Éducation : les étudiants et le temps
Sans le cellulaire à l’école, les jeunes perdent leurs repères pour connaître l’heure.
« Les jeunes demandent beaucoup l’heure. Ça ne semble pas être acquis de lire les horloges », souligne le directeur de l’école secondaire du Grand-Coteau, Marc-André Meunier.
Le sujet a fait les manchettes à la suite de la rentrée scolaire. Sans cellulaire, ni montre intelligente, les élèves n’ont pas accès à l’heure, ce qui occasionne pour certains des retards en classe.
L’école secondaire du Grand-Coteau est considérée comme une plus petite école, selon le directeur. La configuration des lieux évite aux élèves de se retrouver isolés. « Je ne dirais pas qu’il y a des retards. Par contre, nous avons reçu le commentaire des élèves et je me suis fait demander l’heure souvent. Nous sommes donc en réflexion sur la façon d’intégrer des cadrans numériques à certains endroits. Nous sommes en processus d’acquisition », affirme Marc-André Meunier.
École secondaire du Mont-Bruno
« Ça doit faire au moins cinq, sinon dix ans, que les jeunes ne connaissent plus l’heure », renchérit le directeur de l’école secondaire du Mont-Bruno, Robert D’Aquila.
Selon lui, les jeunes ont perdu leurs repères avec la venue du numérique. « Ils n’ont pas été sensibilisés à cela. Ça doit faire dix ans que l’on travaille là-dessus, surtout les enseignants en mathématiques, qui doivent revoir leur approche. Les élèves n’ont plus de repères », ajoute M. D’Aquila, qui évoque un retour du balancier.
« À l’agora et à la cafétéria, tout est analogique. Un élève qui arrive en retard, ça ne date pas d’hier. Même avec leurs téléphones cellulaires, ils arrivaient en retard, malgré deux et trois alertes différentes », poursuit-il.
Les retards ne sont pas à la hausse. Toutefois, les règles du code de vie de l’école ont permis de resserrer la tolérance en ce sens. « Ça devenait un problème, même avec le cellulaire en leur possession. »
Collège Trinité
Le phénomène des retards en classe n’a pas été observé au Collège Trinité. Il faut rappeler que le cellulaire est interdit dans cette école depuis plus longtemps que l’ensemble des établissements scolaires de la province.
L’heure est indiquée par une horloge analogique dans chaque classe. Elle apparaît aussi sur les écrans installés dans les couloirs et les cafétérias.
« Il est toujours permis aux élèves d’avoir une montre traditionnelle », note la porte-parole de l’établissement, Stéphanie Hamel.
Pour informer les étudiants sur l’heure, il y a aussi, dans la plupart des écoles, une cloche qui retentit à quelques reprises pour annoncer le début et la fin des cours, de même que la fin des pauses.
