Danièle Rousseau garde un goût amer du système de justice
23 500 $ d’amende pour Pierre Coallier
La Montarvilloise Danièle Rousseau n’est pas satisfaite de l’amende imposée à son ostéopathe Pierre Coallier. Elle souhaite toutefois tourner la page sur le drame qu’elle a vécu.
Le 3 juin, au palais de justice de Longueuil, le Montarvillois Pierre Coallier a été condamné à une amende de 23 500 $ pour l’intervention qu’il a effectuée en 2010 auprès d’une patiente et qui a causé l’amputation d’un bras de celle-ci. « Cela n’a aucun bon sens. Ce n’est pas une grosse punition, d’autant plus que l’on m’a appris qu’il ne sera sans doute pas obligé au bout du compte de payer cette somme », soutient la victime.
Elle explique que les membres du Collège des médecins étaient pour leur part satisfaits du jugement. « Ils m’ont dit que même si c’était peu, il était rare de réussir à avoir une amende de cette envergure. »
Pierre Coallier opérait une clinique d’ostéopathie sur le chemin De La Rabastalière, à Saint-Bruno. Danièle Rousseau consultait ce dernier depuis trois ans pour des tensions dans le cou. Après une série de trois nouveaux traitements, au début du mois d’août 2010, elle a ressenti des douleurs intenses au bras gauche. Elle avait de la difficulté à bouger sa main.
De retour dans le bureau de Pierre Coallier, celui-ci a dit à la patiente et à son mari que le problème était psychologique plutôt que physique et lui a déconseillé d’aller à l’hôpital. Au cours de la nuit, la situation de Mme Rousseau s’est détériorée. Sa main est devenue noire. Après quatre chirurgies, les médecins de l’hôpital Charles-Le Moyne ont été contraints de procéder à l’amputation d’une partie de son bras gauche.
« Ce n’est pas une grosse punition. » Danièle Rousseau
Pierre Coallier a plaidé coupable à trois accusations de pratique illégale de la médecine et à un chef d’accusation pour avoir suggéré qu’il était autorisé à exercer la médecine.
Poursuite de 884 000 $
À la suite de ce drame, Danièle Rousseau a intenté elle-même une poursuite de 844 000 $ contre Pierre Coallier. Le dossier s’est réglé hors cour au printemps 2015. Sans pouvoir dévoiler le montant qu’elle a finalement reçu, la Montarvilloise soutient que justice ne lui a pas été rendue. « Le seul témoin que j’avais était mon mari. Malheureusement, il est décédé deux mois avant la tenue du procès des suites d’un infarctus. Étant donné que je n’avais plus personne pour témoigner pour moi, le juge a déclaré que c’était ma parole contre celle de M. Coallier. »
Danièle Rousseau garde un goût amer du système de justice. Elle se dit toutefois contente que cela soit enfin terminé. Après avoir vécu de dures épreuves au cours de ces six dernières années, elle souhaite maintenant que la vie lui apporte du bonheur. « J’essaie de me consacrer à des choses qui me rendent heureuse comme les moments que je passe auprès de mes enfants et de mes petits-enfants. »

