En attente de leurs travailleurs étrangers
Producteurs de pommes
Les producteurs de pommes du Québec ont eu très peur de ne pas avoir de main-d’œuvre cette année pour ramasser leur production. Immigration Canada, après avoir rallongé les délais d’obtention de visa pour les travailleurs saisonniers sud-américains, a dû revenir sur sa décision sous la pression des producteurs.
Au Verger Paul Jodoin à Saint-Jean-Baptiste, ville voisine de Saint-Basile-le-Grand, le propriétaire avait fait le deuil des 11 travailleurs saisonniers qui devaient venir du Guatemala pour ramasser ses pommes.
« Un organisme à Montréal s’occupe de faire venir des travailleurs étrangers essentiellement du Guatemala pour ramasser mes pommes. Avec les ressortissants mexicains, la problématique ne se pose pas, car il y a des accords qui unissent nos pays. Cette année, pour la première fois, nous avons cru qu’il ne serait pas possible d’accueillir les travailleurs guatémaltèques », explique François Jodoin, le propriétaire.
L’Union des producteurs agricoles (UPA) et les Producteurs de pommes du Québec (PPQ) ont exigé à la fin du mois d’août une action immédiate des autorités fédérales face à la problématique reliée à l’obtention du deuxième permis de travail pour les employés bénéficiant du programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) – volet agricole.
Une production importante
« Pour une deuxième année consécutive, les délais de traitement des demandes chez Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) sont inacceptables et menacent de nombreuses entreprises pomicoles québécoises. En effet, environ 15 % de la récolte québécoise pourrait être perdue faute de travailleurs étrangers temporaires, des revenus de 6 à 8 millions de dollars sur lesquels les producteurs ne pourront compter », indiquait alors l’UPA.
Québec sera cette année, la première province au Canada productrice de pommes, devançant la Colombie-Britannique et l’Alberta.
Les travailleurs étrangers temporaires, oeuvrant tout l’été sur les terres agricoles québécoises et désirant prolonger leur séjour pour participer à la récolte des pommes, doivent maintenant demander un second permis de travail lorsqu’ils changent d’employeur, ce qui n’était pas le cas auparavant. De plus, CIC a décidé en juillet dernier d’allonger le traitement des demandes qui passeraient de 7 à 14 semaines. « Ce délai fait en sorte que des travailleurs qui devaient commencer la cueillette à la mi-septembre arriveraient à la ferme trop tard pour la récolte », explique Daniel Ruel, porte-parole des producteurs.
Période électorale
Finalement, M. Jodoin a eu la confirmation qu’il pourrait recevoir les 11 cueilleurs guatémaltèques à temps pour la période des récoltes, entre le 10 septembre et le 10 octobre. « Sur ma ferme, la problématique n’aurait pas été catastrophique. Nous étions déjà 120 cueilleurs, mais on m’a bien confirmé que les 11 travailleurs auront bien leur visa de travail à temps. Le fait qu’on soit en période électorale a énormément joué pour débloquer la situation », de conclure M. Jodoin.
Même si l’UPA semble optimiste, elle attend de voir les permis délivrer aux travailleurs. « C’est supposément une affaire réglée, nous vérifierons ça la semaine prochaine », indique M. Ruel.


