Des villes plus timides a faire face aux géants du Web
La prise de position des géants du Web face au projet de loi C-18 a soulevé de vives réactions partout au Canada. Au Québec, beaucoup sont solidaires pour ne plus acheter de publicité sur Meta.
« En solidarité avec les médias et pour favoriser un environnement démocratique et médiatique sain, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) cesse dès maintenant toute publicité sur son compte Facebook. L’UMQ suggère aux Municipalités de cesser toute publicité sur Facebook et Instagram. » Voilà comment, le 5 juillet, l’UMQ venait en soutien au projet de loi C-18. Le projet de loi fédéral prévoit d’obliger aux géants du Web de rémunérer les médias pour l’utilisation de leurs contenus. Meta a déjà indiqué qu’elle n’appliquerait pas cette loi canadienne si elle était adoptée. L’entreprise préfère cesser le partage des articles des médias sur son fil d’actualité. Google a menacé le gouvernement d’appliquer la même méthode au cas où la loi serait adoptée, mais à la différence de Meta, l’entreprise tente encore de s’entendre avec le gouvernement canadien.
Derrière C-18
Devant l’attitude des géants du Web, tous les partis politiques fédéraux, à l’exception du Parti conservateur, ont appuyé le projet de loi. Ottawa a mis fin aux publicités diffusées sur les plateformes de Meta, comme le gouvernement du Québec. Plusieurs Villes, comme Montréal, Longueuil, Chambly, Richelieu et Carignan, ont emboîté le pas. La Chambre de commerce et d’industrie de la Vallée-du-Richelieu a rejoint assez rapidement le mouvement. « La décision de Meta de bloquer le contenu journalistique canadien nous préoccupe grandement. En soutien à nos médias locaux, nous suspendons, jusqu’à nouvel ordre, toutes nos publicités sur Facebook », explique l’organisation.
L’UMQ rappelle qu’elle a pris cette décision « le temps que Meta reprenne les discussions sur l’application du projet loi C-18 : Loi concernant les plateformes de communication en ligne rendant disponible du contenu de nouvelles aux personnes se trouvant au Canada ».
Nos municipalités
Dans les villes que couvre le journal, seule la Ville de Saint-Basile-le-Grand semble suivre l’appel de l’UMQ même si elle prépare actuellement « son arrivée sur les réseaux sociaux, donc, aucun budget n’est alloué pour l’achat publicitaire. L’accès à de l’information officielle et validée demeure primordiale pour éviter la désinformation. Actuellement, plusieurs organisations et Villes effectuent des moyens de pression. Si les moyens de pression modifient la position de Meta, la Ville pourra reconsidérer sa position ».
Saint-Bruno-de-Montarville et de Sainte-Julie poursuivront pour l’instant l’achat de publicité sur Meta.
« Dans ce contexte, la Ville ne souhaite prendre aucune décision précipitée et établira la meilleure position lui permettant de joindre efficacement ses citoyens, tout en demeurant solidaire des médias locaux et nationaux », d’indiquer la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Cette dernière n’a cependant pas pris la décision de suivre les recommandations de l’UMQ et continuera de faire ses annonces sur Meta. Saint-Bruno souhaite préciser que « les montants investis sur Facebook, qui visent principalement à élargir la diffusion de certaines de nos communications auprès des citoyens, restent très faibles ». La Ville indique que depuis le début de l’année, ses dépenses sur la plateforme sont d’un peu plus de 1000 $.
Le constat est le même pour la Ville de Sainte-Julie. « Nous suivons de près l’évolution de ce dossier. La priorité de la Ville est de bien joindre ses citoyens et nous utiliserons les outils qui le permettent tout en limitant au strict nécessaire l’emploi de publicité sur ce moyen de communication. » La Ville de Sainte-Julie rappelle que pour toute l’année 2022 « nous avons dépensé autour de 700 $ sur cette plateforme ».
