardent comment adapter leurs achats quotidiens pour prioriser les produits québécois et canadiens dès leur retour dans quelques semaines.

« Mon impression à moi, c’est que les problèmes de tarifs vont se diluer lentement. C’est toutefois une occasion en or pour le Canada de faire les choses autrement », conclut M. Fortin.