Directeur des finances de Saint-Basile : Normand Lalande à la retraite

Le directeur des finances de la Ville de Saint-Basile-le-Grand, Normand Lalande, a pris sa retraite le 23 juin dernier après 36 ans de carrière. Entrevue.

Normand Lalande a en quelque sorte pris la relève de son père, Martial Lalande, au poste de trésorier de Saint-Basile. M. Lalande, le père, a été le premier à prendre possession du 204, rue Principale, un petit bureau à l’époque, en 1963 ou 1964. Son fils, Normand, a été embauché par la Ville en 1984, d’abord en tant que comptable. Trente-six années plus tard, c’est à son tour de tirer sa révérence. « Je quitte avec le sentiment du devoir accompli, déclare Normand Lalande dans une généreuse entrevue accordée au Journal de Saint-Basile. J’ai travaillé 36 ans pour la Ville dans laquelle je demeure. Je suis fier et heureux de ce que j’ai réalisé. C’est aussi beaucoup de satisfaction. »

Afin de profiter de sa retraite, l’homme de chiffres souhaite voyager. Ce n’est pas un plaisir qu’il s’est accordé souvent au cours des années. « C’est mon projet le plus cher. J’aimerais aller dans l’Ouest canadien », confie celui qui veut aussi consacrer du temps à sa famille. Père de deux enfants, il est également grand-papa à cinq occasions.
Quand on lui demande si ses enfants suivent ses traces comme il a marché dans les pas de son père, l’homme répond que son fils est directeur de comptes dans un bureau de marketing. Quant à sa fille, elle œuvre dans le même domaine que sa mère, en garderie.

Pluie d’éloges

Le maire de Saint-Basile, Yves Lessard, n’a pas tari d’éloges à propos de ce collègue aux finances lors de l’assemblée régulière du mois de mai. Il tenait à souligner son départ prochain. « Notre directeur des finances, celui que j’appelle parfois notre ministre des Finances, Normand Lalande, prendra sa retraite en juin après 36 ans. Il a su marquer la Ville par son dévouement, sa loyauté envers la Municipalité, sa compétence aussi, et je dirais son empathie pour les citoyens de Saint-Basile », a déclaré M. Lessard.

« Je me suis réalisé là où je suis né. » – Normand Lalande

Puis, le premier magistrat a ajouté : « Lorsqu’on parle de finances avec Normand, on ne parle pas seulement de finances. On parle des êtres humains, des citoyens de Saint-Basile. Quand l’occasion s’y prête et que l’on aborde une question financière sur le plan d’un problème, Normand nous arrive toujours avec cette dimension humaine pour les services et le mieux-être collectif de nos citoyens. »

Au journal, Normand Lalande a admis qu’il avait reçu ces éloges avec émotion et humilité. « Des propos très flatteurs. Les membres du conseil m’ont aussi parlé. Des commentaires très appréciés. »

Dans son témoignage, le maire a aussi souligné que c’était un honneur de travailler avec Normand Lalande. Il l’a qualifié de grand serviteur d’État. « Dans d’autres vies, j’ai connu ce que l’on appelait des grands serviteurs d’État. Des gens qui passent d’une administration à l’autre, peu importe l’administration, peu importe les travers de l’administration, ou encore du conseil municipal. Ces serviteurs sont là avec loyauté et en soutien à leur conseil. C’est très précieux pour la bonne gouverne d’une Municipalité », de partager avec nous Yves Lessard, quelques minutes avant le dépôt du rapport financier 2020 consolidé de Saint-Basile.

Surplus de 3 M$

À cette occasion, le conseil municipal a annoncé un surplus de près de 3 M$, soit 11,2 % des revenus totaux budgétés. Ces surplus s’expliquent en partie grâce aux revenus supplémentaires non prévus et au contrôle serré des dépenses de fonctionnement. Parmi les revenus supplémentaires, notons par exemple l’aide financière provenant de Québec afin d’atténuer les répercussions de la pandémie sur les finances municipales. Un octroi financier à Saint-Basile de l’ordre de 1 277 000 $.

Pour le trésorier à la retraite, ces surplus de 3 M$ – les plus élevés depuis quelques années – sont tout à fait ponctuels et ne devraient pas se répéter. « Le retour financier du gouvernement par rapport aux effets de la pandémie et l’annulation d’événements sportifs et culturels ne vont pas se répéter », plaide-t-il.

Naître, grandir, travailler… à Saint-Basile

L’histoire de Normand Lalande fait penser au personnage de la chanson « Small Town », de John Mellencamp : « I was born in a small town, And I live in a small town […] My parents live in the same small town, My job is so small town… » C’est exactement la vie de Normand Lalande. Il est venu au monde à Saint-Basile. Il demeure dans ce patelin. Ses parents se sont installés dans la ville. Puis c’est ce même endroit où il a travaillé pendant plus de trois décennies. « J’aurais pu aspirer à travailler dans une plus grande ville, mais ce n’était pas l’objectif. Je me suis réalisé là où je suis né », évoque-t-il fièrement.

Au cours de ces années, il a vu la ville évoluer et se développer. Ce qu’il constate, c’est que le train qui divise aujourd’hui le territoire grandbasilois en deux est une caractéristique indissociable de Saint-Basile. « Mon père est arrivé ici en 1955. Quand il travaillait au centre-ville, il prenait le train jusqu’à la gare centrale. En 2021, on parle encore du train. C’est un transport qui a permis le développement de Saint-Basile.

Selon le Grandbasilois, la Municipalité s’en va dans la bonne direction tout en étant à une croisée des chemins dans son développement domiciliaire. Il souhaite que le projet de construction sur l’ancien site de Maison Éthier se concrétise. « Ça permettrait de faire croître notre assiette fiscale. Le dossier du secteur sud-ouest de la gare doit aussi débloquer. Cela donnerait un autre effet de levier, fiscalement parlant! »

Enfin, il est fier de laisser le Service des finances à une jeune équipe qui saura reprendre le flambeau. « Tous les outils sont en place pour eux. La relève est assurée », conclut Normand Lalande.