Deux cancers et une entreprise
Annie Robert, propriétaire du nouveau SPA Sora à Saint-Bruno
La propriétaire du nouveau SPA Sora, à Saint-Bruno-de-Montarville, doit, en plus de faire sa place dans le monde de l’entrepreneuriat, se battre contre un cancer du sein qu’elle croyait avoir vaincu. Forte de toute son énergie, Annie Robert ne perd pas espoir et veut prendre soin des autres.
« J’ai eu un premier cancer du sein il y a cinq ans. Aux deux mois de ma fille, je devais suivre ma chimiothérapie, des opérations, des radiothérapies… Je n’avais plus l’énergie d’exercer mon ancienne activité dans le milieu bancaire, trop stressant », explique Mme Robert. C’est alors qu’elle décide de faire ce qu’elle a toujours rêvé de faire, de la manucure. « Mes amies proches ont ri de moi en me disant que cela ne me correspondait pas et en effet, 1 an et demi après, j’avais fait le tour du sujet. »
Après plusieurs voyages, des salons d’esthétique, le SPA Sora commence à prendre forme dans l’esprit de Mme Robert, qui, en 2014, amorce le projet d’ouvrir son commerce. « J’ai cherché à acheter un institut, mais ne trouvant pas d’endroit qui me ressemblait vraiment, j’ai décidé de bâtir mon entreprise. »
SPA Sora
La première vision du SPA Sora qu’ont les clients des Promenades St-Bruno, ce sont ces centaines de cocottes en papier suspendues dans la vitrine. En fait, ce sont 3000 grues en origami, pliées par trois employés dans l’espoir de voir la propriétaire des lieux guérir rapidement. « La légende des mille grues est originaire du Japon. On raconte que si l’on plie 1000 grues en papier dans l’année, on peut voir son vœu de santé, de longévité, d’amour ou de bonheur exaucé. On offre les 1000 grues à une personne malade afin de lui procurer courage et volonté. » Cette légende, gravée dans les murs du SPA Sora, est inspirée de Sadako Sasaki, une survivante du bombardement atomique d’Hiroshima. Elle décida de plier 1000 grues pour guérir. Elle mourut de la leucémie, après avoir plié 644 grues. Sora, en japonais, signifie ciel.
Rechute
Un an avant la rémission de la maladie, en pleine construction de sa nouvelle entreprise, Mme Robert apprend que le cancer est revenu. « En novembre, j’ai recommencé tout le processus. J’étais très active auprès de la Source Bleue, un organisme qui aide les personnes en fin de vie. Après ma rechute, je n’ai plus réussi à y retourner. » Mais sans perdre sa motivation, elle est allée jusqu’au bout de son projet et le 1er avril, le SPA Sora a pu ouvrir ses portes.
La propriétaire a voulu garder cette affiliation avec des associations militant contre le cancer du sein, de la prostate, du cerveau, avec la Source Bleue ou encore avec l’Opération Enfant Soleil, mais elle le fait désormais d’une autre manière. « Je donne chaque mois 10 % de la recette d’un soin procuré à la clientèle, avec toujours un minimum de 200 $. Je participe aussi à des événements caritatifs. »
Gratuit deux jours
En plus du hammam, du sauna, du bain à remous et des nombreux soins proposés, on retrouve un soin qui tient à cœur à la chef d’entreprise : l’oxygénothérapie. « Ce soin m’a beaucoup aidée. Avec ma radiothérapie, j’avais des brûlures, je perdais ma peau. » Alors qu’elle perdait aussi ses cheveux lors de son premier traitement, à 30 ans, elle a retrouvé confiance en elle grâce à son esthéticienne à l’époque. « Elle a su trouver les mots. Elle est aujourd’hui l’esthéticienne en chef du SPA Sora. »
Les 5000 pieds carrés du nouvel établissement aux Promenades St-Bruno ne sont là que pour une raison, d’après la propriétaire : « Prendre soin de tous et redonner à son prochain. D’ailleurs, les 8 et 16 décembre, mon cadeau de Noël sera de proposer un essai gratuit au public du hammam. Pour ces deux jours, il y aura une réduction de 50 % sur tous les soins aussi. »
Comme Mme Robert regarde toujours vers l’avenir, elle compte d’ici 15 ans avoir 10 autres SPA et devenir une référence de qualité dans les soins prodigués.

