Des frais d’avocats pour 143 000$

Saint-Bruno, Brossard et Saint-Lambert se défendront contre Longueuil

Me Marc Laperrière défendra les intérêts des Villes de Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert contre la requête introductive auprès de la Cour supérieure du Québec déposée par la Ville de Longueuil. Un élu de l’opposition à Saint-Bruno s’indigne du processus judiciaire coûteux que devront supporter les citoyens.


Des frais d’avocats de 143 000 $, partagés par les trois municipalités, seront reliés à la procédure. Saint-Bruno-de-Montarville s’acquittera d’une somme calculée proportionnellement à sa population, soit un peu plus de 30 000 $. « Nous donnons le mandat à Me Laperrière pour s’opposer à l’adoption du règlement sur le partage des dépenses mixtes de l’agglomération devant la Commission municipale du Québec et pour contester la requête introductive d’instance en jugement déclaratoire de la résolution déposée à la Cour supérieure par l’agglomération de Longueuil », précise la résolution votée à Saint-Bruno-de-Montarville lors de la dernière assemblée publique du conseil municipal.

Le 11 décembre 2014, les trois Villes dénonçaient, lors du conseil d’agglomération, la gestion de l’institution qu’ils considèrent comme illégale. Depuis, les désaccords entre Longueuil et les trois Villes vont crescendo. « On est regardés de très haut. On nous dit quoi faire, on n’a pas droit au chapitre. On est dans une situation où il faut se défendre », a indiqué au conseil municipal Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

Les maires de Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert auraient rencontré le ministre des Affaires municipales la semaine dernière, Pierre Moreau, ce qui n’aurait pas fait le bonheur de la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, selon le journal La Presse.

Les trois maires reprochent à Longueuil de leur imposer une facture gonflée de 40 millions pour leur participation à l’agglomération. En guise d’exemple, le maire de Saint-Bruno n’hésite pas à montrer du doigt la gestion du réseau de transport de Longueuil (RTL). « Nous devons participer à hauteur de 6,5 millions de dollars par année pour notre système de transport en commun dans l’agglomération, sans avoir la flexibilité de la Ville de Sainte-Julie, qui gère elle-même son système de transport en commun qui ne lui coûte que 3,9 millions. »

Oui, mais…

« Les trois Villes vont dépenser beaucoup d’argent avec les taxes des citoyens, Longueuil fera de même. Nous irons devant la Cour municipale payée avec nos impôts ainsi que devant la Cour Supérieure du Québec payée aussi avec nos impôts. Finalement, peu importe qui va gagner, c’est toujours le citoyen qui va perdre », a mis de l’avant André Besner, conseiller municipal de l’opposition qui a été le seul à voter contre la résolution d’accorder le mandat à Me Laperrière de défendre les intérêts de Saint-Bruno.

Thérèse Hudon et Michael O’Dowd, les deux autres conseillers de l’opposition, se sont dissociés de leur collègue en votant pour la résolution. « Il faut se défendre. Trouver une solution politique négociée. C’est un dossier majeur pour la Ville. Oui, il faut que la question du partage des dépenses soit plus transparente », a expliqué Thérèse Hudon.

Dix ans après la création de l’agglomération de Longueuil, l’union des cinq Villes n’aura jamais été aussi fragile.