Des élus appuient le Comité
Comité sécurité ferroviaire Rive-Sud
Élus municipaux, provinciaux et fédéraux se sont rassemblés, vendredi dernier, pour répondre à l’appel du comité citoyen Sécurité ferroviaire Rive-Sud. Le comité a été créé en 2015 pour sécuriser le tronçon ferroviaire Saint-Lambert / Sorel.
Les citoyens de la Rive-Sud se mobilisent depuis avril pour contrer l’abondance des wagons de produit dangereux qui sillonnent le tronçon entre Saint-Lambert et Sorel. Ils demandent, à chaque personne rencontrée, de signer une pétition réclamant au gouvernement fédéral de sécuriser le trajet.
Tous les maires de l’agglomération de Longueuil étaient présents ou représentés, à l’exception de la Ville de Saint-Lambert, où seul le conseiller Jean-Pierre Roy s’était déplacé de sa propre initiative. Diane Lamarre, députée de Taillon, Martine Ouellet, députée de Vachon et porte-parole aux transports pour le Parti québécois et Hoang Mai, député fédéral de Brossard – La Prairie, responsable des transports au NPD, étaient aussi présents pour donner leur accord au mouvement citoyen et signer la pétition.
Le porte-parole du regroupement Sécurité ferroviaire Rive-Sud, Rémi Tremblay, demande des changements urgents. « Nous voulons mettre en avant les lacunes d’une industrie qui a été à l’origine de la tragédie de Lac-Mégantic. Les normes de sécurités actuelles sont insuffisantes, alors que nous voyons une augmentation constante du transport de matières dangereuses en train. » Il préconise un moratoire sur les matières dangereuses circulant sur rail, la fixation d’une vitesse sécuritaire, une limite de poids par wagon, la construction de murs coupe-son ou encore la construction d’une voie ferrée de contournement pour éviter les zones les plus populeuses.
Enjeu politique
M. Mai encourage la demande citoyenne. « Aujourd’hui, nous écoutons ce que les citoyens ont à dire, mais il faut aussi écouter les municipalités. Il est nécessaire de mettre fin à l’autoréglementation de cette industrie. En ce qui concerne la voie de contournement, il faudra voir ce que les municipalités demandent. Contourner Saint-Lambert, par exemple, voudrait dire qu’il faudrait construire un nouveau pont », précise le député fédéral de Brossard – La Prairie. « Les infrastructures depuis 1995, date de la privatisation des transports ferroviaires, manquent d’entretien, alors que l’on a assisté à un développement fulgurant du transport par rail du pétrole provenant des sables bitumineux », soutient Mme Ouellette
Isabelle Bérubé, conseillère municipale à Saint-Bruno, responsable des transports, représentant le maire Martin Murray, est en total accord avec le comité citoyen. « Il faut une prise de conscience de nos citoyens. Comme municipalité, nous avons une responsabilité de savoir ce qui circule sur notre territoire. En cas d’incident, nous sommes les premiers à devoir agir et pourtant, il n’y a pas d’interaction entre la Ville et le bureau de la sécurité des transports du Canada. »
Le comité citoyen continuera à être présent dans différents événements sur le territoire pour faire signer physiquement sa pétition qu’il compte remettre à la Chambre des communes à Ottawa.
Produits dangereux transportés
Depuis 2007, la Ville connaît le nombre de trains transportant des matières dangereuses qui traverse son territoire. En 2013, «ammoniaque, peroxyde, pesticides, hydrosulfures, dioxyde de soufre, acide sulfurique, styrène, chlore et propane sont les neuf substances dangereuses répertoriées», indiquait la municipalité à l’époque. L’acide sulfurique, le chlore et le propane étaient les matières les plus représentées avec respectivement 4130, 6725 et 2228 wagons par année.


