Des Carignanois veulent s’annexer à Saint-Bruno

« Carignan sur le golf »

Des citoyens du quartier « Carignan sur le golf », situé au sud 116, souhaitent être annexés à la municipalité de Saint-Bruno, à cause de « l’existence de plusieurs problèmes de nature locale ». Une pétition de 165 noms a été déposée en séance extraordinaire lundi soir, à cet effet.

La pétition circule depuis le 21 avril dernier. Les propriétaires de 92 résidences, sur 122 que compte le secteur, ont été rencontrés. À ce jour, 165 signatures ont été récoltées et une vingtaine de maisons restent à être visitées, sur les rues Antoine-Forestier et Jean-de-Fonlange.

Les citoyens expliquent leur démarche ainsi : ils sont insatisfaits des relations qu’ils entretiennent avec leur municipalité en raison de la distance qui les sépare du reste du territoire développé; la fourniture des services municipaux est inadéquate (bibliothèque, sécurité publique et d’urgence absente sur le territoire, services des loisirs, etc.); ils ont plus d’affinités avec les Montarvillois et s’identifient plus à Saint-Bruno; les services publics d’alimentation en eau potable et d’égouts sanitaires sont déjà fournis par Longueuil et Saint-Bruno; et le quartier est complètement enclavé et séparé du reste de la partie urbanisée de Carignan, ce qui les amène à franchir 20 km minimum pour se rendre au cœur de la ville.

Les résidants de ce secteur payent en effet déjà à Saint-Bruno, par leurs taxes municipales, pour la fourniture de l’eau, la récupération et le traitement des eaux usées, et le transport en commun, de par l’Entente intermunicipale signée en 2004 entre Longueuil et Carignan.

Toute une surprise pour Carignan

Le maire de Carignan, René Fournier, s’est dit très surpris de cette nouvelle, au lendemain du dépôt de la pétition. Il souhaite bien entendu rencontrer les citoyens, le maire Murray et la MRC pour en discuter dès la semaine prochaine. « C’est sûr que l’on devra prendre position dans ce dossier. À mon avis, je ne pense pas que l’on s’en aille vers un accord, parce que la Ville va éclater si on fait cela avec les autres résidants qui vivent près de Longueuil, de Saint-Jean-sur-Richelieu, de Chambly et de Saint-Hubert, exprime M. Fournier. Au bout de la ligne, je pense que ce sera au ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), Pierre Moreau, de trancher. »

Et l’opinion des Montarvillois?

Martin Murray n’écarte pas l’idée de demander l’opinion des Montarvillois si « une certaine réticence à accueillir ce territoire se manifeste. S’il y avait une levée de bouclier des Montarvillois, nous le reconnaîtrions. Mais normalement, tout le processus de la tenue d’un registre ou d’un référendum appartient d’abord aux citoyens de Carignan. » Le maire ajoute : « Nous allons leur donner tout le coup de pouce nécessaire dans le processus pour ce soit le moins lourd possible pour eux. »

Pour Saint-Bruno, l’annexion de ce secteur apporterait des revenus annuels en taxes de l’ordre de 545 000 $, ce qui représente actuellement près de 8 % des revenus de taxes à l’évaluation de la Ville de Carignan, en 2014. Avec les nouvelles constructions, l’on se rapprocherait de 700 000 $ de revenus.

Soucieuse de respecter le processus démocratique, la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville rapporte qu’elle gère ce dossier selon les étapes prévues à cet effet par le Ministère des Affaires municipales et Occupation du territoire.

Le projet de règlement sera déposé et présenté en détail lors de la séance ordinaire du conseil, la semaine prochaine. Par la suite, il sera transmis à la Ville de Carignan et à la MRC de la Vallée-du-Richelieu. Carignan aura 30 jours pour donner suite.