Louise Dion et Joël Boucher : de l’opposition ils passent à la majorité
Les deux élus qui n’ont jamais appartenu au Parti montarvillois regrettent l’attitude du maire Martin Murray. Ils n’ont eu aucun mal à se joindre aux trois conseillers indépendants, anciennement du Parti montarvillois, pour avoir plus de responsabilités.
Louise Dion a expliqué aux Versants comment elle a été contactée pour être dans le groupe désormais majoritaire. « Le 7 février dernier, Caroline Cossette (indépendante anciennement du Parti montarvillois) m’a invitée par courriel, de même que Marilou Alarie (indépendante anciennement du Parti montarvillois) et Joël Boucher (indépendant anciennement de l’Alliance municipale), à une rencontre le soir même avec Jacques Bédard (indépendant anciennement du Parti montarvillois). Elle nous indiquait dans son courriel que M. Bédard et elle avaient eu quelques échanges depuis son départ du caucus et qu’ils avaient été en mesure de constater une ouverture de certains autres conseillers à revoir le fonctionnement du conseil. »
Pour Louise Dion, la seule élue de l’Alliance municipale, Martin Guevremont (Parti montarvillois) semblait réceptif aux demandes des cinq conseillers. « M. Bédard nous a informés qu’il avait échangé avec M. Guevremont et que ce dernier souhaitait aussi des changements dans le fonctionnement des rencontres entre élus. Nous avons donc dressé, les cinq élus majoritaires, une liste sommaire des conditions qui nous semblaient requises pour assurer un fonctionnement efficient et l’avons transmise à M. Guevremont pour qu’il la présente aux deux autres élus de sa formation, et ce, malgré que nous étions conscients d’être majoritaires au conseil; nous souhaitions réellement qu’une collaboration puisse enfin être envisagée. »
Mécontents des fuites
Le fait que ces pourparlers aient été rendus publics fait penser à Mme Dion que « quelqu’un a plutôt choisi de mettre sur la place publique ces négociations avant qu’elles ne soient terminées. Cette personne devait, j’imagine, avoir avantage à ce que ces négociations achoppent. »
Joël Boucher a confirmé que des discussions entre M. Bédard et M. Guevremont ont fait que ce dernier a été choisi comme porte-parole du Parti montarvillois. « Jacques Bédard nous a informés être en contact avec M. Guevremont. On peut présumer que leur relation en est une de confiance. Il n’y a pas d’autres raisons. C’est une question d’atomes crochus, je présume. » Mme Dion aurait souhaité que les discussions restent confidentielles « Nous avions convenu entre nous cinq et M. Guevremont que la démarche serait conservée confidentielle tant que les négociations ne seraient pas terminées. »
« Jacques Bédard nous a informés être en contact avec M. Guevremont. On peut présumer que leur relation en est une de confiance. » – Joël Boucher
Un scénario prévisible
« Le manque de transparence et d’écoute dans les grands dossiers et les refus répétitifs face à plusieurs contre-propositions depuis novembre 2017, concernant notamment des résolutions en conseil, ont fait que ce scénario était prévisible, selon M. Boucher. Cette mauvaise foi nous a inévitablement conduits à ce climat toxique et peu productif. Maintenant, nous nous souhaitons un conseil où les échanges seront plus respectueux entre chacun des membres, où on saura tenir compte de l’opinion de l’autre, de nos positions respectives et tout particulièrement de l’expertise et des forces de l’ensemble des membres du conseil. »
« Les cinq élus majoritaires souhaitent recentrer le travail du conseil sur ces objectifs et c’est la raison pour laquelle nous avons choisi la voie de la négociation plutôt que d’imposer majoritairement nos orientations », de préciser Mme Dion, qui souhaite collaborer et « bien sûr, nous respecter dans nos divergences d’opinions le cas échéant ». Et lorsque le maire indique au journal que les exigences des cinq conseillers de la majorité ne sont pas claires, entre autres sur sa représentation au conseil d’agglomération, Mme Dion voit là plutôt une mauvaise lecture de la demande. « Nous n’avons jamais demandé que le maire ne siège plus au conseil d’agglomération, puisque la loi est claire à ce sujet. Ce que nous avons demandé et écrit, c’est que le maire ne siège plus sur aucun des comités de l’agglomération. Tout membre d’une municipalité liée peut être désigné comme membre d’une commission du conseil d’agglomération. » Après lecture de la lettre, il est en effet demandé que le maire ne siège plus au comité d’agglomération.
Une rencontre avec le MAMAH
Mme Dion nous apprend qu’une rencontre sera organisée le 25 février entre le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) et la Ville « afin notamment de mieux faire comprendre son rôle au maire. Rappelons que le maire, bien qu’il ne soit pas obligé de voter, ne possède qu’un vote au conseil tout comme chacun des élus et que les décisions du conseil se prennent en assemblée devant les citoyens et à la majorité des voix. »
La séance du conseil municipal qui aura lieu ce soir risque de marquer un tournant dans la vie municipale montarvilloise.


