Des transferts d’intervenants qui inquiètent les femmes

Le transfert d’intervenants sociaux des CLSC vers les Groupes de médecine familiale (GMF) inquiète grandement les dirigeants de la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM).
Ce transfert de ressources humaines issu de la réforme du ministère de la Santé et des Services sociaux devrait toucher 50 % des intervenants sociaux dans les cliniques privées. « Nous sommes inquiètes de la réduction des services offerts dans le réseau public au profit du développement d’un réseau de cliniques privées », indique Véronique Pronovost, agente de communication pour la TCGFM.
Ce qui dérange particulièrement les groupes de femmes, c’est le fait qu’avant de pouvoir consulter un intervenant social dans un GMF, les gens devront auparavant rencontrer un médecin. « Encore beaucoup de Québécois n’ont pas de médecin de famille et même pour ceux qui en ont, le temps d’attente pour avoir un rendez-vous est souvent très long », ajoute Mme Pronovost.

« Ce projet n’est vraiment pas bien ficelé. » – Véronique Pronovost

L’agente de communication poursuit en indiquant que la semaine dernière, l’administration du CISSS de la Montérégie-Est a soutenu qu’elle remettait à l’automne le transfert qui devait au préalable se faire d’une semaine à l’autre. « Pour nous, ça ne fait que démontrer que ce projet n’est vraiment pas bien ficelé. »
L’administration du CISSS de la Montérégie-Est a été mise sur la loi 20 qui prévoit l’attribution d’un médecin de famille à chaque citoyen en prévoyant une diminution de la demande de service au sein des CLSC au profit des GMF. Cette stratégie soulève plusieurs questions pour les membres de la TCGFM : « Cela fait plus d’une décennie que Québec promet l’attribution d’un médecin de famille à l’ensemble de la population sans y parvenir. Aussi, dans le contexte actuel et considérant l’existence de listes d’attente de plusieurs mois avant d’avoir accès à une ressource en santé mentale au sein de nos CLSC », rappelle Mme Pronovost.
Elle soutient que le Conseil d’administration du CISSS de la Montérégie-Est a confirmé qu’il manquait 65 % des ressources humaines pour répondre au plan gouvernemental en termes de santé mentale. « Fonctionnant déjà en sous-effectif chronique, nous ne pouvons qu’être préoccupées pour la suite des choses. »
Elle termine en indiquant que la TCGFM a constaté un accroissement du nombre de femmes ayant des problématiques de santé mentale qui fréquentent les groupes et les centres de femmes qu’elle représente. « Malheureusement, ces organisations n’ont ni les ressources ni l’expertise pour répondre à cette demande qui ajoute de la pression sur des organismes déjà surchargés. La réponse à ce transfert ne doit pas se trouver dans le milieu communautaire. La santé est une compétence et une responsabilité provinciales centrales et elle doit le demeurer. »