Des gens n’ont pas été rémunérés
Festival bières et bouffe à Saint-Bruno
Le 1er Festival bières et bouffe s’est déroulé sous le soleil du 29 juin au 1er juillet dernier à flanc de montagne, à Saint-Bruno. Or, une ombre plane au-dessus de l’événement.
Le Festival bières et bouffe a eu lieu à la station Ski Saint-Bruno alors qu’une partie de la province entrait dans une période de canicule. Au menu, des microbrasseurs et des restaurateurs de la région faisaient découvrir aux visiteurs leurs différents produits. Pour se distinguer des autres rendez-vous de la sorte, on avait évoqué un festival axé sur la famille, avec structures gonflables, station de bungee trampoline, ainsi que spectacles de fins de soirée. « L’événement en lui-même s’est bien passé, affirme le porte-parole de l’événement, Alain Brodeur, que le journal Les Versants a joint. Nous avons fait face à quelques ratés le vendredi, mais avec des ajustements, nous avons su rectifier la chose. »
« Le promoteur a des dettes auprès de plusieurs, et ce n’est pas demain matin qu’il les remboursera. » – Michel Couture
Environ 2 500 visiteurs ont franchi les portes du site pour la période de trois jours que durait le Festival bières et bouffe. « C’est moins de gens qu’on pensait accueillir, admet le porte-parole. Mais pour une première édition, il faut tout de même parler de satisfaction. »
Des ratés
Parmi les ratés, mentionnons quelques annulations de dernière minute chez les microbrasseurs et restaurateurs, ce qui a forcé les organisateurs à jumeler certains kiosques ensemble.
Mais il y a pire. En effet, le journal a appris que plusieurs entreprises et fournisseurs ayant travaillé pendant cet événement n’auraient pas été payées. L’un d’eux, qui était chargé de la sécurité, François Plaisance, a déclaré : « Beaucoup de fournisseurs et d’employés ont été approchés pour travailler lors de ce festival et n’ont pas été payés par la suite. En fait, personne n’a été payé. »
Selon ce dernier, c’est une somme évaluée entre 60 000 et 80 000 $ qui n’aurait pas été remise aux travailleurs. « Juste pour la sécurité, j’avais remis une soumission de 10 000 $. J’avais entre 10 et 15 agents avec moi », ajoute M. Plaisance.
Une autre source, qui a préféré demeurer anonyme, ajoute que les gens de l’entretien et de la firme de sécurité, de même que des fournisseurs, attendent encore leur chèque.
Alain Brodeur admet qu’il a entendu parler de cette controverse, mais il n’en sait pas plus. Il a été recruté par le promoteur du Festival bières et bouffe, Rony Thélémaque, pour coordonner l’événement et dit avoir travaillé près de 190 heures pour préparer le rendez-vous estival. Il affirme ne pas avoir été payé : « C’est dommage, parce que c’était un beau concept. »
En compagnie de Rony Thélémaque, M. Brodeur a organisé la première de Festival bières et bouffe à partir du mois de janvier dernier.
Impliqué à titre locatif et d’observateur
Pour sa part, le président directeur-général de Ski Saint-Bruno, Michel Couture, a déclaré au journal que la compagnie l’avait approché il y a plusieurs mois afin de louer le site de la station. « Nous lui avons loué l’endroit afin qu’il puisse opérer la première de son festival. Notre implication se limitait à jouer un rôle d’observateur afin de connaître l’intérêt des gens pour ce genre d’activité », résume Michel Couture, qui a fait appel à une dizaine d’employés de son entreprise avant, pendant et après le Festival. Ceux-ci ont été payés par Ski Saint-Bruno.
Cependant, Ski Saint-Bruno fait maintenant aussi partie des fournisseurs non-payés, s’il faut croire le PDG : « Nous sommes dans la même situation parce que nous lui avons avancé des frais locatifs. C’était un risque que nous étions prêts à assumer, au cas où l’événement ne fonctionne pas. C’était une chance à prendre. »
Pas le succès espéré
Pour l’entrepreneur, le 1 Festival bières et bouffe n’a pas connu le succès escompté, et ce, même s’il lui décerne une note de 8,5/10 pour son organisation. Michel Couture met le blâme sur plusieurs raisons : la canicule (il n’y avait pratiquement personne en journée), l’ampleur du rendez-vous, qui se déroulait sur trois jours, l’absence de billets vendus (selon lui, 5 000 à 6 000 visiteurs auraient permis un équilibre dans les dépenses), ainsi que la faiblesse de la campagne publicitaire. « À environ une semaine du début, nous nous sommes rendus compte que la diffusion n’avait pas été assez forte. Le projet n’a pas été propulsé comme il aurait dû. »
Selon M. Couture, l’entreprise qui présentait le Festival bières et bouffe doit « une bonne somme » à Ski Saint-Bruno. « Le promoteur a des dettes auprès de plusieurs, dont nous, et ce n’est pas demain matin qu’il les remboursera. Il estime qu’il prendra deux ans pour payer tout le monde. Je sais qu’il est actuellement en train de monter son entente de règlements. Il structure son financement. Il reste à attendre », poursuit Michel Couture.
Au moment de mettre sous presse, le promoteur de l’événement, Rony Thélémaque, n’avait toujours pas rappelé le journal Les Versants.
Pour Michel Couture, la morale de cette histoire est claire : le dossier est fermé et Ski Saint-Bruno ne tiendra plus d’événements avec cet homme. « Il n’y aura pas d’autres activités du genre sans qu’elles soient piloter et contrôler par nous. À l’avenir, nous allons nous impliquer directement afin de maintenir un certain standard. »
Rappelons qu’en août dernier, le ministère du Tourisme annonçait un investissement de 2 millions de dollars à Ski Saint-Bruno.
Un dossier à suivre…
QUESTION AUX LECTEURS :
Avez-vous déjà vécu une histoire semblable?


