Décès de Claude Lemieux : son histoire à Saint-Bruno

L’ancien joueur du Canadien de Montréal, Claude Lemieux, est décédé à l’âge de 60 ans. Au début des années 80, il était en pension dans une famille de Saint-Bruno- de-Montarville et fréquentait la polyvalente.

« Claude Lemieux a été un citoyen de Saint-Bruno-de-Montarville. Il vivait en pension chez Mme Charland, sur la rue Héroux. Je l’ai connu à l’école secondaire. Il venait manger chez ma grand-mère sur l’heure du dîner », se souvient l’éditeur des Versants du Mont-Bruno, Philippe Clair.

Ce dernier avait l’intention de contacter Claude Lemieux dans un avenir rapproché parce qu’il prépare pour l’année prochaine le 45e anniversaire de graduation de la cohorte de 1982. « L’annonce de son décès m’a beaucoup bouleversé », confie Philippe Clair.

Claude Lemieux s’est enlevé la vie. Il a été retrouvé par son fils dans un entrepôt de l’entreprise familiale. 

Claude Lemieux a été sélectionné par le Canadien de Montréal en 2e ronde, le 26e choix au total, lors du repêchage de 1983. Daniel Letendre a été choisi quelques rangs plus loin, en 3e ronde (45e au total). À Saint-Bruno, Daniel et Claude ont été cochambreurs alors qu’ils portaient les couleurs des Éclaireurs du Richelieu dans le midget AAA. « La journée de leur repêchage avec le CH, nous avons passé la soirée ensemble. Nous sommes allés à la taverne de Saint-Bruno avec Claude, Daniel, Gilbert Delorme… Nous sommes tous sous le choc », répète un Philippe Clair encore secoué.

L’ami attristé

« Je suis resté en pension avec Claude dans la famille Charland, à Saint-Bruno. C’était l’année de nos 16 ans. Nous étions comme deux frères. C’est une année qui est restée gravée dans ma mémoire. Son décès m’a bouleversé », dit Daniel Letendre, que nous avons joint par téléphone.

Il souligne avoir vu Claude Lemieux pleurer, « pitcher » des bâtons de hockey, enragé, fâché, sacrer… « Pour moi, Claude a été l’idole d’une génération, d’un peuple, mais aussi un ami, un frère, un père. Il était toujours là pour ses coéquipiers, prêt à les défendre. De savoir qu’il a fermé le livre de sa vie seul au fond d’un entrepôt, ça me jette à terre! C’est tellement triste », se désole Daniel Letendre. 

Le plein de talents québécois

Contacté par le journal, le directeur général du Tricolore de cette époque, le Montarvillois Serge Savard, s’est dit abasourdi par le décès de Claude Lemieux. « Un peu comme tout le monde. Stupéfait d’apprendre sa mort. Je lui ai parlé il y a quelques semaines, à cause des séries et pour mon tournoi de golf. Il était de bonne humeur. C’est une grande surprise », insiste M. Savard.  

Quand on lui demande pourquoi il avait choisi Claude Lemieux au repêchage de 1983, l’ancien défenseur n° 18 répond qu’il venait tout juste d’arriver en poste. Il souhaitait alors donner une nouvelle direction à l’équipe. Il s’était donné la mission de faire le plein de talents québécois, notamment dans la LHJMQ. En plus de Lemieux, le DG avait aussi appelé Sergio Momesso. L’année suivante, il ajoutait dans ses rangs les Stéphane Richer et Patrick Roy. « Puis, en 1986, nous gagnions la Coupe Stanley! Le but de Claude en supplémentaire contre les Whalers nous a permis de passer à la série suivante et ensuite de gagner la coupe », relate M. Savard. Selon lui, c’est l’un des beaux moments de la carrière de Claude Lemieux. 

Dans un gym de Saint-Bruno

« C’est triste. Toute la grande famille du Canadien de Montréal est en deuil. C’est un gros membre de la famille que nous perdons », commente le Montarvillois Gilbert Delorme.

Il se souvient de l’époque où tous les deux demeuraient à Saint-Bruno-de-Montarville. « Je l’ai côtoyé pas mal à Saint-Bruno. De beaux souvenirs. De mémoire, c’est moi qui l’ai rentré dans le gym. Le gymnase 2 plus 1 à côté du Perrette. Claude, c’était tout un spécimen! Il était fort, il était gros. C’était un athlète exceptionnel qui a connu une grande carrière. Un joueur de séries éliminatoires qui savait élever son jeu », ajoute Gilbert Delorme, qui offre ses condoléances à la famille et aux proches. 

Selon lui, Claude Lemieux a marqué toute une génération de partisans du Bleu-Blanc-Rouge dans les années 80. « Sans Claude Lemieux, le Canadien ne gagne pas la Coupe Stanley en 1986. Il a joué un rôle important. »

Partisan bouleversé

« Nous l’avons tous vu lundi soir. Je pense que c’est un état de choc. Tout le monde est choqué. Quel triste dénouement », mentionne Rich Chartrand.

Claude Lemieux a fréquenté pendant quelque temps l’école secondaire du Mont-Bruno. À l’époque, dans ces années, c’était la polyvalente.

« Je ne l’ai pas connu, mais ma soeur l’a côtoyé à la polyvalente. Au début des années 80, Claude Lemieux était hébergé ici, à Saint-Bruno-de-Montarville », se souvient Rich Chartrand.

Le soir de l’annonce du décès de Claude Lemieux, M. Chartrand a publié sur ses réseaux sociaux une photo de Pépé vêtu du chandail rouge du Canadien de Montréal. Il lève la coupe Stanley à bout de bras. « C’était une façon pour moi de lui rendre hommage, de conserver de bons souvenirs. Je ne savais pas trop quoi écrire », dit-il, encore ému et sous le coup de l’émotion. 

Quand on lui demande ce qu’il retient de ce quadruple champion de la Coupe Stanley, le Grandbasilois répond que Claude Lemieux « nous sortait des situations ».

En entrevue avec le journal, il précise. « Par sa robustesse, Claude Lemieux, c’était l’homme à battre. Il était baveux à souhait, mais il savait la rentrer dedans. Il marquait des buts. »

Des buts, Claude Lemieux en a accumulé plusieurs en séries éliminatoires. En plus des coupes Stanley, il a été décoré du Conn-Smythe, le trophée décerné au meilleur joueur des séries lorsqu’il était avec les Devils du New Jersey en 1995.

« Il dérangeait l’adversaire, mais c’était un super bon joueur. C’est le genre de gars que nous voulions dans notre équipe, mais que l’on ne voulait pas avoir dans l’équipe adverse », poursuit M. Chartrand, qui compare l’ancien n° 32 du Tricolore à un Brad Marchand.

En fin de semaine, la famille du disparu a émis un communiqué. Le cerveau de Claude Lemieux sera remis à la science. 

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