D’ÉcoRénov à RénoVert en passant par LogiRénov

Crédit d’impôt à la rénovation

Le dernier budget provincial de Carlos Leitao, ministre des Finances, annonce un crédit d’impôt à la rénovation pour en remplacer un autre.

Jusqu’en juillet 2015, le programme portait le nom d’ÉcoRénov (dévoilé par les péquistes en 2014 et se terminant le 1er novembre 2014). Avec l’arrivée du Parti libéral au pouvoir en 2015, il s’est appelé LogiRénov (en vigueur du 25 avril 2014 au 1er juillet 2015). Les deux crédits d’impôt pouvaient être réclamés sur la période se chevauchant, mais pas sur les mêmes travaux.

Cette année, le gouvernement libéral a relancé son programme de crédit d’impôt en le modifiant. Malgré le nouveau nom, RénoVert, aucune différence quant au calcul du crédit d’impôt n’est à enregistrer par rapport au programme initial d’ÉcoRénov. Alors que LogiRénov s’appliquait sur les dépenses excédant 3000 $, le seuil est revenu à 2500 $ avec RénoVert, comme ce que prévoyait ÉcoRénov.

RénoVert, une copie d’ÉcoRénov

Le crédit d’impôt remboursable est de 20 % et ne s’applique pas à la dépense des premiers 2500 $. Les crédits sont plafonnés à 10 000 $ correspondant à des travaux de 52 500 $. Comme pour son prédécesseur, RénoVert ne s’applique qu’une année pour des travaux de rénovation qui devront être effectués avant le 1er avril 2017. Tout comme en 2014, les travaux devront être effectués par un entrepreneur.

La nouveauté de ce crédit à la rénovation, c’est qu’il renaît de ses cendres après avoir été abandonné entre le 1er juillet 2015 et aujourd’hui.

La mesure devrait coûter 173,3 millions de dollars à Québec, qui espère ainsi donner un coup de main aux entreprises oeuvrant dans le secteur de la rénovation.

Le crédit d’impôt RénoVert pourra s’additionner à l’aide financière du programme Rénoclimat, qui encourage des travaux qui ont pour but de diminuer la consommation d’énergie d’une habitation. Enfin, il est possible que les municipalités puissent accorder un programme d’aide au logement aussi à ces citoyens, ce qui est le cas pour la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville.   

Une APCHQ contente

« Nous accueillons très positivement le signal envoyé par le gouvernement à savoir que le secteur de l’habitation et de la construction peut stimuler l’activité économique du Québec. La mise en place du crédit d’impôt à la rénovation RénoVert est une très bonne nouvelle, d’abord pour les ménages québécois qui feront des travaux de rénovation écoresponsables, mais aussi pour le secteur de la construction résidentielle qui connaît des années moins fastes avec une diminution des mises en chantier », déclare François-William Simard, directeur des communications de L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

La baisse des chantiers entrainerait une réorientation des milieux de la construction vers la rénovation, d’après Georges Lambert, économiste principal du Service économique et affaires publiques de l’APCHQ. Une réorientation qui augmenterait la concurrence dans le secteur et qui empêcherait les entrepreneurs de profiter de la situation pour faire grimper la facture. « Un crédit d’impôt permanent pourrait avoir cet effet, mais ici, la compétition accrue permet de ne pas voir une hausse systématique des prix en rénovations », explique-t-il. M. Lambert confirme ses dires en parlant des dépenses moyennes des ménages en terme de rénovation qui s’élevaient à 7200 $ en 2010, pour atteindre 7400 $ en 2014. 

L’APCHQ voit d’un bon œil le fait que les sommes déboursées au moyen de cette mesure pourront être financées par le Fonds vert, d’autant plus qu’il s’agit d’une mesure qui aura des retombées concrètes pour le citoyen.

Rappelons que le Fonds vert du gouvernement est financé par la vente des crédits carbone, payés en grande partie par les automobilistes québécois. En 2015, comme l’indiquait le Journal de Québec, ce sont 830 millions de dollars qui ont été recueillis. Le quotidien avait révélé que 800 000 $ de cette somme avait permis de subventionner Air Canada pour installer des ailettes sur des Boeing 767. Philippe Couillard avait alors annoncé un resserrement de la gestion de ce fonds spécial.