De la compétition… au repos

Pensionnat de chevaux à l’ancienne ferme Garde de Saint-Basile

Le centre d’entraînement Deschênes à Saint-Basile-le-Grand était dédié aux chevaux de course dans les années 80 et 90. Un endroit idéal pour entraîner les futures vedettes du trot ou du galop qui allaient s’illustrer sur la piste Blue Bonnets à Montréal. Aujourd’hui, c’est le lieu de vie des chevaux en convalescence d’Urgences Animales.

À cette époque, l’hippodrome de Montréal était une attraction touristique de taille dans la métropole. Elle bénéficiait à l’ensemble de l’économie de la filière équine des villes avoisinantes.

Juste à côté du centre d’entraînement Deschênes, où logent désormais les chevaux au repos d’Urgences Animales, une piste de près d’un kilomètre, à la taille et aux caractéristiques de l’ancienne piste mythique de Montréal, sert encore aux différentes écuries qui se comptent en grand nombre tout autour.

« Non seulement cette piste reprenait toutes les caractéristiques de Blue Bonnets, mais elle était encore plus adaptée aux chevaux de course qui s’y entraînaient avant de courir à l’hippodrome », explique Pierre Deslauriers. Cet habitant de Saint-Liboire a longtemps travaillé dans le milieu des courses et connaît parfaitement les lieux. Aujourd’hui à la retraite, il vient à l’occasion à Saint-Basile pour aider Marie-Laure Berthiaume-de-Brouwer et Éric Dussault dans leur nouvelle initiative : celle d’accueillir dans les lieux des chevaux malades, blessés ou vieillissants.

« C’était le centre d’entraînement Deschênes. Le propriétaire, Gratien Deschênes, avait renommé la ferme Richelieu la ferme Grade, en reprenant les premières lettres de son nom. Il avait à ses débuts une centaine de juments poulinières, mais très vite, c’est devenu un centre d’entraînement. Il avait même le projet d’y faire une école de grooms. C’est lui qui a eu l’idée de la piste de course à côté de ses écuries », se rappelle M. Deslauriers. 

Effondrement de l’activité

Finalement, l’hippodrome à Montréal arrête les courses en 2009 et met à mal toute une industrie locale qui gravitait autour du cheval. Les 125 boxes de la ferme Grade ont dû aussi fermer leurs portes progressivement. L’industrie des courses avait pourtant pensé utiliser la piste de Gratien Dechênes pour remplir le vide créé par la disparition de l’hippodrome. Mais très vite, le projet est tombé à l’eau. 

« Lorsque les courses se sont arrêtées à Montréal, tous les propriétaires ont amené leurs chevaux proche d’Ottawa ou aux États-Unis, près d’autres champs de course. L’industrie du cheval, les vétérinaires et même l’école vétérinaire de Saint-Hyacinthe en ont ressenti les effets », précise M. Deslauriers.

Réhabilitation

Saint-Basile-le-Grand se retrouvait trop loin du monde des paris. Même la piste de course à Trois-Rivières n’a pas pu récupérer l’affluence de la piste montréalaise. « Depuis la fermeture de l’hippodrome, l’industrie du cheval de course s’est effondrée et beaucoup d’endroits, comme ici, on fait faillite. C’est un bâtiment en ruine depuis des années que l’on a récupéré », conclut le directeur d’Urgences Animales, qui est ravi de redonner vie à l’endroit, tout en respectant son âme.